Étape 6 sur 8

theMART

theMART

L’immense bâtiment montrera comment l’échec du projet initial est devenu le fondement de la fortune d’une autre famille.

15 min
La façade du Mart le long de la rivière Chicago.
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Audioguide · voix enregistréeÉcouter l’histoire du lieu

Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • La longue façade au bord de la rivière
  • L’imposant corps central
  • L’inscription « theMART »
  • L’esplanade fluviale devant le bâtiment

L’histoire du lieu

Taille du texte

Sous l’imposant corps central passaient autrefois les voies d’une gare ferroviaire. Les wagons de marchandises devaient circuler en bas ; au-dessus se trouvaient les quais de déchargement, les entrepôts et les bureaux, tandis que les étages supérieurs étaient réservés à la présentation des marchandises. À la bifurcation de la rivière, des barges arrivaient jusqu’au bâtiment, et des camions y accédaient depuis les rues ; c’est pourquoi sa longue façade suit la rive au lieu de s’élever en une tour étroite. Aujourd’hui, derrière elle, fonctionnent des bureaux et des centaines de salles où architectes et designers choisissent meubles, luminaires et matériaux de finition.

La marque actuelle s’écrit en un seul mot : « theMART ». C’est l’abréviation de l’ancien nom theMART, c’est-à-dire un centre de commerce de gros. Dans un tel centre, le propriétaire d’un magasin de meubles choisissait des canapés, des tissus et des luminaires destinés à la revente, tandis que les fabricants lui montraient des échantillons et prenaient les commandes. La longue façade au bord de la rivière fut construite pour cette activité : on projetait d’y transférer treize entrepôts dispersés dans Chicago.

C’est James Simpson, président de Marshall Field & Company, qui l’exigea. À la fin des années mille neuf cent vingt, son activité de gros était déjà en déclin : les chaînes de magasins achetaient de plus en plus directement aux fabricants. Simpson voulait ramener les clients en regroupant entrepôts, salles d’exposition et bureaux au même endroit. Il présidait aussi la commission municipale d’urbanisme et œuvrait pour l’aménagement de la rive nord de la rivière.

Simpson choisit un terrain au-dessus des anciennes voies d’une gare ferroviaire. Il ne fut pas nécessaire d’acheter le terrain : l’entreprise versa environ deux millions de dollars pour avoir le droit de construire dans les airs au-dessus des voies. En bas devaient circuler des wagons de marchandises ; au-dessus furent installés les espaces de déchargement, les entrepôts et les bureaux ; plus haut encore, les salles d’exposition. À côté se trouvaient un embarcadère fluvial et des rues pour les camions. C’est pourquoi le Mart se trouve précisément ici, à la bifurcation de la rivière, et pourquoi il s’étire le long de la rive au lieu d’être rassemblé en une tour étroite.

Simpson engagea dans ce projet des dizaines de millions de dollars de l’entreprise. Son collègue John McKinlay, le dirigeant chargé des affaires quotidiennes de la firme, l’avertit : le nouveau bâtiment ne sauverait pas un système commercial que les clients avaient déjà commencé à contourner. Simpson obtint néanmoins la construction.

Le Mart ouvrit en mai mille neuf cent trente. Le krach boursier avait déjà eu lieu, et le pays entrait dans la Grande Dépression. On proposa aux clients un immense marché couvert : en bas fonctionnaient des magasins et des restaurants, l’entreprise elle-même occupait plusieurs étages, et les autres étaient loués à des fabricants et à des grossistes. Mais la taille qui devait rétablir les bénéfices augmenta les dépenses. En mille neuf cent trente et un, les divisions de gros et de production perdirent environ cinq millions de dollars ; l’année suivante, environ huit millions.

Simpson perdit la direction de l’entreprise. Le conseil d’administration fit venir James McKinsey, un consultant chargé d’arrêter les pertes. McKinsey recommanda de fermer les départements de gros et prit lui-même la tête de la réorganisation. En mille neuf cent trente-six, la division pour laquelle le Mart avait été construit cessa d’exister.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les locaux libérés furent occupés par des administrations fédérales. Après la guerre, les fonctionnaires commencèrent à partir, et les propriétaires furent de nouveau menacés par des étages vides. C’est alors que Joseph Kennedy, un investisseur qui comptait gagner de l’argent grâce aux loyers, acheta le bâtiment. Les sources divergent sur le prix exact de la transaction, mais il s’élevait à environ treize millions de dollars, soit moins de la moitié du coût initial de construction.

Kennedy nomma Wallace Allman administrateur et lui confia le remplacement des locataires publics par des locataires privés. Allman misa sur la demande d’après-guerre : les Américains revenus de la guerre s’équipaient en maisons, et les commerçants avaient de nouveau besoin d’échantillons de meubles et de textiles. Avec Kennedy, il remplit les étages de salles d’exposition, installa la climatisation et ouvrit des visites payantes à cinquante cents. Quelques années plus tard, les revenus locatifs transformèrent l’ancien échec de Simpson en la principale source de la fortune de la famille Kennedy.

La famille posséda le Mart jusqu’en mille neuf cent quatre-vingt-dix-huit. L’actuel propriétaire, Vornado, a raccourci l’ancien nom en « Mart », la forme familière à Chicago. On y trouve aujourd’hui des bureaux et plus de deux cent cinquante salles d’exposition destinées aux architectes et aux designers. L’entreprise de gros de Marshall Field a disparu depuis longtemps, mais l’activité pour laquelle Simpson avait réuni treize entrepôts sous un même toit se poursuit toujours derrière cette longue façade.

Sur place

Temps sur place15 min
Point suivantcanyon de LaSalle Street
Entréede l’extérieur

Observation extérieure depuis la rue et les quais ; les magasins, restaurants et événements intérieurs suivent les horaires du bâtiment.

Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Pour apprécier ses dimensions, regardez d’abord le bâtiment de loin, puis longez sa façade. L’accès à certains locaux dépend de leur usage actuel.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Traversez le pont de Wells Street, rejoignez LaSalle Street et suivez-la jusqu’à la tour surmontée d’une figure.

Étape 6 sur 8Ensuite : canyon de LaSalle Street

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Chicago au fil de la rivière : ponts, tours et Loop » — 8 étapes, 3.4 km, 2 h 30 min.

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