Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Seize arches
- Maçonnerie de différentes époques
- Guadalquivir
- Porte du Pont à l’extrémité nord
L’histoire du lieu
Le nom a conservé la mémoire de la traversée romaine : vers le premier siècle, un passage de pierre relia la Cordoue en expansion à la route du sud. Les seize arches visibles aujourd’hui se sont assemblées après de nombreuses crues et réparations ; des maçonneries médiévales et plus tardives se côtoient donc parmi les pierres. Jusqu’au milieu du vingtième siècle, aucun autre pont ne vit le jour à Cordoue à travers le Guadalquivir.
En sept cent quatre-vingt-quatorze, l’émir de Cordoue Hicham Ier ordonna que les bâtisseurs de ce pont reçoivent leur paie sous ses yeux. L’émir était le souverain d’al-Andalus, et les bâtisseurs réparaient la traversée sans laquelle une part importante des personnes et des marchandises venant du sud ne pouvait entrer dans la ville.
Seize ans auparavant, le Guadalquivir était monté jusqu’aux voûtes, avait ébranlé les piles et détruit plusieurs arches. La partie endommagée resta telle quelle. Pour les cultivateurs des environs, les marchands venant des routes de Cadix et d’Almería, les ambassadeurs et les soldats, cela signifiait une barque ou un gué, et, lorsque les eaux étaient hautes, l’impossibilité de gagner Cordoue depuis la rive sud.
Hicham consacra à la réparation une partie de sa part du butin de guerre. Les chroniqueurs médiévaux rapportent que la dépense fut très importante et que l’émir surveillait lui-même les paiements. Pourtant, les habitants de Cordoue décidèrent que le souverain réparait le pont pour ses propres déplacements : au-delà du fleuve s’étendaient des domaines de campagne et des terrains de chasse, où les émirs omeyyades se rendaient à cheval avec leur suite.
La rumeur parvint à Hicham. Il jura alors de ne traverser le pont restauré qu’en partant pour une campagne militaire ou pour une autre affaire utile. Il est impossible de vérifier s’il tint cette promesse lors de chacun de ses déplacements. La chronique a conservé le serment lui-même : la réponse du souverain aux gens qui voulaient comprendre pourquoi sa part du butin avait été dépensée pour de vieilles arches. La réparation fut achevée, et ceux pour lesquels Hicham justifiait cette dépense reprirent le pont : les marchands, les cultivateurs, les ambassades et les armées.
Le nom de pont romain de Cordoue renvoie à l’origine de la traversée. Les Romains aménagèrent ici un passage de pierre vers le premier siècle, lorsque Cordoue s’étendit jusqu’au fleuve et qu’une route venant du sud fut amenée jusqu’ici. Mais les seize arches actuelles se sont assemblées au fil de nombreuses crues et réparations ; l’essentiel de la maçonnerie visible date du Moyen Âge et de périodes ultérieures.
Parmi cette maçonnerie, on ne peut plus identifier avec certitude les pierres dont Hicham surveillait le paiement. Il reste le lieu de sa dépense : la même ligne à travers le Guadalquivir, de la route du sud à l’entrée de la ville. Aucun autre pont ne vit le jour à Cordoue jusqu’au milieu du vingtième siècle.
Sur place
Le pont piétonnier est accessible vingt-quatre heures sur vingt-quatre ; des restrictions temporaires sont possibles lors de travaux ou de conditions exceptionnelles.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Comparez les travées sans vous attarder au milieu du flux de passants ; près de Raphaël, une courte pause est commode.
