Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- L’horloge au-dessus de l’entrée d’angle
- Les lettres métalliques « Supreme Life »
- L’entrée d’angle
L’histoire du lieu
L’immeuble d’angle avec l’horloge au-dessus de l’entrée a longtemps abrité les bureaux d’une compagnie d’assurances qui travaillait avec les habitants noirs de Chicago à une époque où les grands assureurs leur proposaient souvent de moins bonnes conditions. Les lettres métalliques sur la façade conservent son nom, et, à l’intérieur, le travail quotidien avec les assurés se poursuivait : des coursiers et des employés y préparaient des documents internes pour la direction. Plus tard, l’entreprise fut dirigée par un homme qui avait commencé ici au poste le plus subalterne.
Au-dessus de l’entrée d’angle, l’horloge et les lettres métalliques « Supreme Life » sont toujours en place. C’est le nom d’une compagnie d’assurances. Frank Gillespie, agent d’assurances qui avait constaté que les clients noirs recevaient de moins bonnes polices auprès des compagnies détenues par des Blancs, la fonda en mille neuf cent dix-neuf. L’entreprise s’appelait d’abord Liberty Life Insurance Company. Deux ans plus tard, elle loua le deuxième étage de cet immeuble bancaire ; en mille neuf cent vingt-quatre, elle l’acheta tout entier et, après sa fusion avec deux autres assureurs, prit le nom de Supreme Life Insurance Company of America.
En mille neuf cent trente-six, Harry Pace, président de la compagnie, embaucha John Johnson, alors âgé de dix-huit ans. Johnson avait obtenu une bourse de la University of Chicago, mais n’avait pas les moyens de subvenir à ses besoins pendant ses études. Ici, il commença comme coursier, puis se mit à préparer la publication interne de l’entreprise. Pace lui demanda de rassembler dans les journaux des documents sur la vie des Américains noirs, afin de suivre lui-même l’actualité et d’en discuter avec les visiteurs de son cabinet d’avocat.
En lisant cette presse chaque jour, Johnson remarqua que les informations étaient dispersées dans de nombreux journaux et que la plupart de ses connaissances ignoraient même les histoires qu’il venait de traiter. Il imagina Negro Digest, un recueil mensuel de ces publications. Il n’avait ni investisseurs ni argent pour l’impression. Rien que pour tester la demande, il lui fallait cinq cents dollars pour des timbres-poste. Il ne put obtenir un prêt qu’en mettant en gage les meubles pour lesquels sa mère avait économisé longtemps. Si les abonnés ne répondaient pas, le créancier emporterait le mobilier de l’appartement de sa mère.
Le capital principal se trouvait ici. Johnson s’occupait de la machine à adresser de Supreme Life Insurance Company of America et avait accès aux noms de vingt mille assurés. Avec l’autorisation de Pace, il leur envoya, sur du papier à en-tête de l’entreprise, une proposition : envoyer deux dollars pour un abonnement annuel à un magazine qui n’existait pas encore. Trois mille personnes répondirent. Les six mille dollars suffirent à financer le premier numéro, paru le premier novembre mille neuf cent quarante-deux.
En un an, le tirage atteignit cinquante mille exemplaires. Johnson lança ensuite les magazines Ebony et Jet et bâtit la plus grande maison d’édition du pays appartenant à un propriétaire noir. Les meubles de sa mère restèrent chez elle. En mille neuf cent soixante-quatorze, l’ancien coursier acquit une participation majoritaire dans Supreme Life Insurance Company of America et prit la tête de l’entreprise qui lui avait autrefois donné du travail.
La machine à adresser n’est plus dans l’immeuble. Sur la façade demeure le nom de l’entreprise, dont la liste de clients permit à Johnson d’obtenir ses trois premiers milliers d’abonnés.
Sur place
Étape extérieure devant un monument ; vérifiez séparément les conditions d’entrée actuelles.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Observez l’enveloppe moderne depuis l’extérieur : elle cache la façade classique d’origine.
