Étape 3 sur 7

Christiansborg Slotsplads

Christiansborg Slotsplads

Cette étape reliera la transition pacifique du pouvoir à une inscription qui a laissé la foule hors de la mémoire.

25 min
Christiansborg Slotsplads
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Statue équestre de Frédéric VII
  • Inscriptions sur le piédestal
  • Façade de Christiansborg

L’histoire du lieu

Taille du texte

Derrière la façade de Christiansborg coexistent le parlement, les services du Premier ministre et la Cour suprême du Danemark, tandis qu’une partie des salles du palais est réservée à l’usage du roi. L’actuel palais fut élevé sur les fondations de la résidence incendiée. La statue équestre au centre de la place survécut à l’ancien bâtiment et fut installée en l’honneur de Frédéric VII après la mort du monarque.

Le vingt et un mars mille huit cent quarante-huit, il n’y avait pas encore de statue équestre au centre de la place. Douze à quinze mille habitants de Copenhague se tenaient ici, tandis que Lauritz Nicolai Hvidt entrait dans le palais : président de la représentation municipale, l’un des plus grands armateurs du Danemark et directeur de la Banque nationale du Danemark. Il apportait au roi l’exigence de renvoyer les ministres.

Depuis mille six cent soixante, les rois danois réglaient formellement seuls les affaires d’État. Mais, au début de mille huit cent quarante-huit, les révolutions avaient déjà commencé à Paris, Berlin et Vienne. Au Royaume du Danemark, le Schleswig était aussi au cœur du conflit : les nationaux-libéraux danois voulaient rattacher plus étroitement le duché au Danemark, tandis que le mouvement allemand cherchait à obtenir un Schleswig-Holstein indépendant. Lorsque des nouvelles alarmantes arrivèrent des duchés à Copenhague, l’attente de réformes céda la place à l’exigence d’une décision immédiate.

Le texte destiné au roi fut rédigé par Orla Lehmann, avocat et chef des nationaux-libéraux, qui réclamait une constitution libre. Il connaissait déjà le prix d’une prise de parole publique : pour avoir critiqué l’absolutisme, Lehmann avait passé trois mois en prison. Le soir du vingt mars, il s’adressa à deux mille cinq cents personnes au Casino Teatret, qui servait alors de grande salle de réunion. La pétition déclarait que les conseillers du roi avaient perdu la confiance des citoyens et s’achevait sur un avertissement : on demandait au monarque de ne pas pousser le peuple à une « auto-assistance désespérée ». Aux jours des soulèvements européens, le sens de cette phrase était clair sans explication.

Le lendemain matin, Hvidt conduisit les représentants municipaux de l’hôtel de ville d’alors jusqu’à Christiansborg. Des milliers de personnes les suivirent. Elles remplirent la place pendant que Hvidt remettait la pétition à Frédéric VII, le roi qui n’avait hérité de la couronne et des anciens ministres que deux mois plus tôt.

La décision avait mûri avant l’arrivée de la délégation. Durant la nuit, Frédéric refusa de poursuivre la politique précédente et, le matin, il dissout le cabinet. Il répondit brièvement à Hvidt : la demande était déjà satisfaite, les ministres avaient rendu leurs pouvoirs. Lorsque Hvidt sortit du palais et annonça : « Le ministère est dissous », les gens acclamèrent le roi, reconduisirent les représentants municipaux jusqu’à l’hôtel de ville, puis se dispersèrent. Sur cette place, la menace révolutionnaire prit fin sans un coup de feu ni barricades.

Le lendemain, Frédéric se qualifia de monarque constitutionnel et nomma le ministère de Mars. Hvidt et Lehmann, venus au palais pour exiger le remplacement du cabinet, entrèrent eux-mêmes dans le nouveau ministère. Hvidt participa à la préparation du projet de constitution ; Lehmann quitta bientôt le cabinet, mais continua de défendre le programme adopté.

Le cinq juin mille huit cent quarante-neuf, Frédéric signa à Christiansborg la première constitution danoise. Le roi devint le dernier monarque absolu danois et le premier monarque constitutionnel. Un parlement à deux chambres, le Rigsdag, fut créé. Le droit de vote était alors loin d’être accordé à tous : pouvaient voter les hommes de plus de trente ans, à condition de ne pas être employés comme domestiques et de ne pas vivre d’une aide aux indigents. En janvier mille huit cent cinquante, le parlement s’installa dans une partie des salles du palais.

La mémoire fit vite du roi le héros principal. Selon un témoignage ultérieur, Lehmann trouva trop pauvre la réponse sèche de Frédéric au sujet des ministres dissous. Pour le compte rendu des journaux, il ajouta au nom du monarque la promesse d’être un fidèle guide du peuple « vers l’honneur et la liberté ». C’est cette version longue qui se répandit dans le pays comme discours royal.

La statue équestre fut installée en mille huit cent soixante-treize, après la mort de Frédéric. Le palais où Hvidt était entré brûla onze ans plus tard ; l’actuel Christiansborg fut élevé sur ses fondations. Aujourd’hui, le Folketing siège derrière la façade, les services du Premier ministre et la Cour suprême du Danemark y travaillent, et le roi utilise une partie des salles.

La statue survécut à l’ancien palais. Sur la face avant du piédestal est gravé : « Le cinq juin mille huit cent quarante-neuf », et sur la face latérale : « Frédéric VII, donateur de la Constitution ». Les douze à quinze mille personnes qui attendaient sa réponse sur cette place ne sont pas mentionnées dans l’inscription.

Sur place

Temps sur place25 min
Point suivantQuai près du Diamant noir
Entréearrêt extérieur obligatoire ; intérieur accessible selon des zones et des horaires distincts

Pour le récit principal, il suffit d’observer de l’extérieur la place et les bâtiments de service subsistants. Les écuries, le théâtre et les salles du palais ont leurs propres conditions de visite.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Descendez de la place du palais jusqu’à l’eau et dirigez-vous vers le bâtiment de granit noir.

Étape 3 sur 7Ensuite : Quai près du Diamant noir

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Places, palais et vieux port de Copenhague » — 7 étapes, environ 3,1 km, 3 h.

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