Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Quatre bœufs de bronze
- La cascade de la fontaine
- La charrue de Gefion
- La Petite Sirène sur son rocher côtier
L’histoire du lieu
Sur le quai de Langelinie, l’eau se rassemble en cascade autour de quatre bœufs de bronze attelés à une charrue. Tout près, sur un rocher côtier à l’entrée du port, est assise la petite La Petite Sirène. Ces deux sculptures ont fait de cette portion du rivage un lieu où viennent habitants et visiteurs : l’une s’élève au-dessus de l’eau en un vaste groupe mythologique, l’autre se perd presque sur fond de port. Près des bœufs, la pierre et les jets prolongent le mouvement de la charrue, comme si le rivage n’avait pas encore eu le temps de se figer.
La fontaine de Gefion est apparue ici grâce à une brasserie. Pour le cinquantième anniversaire de la brasserie, la Fondation Carlsberg proposa à Copenhague cinquante mille couronnes pour une grande fontaine urbaine. Les conseillers municipaux ajoutèrent la même somme et annoncèrent un concours. Le sculpteur Anders Bundgaard le remporta avec un groupe destiné à être installé sur l’actuelle Dantes Plads. Le comité chargé de l’art urbain choisit un autre emplacement : Langelinie, près du port. Après plusieurs années d’accords et une installation d’essai d’un modèle en plâtre grandeur nature, la fontaine de bronze fut achevée en mille neuf cent huit.
Son nom officiel raconte toute la scène : « Gefion qui, avec ses bœufs, laboure la Seeland hors de la Suède ». C’est une ancienne légende, consignée dans des textes scandinaves médiévaux. Le roi suédois Gylfi promit à Gefion autant de terre qu’elle parviendrait à labourer en un jour et une nuit. Gefion amena ses quatre fils, qu’elle avait eus d’un géant, les transforma en puissants bœufs et les attela à une charrue. Ils entaillèrent la terre si profondément qu’ils l’arrachèrent à la Suède et la tirèrent vers la mer. Selon la légende, ce morceau devint la Seeland, l’île sur laquelle se trouve Copenhague. C’est pourquoi quatre bœufs sont précisément dressés ici au-dessus de l’eau : ce sont les fils de Gefion, et les pierres et les flots sous leurs sabots représentent la naissance de l’île.
Lorsqu’on installa La Petite Sirène non loin de là cinq ans plus tard, la fontaine restait la principale attraction de Langelinie. Seules quelques centaines de spectateurs de passage se réunirent pour l’inauguration de la nouvelle statue.
La Petite Sirène fut commandée par Carl Jacobsen, propriétaire de la brasserie Ny Carlsberg, qui consacrait une partie de ses gains à des sculptures et à des musées pour Copenhague. En mille neuf cent neuf, il vit au Théâtre royal danois un ballet inspiré du conte de Hans Christian Andersen. Le rôle principal était tenu par Ellen Price, artiste du Ballet royal danois, qui vivait pour la scène et devait sa réussite à son propre corps, mais elle refusa de poser nue pour le monument.
Le sculpteur Edvard Eriksen conserva l’image de Price dans le visage, tandis que son épouse Eline posa pour le corps. La décision de la ballerine est restée dans le bronze même : la sirène reçut les traits d’une femme et la silhouette d’une autre. Jacobsen la destinait à l’entrée du port de Copenhague et l’offrit à la ville le vingt-trois août mille neuf cent treize.
Ce sont ensuite les employés de Dansk Turistforening qui attirèrent la foule vers ce petit monument. Dans les années mille neuf cent trente, ils étudièrent ce qui faisait venir les étrangers dans le pays et découvrirent que Hans Christian Andersen comptait davantage pour les visiteurs que bien des attractions officielles, et que La Petite Sirène était plus populaire que le Musée national du Danemark. Après cela, le Copenhague féerique d’Andersen apparut dans les guides, et l’association touristique se mit à proposer des souvenirs à l’effigie de cette figure. À la fin de la décennie, des auteurs étrangers la qualifiaient déjà d’incarnation du Danemark.
Dans la nuit du vingt-cinq avril mille neuf cent soixante-quatre, des inconnus scièrent la tête de La Petite Sirène et l’emportèrent. L’artiste et provocateur professionnel Jørgen Nash n’en revendiqua la responsabilité que trente-quatre ans plus tard, lorsque le délai de prescription était déjà expiré ; officiellement, le crime resta non élucidé.
Le même jour, les employés municipaux emmenèrent la statue décapitée dans un atelier de fonderie. Le moule d’Eriksen de mille neuf cent treize y était encore conservé. On y coula une nouvelle tête et La Petite Sirène fut remise sur son rocher. La tête disparue ne fut jamais retrouvée : le corps devant le port restait celui du cadeau de Jacobsen, tandis que le visage fut coulé à nouveau après cette nuit.
Sur place
Accès à toute heure ; libre.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Observez la fontaine sous plusieurs angles, puis allez jusqu’à La Petite Sirène et appréciez sa taille réelle devant le port. Les deux œuvres se trouvent à l’extérieur.
