Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Corridor Ravine
- Contrefort rocheux
- Dalles lisses inclinées vers l’extérieur
- Crêtes des Douze Apôtres
L’histoire du lieu
Corridor Ravine s’étire en un étroit vallon entre un éperon rocheux et le versant voisin du côté ouest de la montagne de la Table. Il est devenu un repère sur Pipe Track : dans de tels ravins et contreforts, les grimpeurs doivent distinguer les lignes d’ascension sur la paroi. Les dalles lisses s’inclinent vers l’extérieur et se prolongent en crêtes, si bien que chaque pli de la roche a reçu ici son propre nom. Autrefois, les Hollandais appelaient toute cette chaîne les montagnes-frontons, parce que les gradins rappelaient les façades des maisons.
Corridor Ravine découpe le bord ouest de la montagne de la Table entre Slangolie et le contrefort rocheux saillant appelé Corridor. Des groupes de marcheurs remontent le vallon, tandis que les grimpeurs répartissent la paroi voisine en itinéraires distincts. C’est ici que l’on voit particulièrement bien pourquoi il n’a jamais été possible de compter de façon fiable les Douze Apôtres.
Les Apôtres mentionnés dans le nom sont les disciples les plus proches de Jésus. Mais il n’y avait pas ici douze sommets portant leurs noms. La tradition historique locale attribue ce nom à Rufane Shaw Donkin. Cet homme était un général britannique de carrière, entièrement voué au service militaire. Après la mort de sa jeune femme en Inde, il obtint un congé de maladie et se retrouva au Cap ; en mille huit cent vingt, on lui confia la direction provisoire de la colonie du Cap, à la place du gouverneur Charles Somerset, qui était parti.
Avant Donkin, cette chaîne était appelée Gevelbergen, les « montagnes-frontons » : aux Hollandais, les gradins rappelaient les façades des maisons. Donkin lui donna le nom collectif des Douze Apôtres. Aucun document dans lequel il aurait réparti les douze disciples du Christ entre douze rochers n’a été conservé ; on ignore même ce qu’il considérait précisément comme un « apôtre » distinct. Deux ans plus tard, Somerset revint, Donkin quitta ses fonctions, et le nom qu’il avait inventé supplanta Gevelbergen.
Lorsque Pipe Track ouvrit aux gens un passage le long du versant occidental, un seul nom collectif ne suffisait plus. Les grimpeurs devaient distinguer chaque ravin et chaque contrefort. Au début du vingtième siècle, cette paroi était déjà appelée Corridor.
George Travers-Jackson, employé de bureau dans une entreprise commerciale et grimpeur du Cap le plus célèbre de son époque, voulait y tracer un itinéraire d’ascension direct. Il prenait des risques sans système d’assurage moderne, sans coinceurs ni chaussures de caoutchouc adhérentes : les cordes étaient en chanvre et, à ses pieds, il avait de lourdes bottes à clous.
En mille neuf cent deux, Jackson et un compagnon s’approchèrent du contrefort, mais les dalles lisses inclinées vers l’extérieur les forcèrent à rebrousser chemin. Cinq ans plus tard, il revint avec un autre groupe. Les grimpeurs montèrent bien plus haut, essayèrent plusieurs passages et se heurtèrent à des rochers en surplomb. Pour s’en dégager, ils durent longtemps traverser vers la gauche, jusqu’à quitter la paroi pour rejoindre cette même Corridor Ravine. Dans son carnet, Jackson nota seulement : « ascension partielle ».
Sept ans plus tard, des grimpeurs d’une nouvelle génération accomplirent la voie frontale jusqu’au bout. Elle fut reconnue comme l’ascension la plus difficile de la montagne de la Table à cette époque. Jackson vit lui échapper la première ascension qu’il avait recherchée à deux reprises, mais il qualifia plus tard les nouveaux maîtres de brillants.
Les listes contemporaines y dénombrent tantôt quinze contreforts, tantôt dix-huit sommets : le résultat dépend du fait que l’on considère un éperon, son sommet et l’arête voisine comme un seul objet. L’ancien nom de saint Paul subsiste comme deuxième nom du contrefort Corridor, et le nom de Judas est resté à un sommet plus au sud. La ravine par laquelle Jackson s’était retiré après son échec porte encore le nom de Corridor sur la carte.
Sur place
Sentier de montagne ouvert ; point final raisonnable pour faire demi-tour et reprendre le chemin du retour.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Considérez ce point comme un endroit où faire demi-tour, et non comme une invitation à improviser une ascension. Avant de faire une pause, vérifiez la lumière, la météo, l’eau et vos forces pour la distance du retour.
