Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Couronne gothique
- Arcs-boutants
- Chien hurlant en pierre
- Figurine de Robin Hood
L’histoire du lieu
Le nom « Tribune » est resté de ce journal dont les rédacteurs, journalistes et dirigeants ont occupé pendant presque un siècle cette tour à la sortie nord du pont. L’imprimerie du journal se trouvait déjà à côté, tandis que le haut bâtiment réunissait sous un même toit les bureaux de la rédaction et les bureaux administratifs. Au-dessus des étages de bureaux ordinaires s’élève une couronne gothique à arcs-boutants, comme sur une tour de cathédrale médiévale. Le journal a quitté les lieux depuis longtemps : les étages de la rédaction ont été transformés en appartements, mais un chien hurlant et Robin Hood se cachent encore dans le décor de pierre près de l’entrée.
À quarante et un ans, l’architecte new-yorkais Raymond Hood, l’un des futurs auteurs de la Tribune Tower qui se dresse ici, avait encore du mal à trouver des commandes. Pour gagner sa vie, il dessinait des habillages de radiateurs et participait à des concours. En mille neuf cent vingt-deux, l’architecte John Mead Howells fut invité à concourir pour un nouveau gratte-ciel de Chicago et demanda à Hood de diriger le projet.
Les commanditaires étaient les éditeurs et rédacteurs du Chicago Tribune, Robert McCormick et Joseph Medill Patterson. Le journal fêtait ses soixante-quinze ans. Son imprimerie se trouvait déjà ici, à la sortie nord du pont, et il fallait à côté un siège avec une rédaction et des bureaux. McCormick et Patterson décidèrent de faire du choix de l’architecte un événement international : ils promirent au total cent mille dollars pour le projet du « plus beau bâtiment de bureaux du monde ». La moitié de cette somme était destinée au vainqueur.
Plus de deux cent soixante projets venus de vingt-trois pays furent proposés. Les architectes imaginaient des tours de verre, une immense arche et même un gratte-ciel en forme de colonne dorique. Hood et Howells furent plus pragmatiques. Ils remplirent le volume autorisé d’étages de bureaux ordinaires, exploitables ou louables, et placèrent au sommet une couronne gothique à arcs-boutants rappelant une tour médiévale de la cathédrale de Rouen. Les éditeurs obtenaient à la fois un bien immobilier rentable et une silhouette semblable à un ancien symbole urbain.
McCormick et Patterson siégeaient eux-mêmes au jury. En décembre, ils attribuèrent la première place à Hood et Howells. Les vainqueurs reçurent cinquante mille dollars, et leur projet fut construit d’ici mille neuf cent vingt-cinq. Pour Hood, cette commande mit fin à des années d’incertitude professionnelle : après sa victoire à Chicago, on commença à lui confier de grandes tours de bureaux.
Le nom du bâtiment dit directement quelle était sa vocation initiale. Le « Tribune » est un journal, dont les rédacteurs, journalistes et dirigeants travaillèrent ici pendant presque un siècle. En deux mille dix-huit, le journal quitta les lieux et les anciens étages de la rédaction furent transformés en appartements privés. C’est désormais un immeuble résidentiel, même si le nom de l’ancien propriétaire est resté sur la tour.
Hood et Howells laissèrent leurs propres signatures près de l’entrée principale. Dans le décor de pierre d’un angle se cache un chien hurlant — un jeu de mots anglais sur le nom de Howells —, et dans un autre se tient une figurine de Robin Hood. Il n’y a plus de bureaux de journal derrière la façade, mais les deux architectes auxquels le concours donna la commande la plus importante de leur vie sont toujours indiqués au-dessus de la porte.
Sur place
Visite extérieure tous les jours ; les espaces intérieurs sont privés ou dépendent des règles actuelles du bâtiment.
Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Il est plus pratique d’observer la collection de pierre de près, sans bloquer les entrées. La tour est devenue résidentielle ; le récit ne nécessite donc pas de visiter les espaces intérieurs.
