Étape 5 sur 7

Couvent de Santa Clara (Hôtel Santa Clara)

Hotel Sofitel Legend Santa Clara

Cette étape distinguera la biographie romanesque de Santa Clara de l’histoire documentée du couvent et de l’hôpital.

18 min
Les murs massifs et le clocher du couvent de Claire d’Assise sur fond de remparts urbains
Kamilokardona · CC BY‑SA 3.0; cropped/resized for app
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À remarquer

  • Cloître de Santa Clara
  • Ancienne chapelle
  • Anciennes cryptes

L’histoire du lieu

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Le cloître, avec sa cour intérieure et ses galeries, rappelle que les bâtiments de l’hôtel formaient autrefois une enceinte monastique fermée. Après le départ des sœurs, des prisonniers y furent installés, puis on ouvrit un hôpital de la Charité. L’ancien ensemble fut plus tard adapté en hôtel, mais les cryptes de l’ancien couvent ont été conservées dans l’ancienne chapelle.

Santa Clara, c’est Claire d’Assise, compagne de François d’Assise et fondatrice de la communauté des Pauvres Sœurs, plus tard appelées clarisses. À Carthagène, son nom est apparu grâce à Catalina de Cabrera. Cette riche habitante de la ville légua deux mille cinq cents pesos pour un couvent de femmes. Le franciscain Guillén de Peraza amena de Séville trois clarisses afin d’exécuter sa volonté. En mille six cent vingt et un, ce cloître fut construit pour les sœurs. Elles y vécurent deux cent quarante ans.

En mille huit cent soixante et un, le gouvernement confisqua les biens des communautés religieuses et les clarisses partirent pour La Havane. Des prisonniers furent d’abord installés dans leurs bâtiments, puis, en mille huit cent quatre-vingt-quatre, on ouvrit un hôpital de la Charité. Le jeune Gabriel García Márquez découvrit Santa Clara alors qu’elle était un hôpital.

Âgé de vingt-deux ans, Márquez faisait alors ses débuts dans son premier emploi régulier de journaliste à El Universal, à Carthagène. Il venait souvent ici : il était ami avec des stagiaires et des étudiants en médecine, entrait même au bloc opératoire et y vit pour la première fois une césarienne. Plus tard, l’écrivain disait que la vie de l’hôpital l’attirait.

Quarante-cinq ans plus tard, Márquez donna une autre biographie à ces visites. Il fit précéder le roman De l’amour et autres démons d’une scène censée s’être produite ici le vingt-six octobre mille neuf cent quarante-neuf. Dans le récit de Márquez, le rédacteur Clemente Manuel Zabala envoya le jeune reporter à Santa Clara : la journée avait été pauvre en nouvelles et, dans l’ancien couvent, on ouvrait des niches funéraires.

Dans la troisième niche, les ouvriers auraient découvert un crâne d’enfant. Des cheveux couleur de cuivre, longs de vingt-deux mètres et onze centimètres, s’en seraient répandus. Cette découverte rappela à Márquez une légende de sa grand-mère au sujet d’une marquise de douze ans : la fillette était morte de la rage après la morsure d’un chien, et les habitants de la côte caraïbe la vénéraient comme une thaumaturge. C’est ainsi qu’apparut la fictive Sierva María de Todos los Ángeles. Dans le roman, ses proches et le clergé prennent sa maladie pour une possession et enferment la fillette dans ce couvent ; le prêtre chargé de l’exorciser tente de la sauver, mais ils sont séparés, et Sierva María meurt pendant le rite d’exorcisme.

Après la parution du livre, Márquez reconnut dans une interview qu’il avait entièrement inventé l’histoire de l’ouverture des tombes. À l’hôpital, on n’exhuma pas les restes d’évêques, et personne n’a identifié de manière documentée la fillette aux cheveux cuivrés. Même l’hôtel pour lequel, dans le prologue littéraire, on allait démolir le couvent, apparut bien plus tard : les investisseurs n’acquirent le complexe délabré qu’au début des années quatre-vingt-dix et chargèrent des architectes de l’adapter en hôtel.

Dans l’ancienne chapelle de l’hôtel actuel, les vieilles cryptes ont été conservées. Elles appartiennent à l’histoire du couvent de Santa Clara. Sierva María de Todos los Ángeles appartient au roman.

Sur place

Temps sur place18 min
Point suivantBastions de Santa Catalina et San Lucas
Entréeextérieur|pour les clients

Hôtel en activité ; la façade est visible depuis la rue, les cours intérieures ne sont accessibles qu’aux clients et aux visiteurs des établissements, avec l’autorisation de la sécurité.

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Où aller ensuite ?

Suivez la rue Curato jusqu’au mur et montez vers la paire de bastions à droite.

Étape 5 sur 7Ensuite : Bastions de Santa Catalina et San Lucas

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« San Diego : couvents, théâtre et muraille nord » — 7 étapes, ~2 km, 2–2,5 heures.

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