Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Pierre aux douze angles
- Douze tournants du contour
- Six zones endommagées de la surface
- Blocs voisins du mur
L’histoire du lieu
Parmi les pierres étroitement ajustées du mur extérieur du palais d’Inca Roca, un bloc d’environ six tonnes se distingue. Son bord est taillé en douze tournants afin que le bloc s’insère exactement entre les pierres voisines. Il n’a jamais été une sculpture indépendante : avec le temps, les passants ont eux-mêmes commencé à remarquer cette seule pierre parmi toute la maçonnerie du palais.
Gabriel Mariano Roysi Melanio gagnait chaque jour sa vie près de ce mur. Cet artisan de rue de trente ans fabriquait et vendait des objets en fil de fer et en fils sur Hatun Rumiyoc et à San Blas, et vivait dans une chambre à quelques minutes d’ici. Dans la nuit du dix-sept au dix-huit février deux mille vingt-cinq, il revint à cet endroit familier avec l’intention d’endommager sa principale attraction.
Vers une heure du matin, Roysi Melanio sortit un marteau et frappa plusieurs fois la Pierre aux douze angles. Plus tard, son avocat expliqua au juge que le marteau à manche en caoutchouc était l’outil de travail de l’artisan : lors de la perquisition de sa chambre, on avait trouvé du fil de fer et des fils. L’outil qui lui servait à gagner sa vie, il l’avait apporté jusqu’à la pierre près de laquelle il cherchait habituellement des clients.
Le célèbre bloc, qui pèse environ six tonnes, fait partie du mur extérieur du palais d’Inca Roca. Les douze angles sont les douze tournants de son contour, taillés de façon que la grande pierre s’insère entre les blocs voisins. Personne ne l’a jamais érigé comme monument indépendant : c’est un élément de la maçonnerie qui a reçu son nom, que les passants ont fini par distinguer dans l’ensemble du mur. Le coup a donc atteint la face d’un véritable bloc du palais, et non une copie plus tardive ou une pièce de musée derrière une clôture.
Les caméras municipales ont enregistré l’attaque. Le matin, les policiers ont arrêté Roysi Melanio non loin de là, dans le quartier de San Blas. Les experts ont relevé six endroits où des fragments se sont détachés sous les coups et où des creux sont apparus. La perte de matière de la pierre a été jugée irréversible : il n’est plus possible de rendre à la surface sa forme antérieure par un nettoyage ou une réparation ordinaire.
Le tribunal a placé l’artisan en détention provisoire pendant six mois : il s’agissait d’une mesure pour la durée de l’enquête, et non d’une condamnation définitive. Lors de l’audience, il a déclaré regretter son geste. Un représentant du ministère de la Culture du Pérou lui a réclamé cinq millions trois cent cinquante mille sols de réparation, tandis que les services municipaux ont instauré après l’attaque une surveillance permanente près du mur et commencé à préparer une protection physique du bloc.
Les douze angles sont tous conservés. À côté d’eux, six zones de la face présentent désormais un manque de pierre.
Sur place
Visible depuis la rue ; il s’agit d’un fragment extérieur du mur, dans un passage public.
Vérifié : 15 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Ne touchez pas la pierre et ne vous appuyez pas contre le mur. Si un groupe s’est rassemblé devant elle, attendez à l’écart plutôt que de bloquer la rue.
