Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Trois hautes fenêtres en arc
- L’aile ouest
- Les locaux commerciaux du premier étage
L’histoire du lieu
Trois hautes fenêtres en arc éclairent la grande salle du deuxième étage, tandis que le niveau inférieur du bâtiment est occupé par des locaux commerciaux. Plusieurs centaines de personnes pouvaient y prendre place, et la proximité d’une station de métro aérien faisait de cette salle un lieu pratique pour les habitants de Bronzeville. À une époque où les visiteurs noirs n’étaient pas admis dans de nombreux lieux de la ville, des cours de danse, des concerts et des réunions communautaires se tenaient à l’étage. La salle principale fut ensuite fermée pour restauration, mais l’aile ouest restaurée accueille de nouveau des concerts et des réunions.
Derrière trois hautes fenêtres en arc se trouve The Forum : une scène, un balcon et un vaste parquet de danse au deuxième étage, avec des locaux commerciaux en bas. Le conseiller municipal de Chicago William Kent et son père Albert commandèrent ce complexe en mille huit cent quatre-vingt-dix-sept pour des réunions, des discours et des fêtes. Le nom « Forum » décrivait littéralement la fonction du bâtiment.
Cette configuration devint particulièrement importante après la Grande Migration, lorsque Bronzeville devint le centre du Chicago noir. Les visiteurs noirs étaient exclus de nombreuses salles de la ville, tandis qu’ici, près d’une station de métro aérien, on pouvait réunir plusieurs centaines de personnes. Sur un même parquet avaient lieu des cours de danse, des concerts de Nat King Cole et des conférences publiques.
En février mille neuf cent quarante-trois, des organisateurs issus des syndicats des abattoirs de Chicago vinrent ici. Ils réclamaient l’admission des sportifs noirs dans les ligues majeures de baseball. À cette époque, les joueurs talentueux gagnaient leur vie dans les Negro Leagues, les championnats professionnels distincts créés en raison de la barrière raciale. Le lanceur Nate Moreland pouvait être appelé à combattre pour les États-Unis, mais aucun club de ligue majeure dans son pays n’acceptait de l’engager.
Il n’existait aucune règle officielle interdisant de tels contrats. Les propriétaires d’équipes respectaient une entente tacite. Lorsque dix dirigeants syndicaux demandèrent à rencontrer le commissaire du baseball Kenesaw Mountain Landis, celui-ci refusa de les recevoir. Philip Wrigley, propriétaire des Chicago Cubs, leur parla séparément et le confirma : les joueurs étaient exclus par un accord entre les propriétaires des clubs. Il n’y avait rien à abroger : il fallait contraindre les seize propriétaires à renoncer à leur silence collectif.
À The Forum, les syndicats réunirent des organisations de défense des droits civiques, religieuses et communautaires. Les participants adoptèrent une résolution exigeant l’ouverture des ligues majeures et l’envoyèrent à Landis, aux propriétaires d’équipes et au président Franklin Roosevelt. C’est d’ici que partit une campagne de pétitions, qui recueillit environ cent cinquante mille signatures.
Aucune concession immédiate ne suivit. À la fin de cette même année, les propriétaires écoutèrent pour la première fois une délégation d’éditeurs noirs et l’ancien footballeur Paul Robeson, qui réclamaient des contrats pour les joueurs de baseball noirs. Les propriétaires d’équipes applaudirent et n’engagèrent personne. Les journalistes sportifs, les syndicats et les organisations de défense des droits civiques poursuivirent leur pression. À l’automne mille neuf cent quarante-cinq, Branch Rickey, dirigeant des Brooklyn Dodgers, fit signer Jackie Robinson et, au printemps mille neuf cent quarante-sept, celui-ci entra sur le terrain en ligue majeure.
The Forum ferma dans les années soixante-dix. Aujourd’hui, la salle principale est encore en restauration, tandis que l’aile ouest restaurée accueille déjà certaines réunions et certains concerts. Derrière les fenêtres en arc subsistent la scène, le balcon et ce même parquet sur lequel on recueillait des signatures en mille neuf cent quarante-trois.
Sur place
Espace d’événements et de communauté en restauration ; entrée uniquement lors d’événements ou selon les conditions d’accès en vigueur.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.N’entrez pas dans les parties en restauration ou fermées sans autorisation ; l’accès à la salle et au parquet n’est possible que sur arrangement particulier ou lors d’un événement.
