Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Longues rangées de maisons en gradins
- Stoeps étroits et surélevés
- Murets latéraux bas
- Sièges de pierre
L’histoire du lieu
Les bancs de pierre devant les portes se trouvent ici juste au-dessus de la chaussée, car ces maisons n’ont pas de jardin devant. Les parcelles étroites s’enfoncent dans le versant, les maisons partagent leurs murs avec les voisines et s’étirent en longues rangées en gradins. Sur le stoep surélevé, on pouvait s’attarder sur le seuil, parler avec les voisins ou surveiller les enfants sans quitter la limite de la maison. Ainsi, ce quartier escarpé devenait un espace commun pour les artisans, les commerçants et les personnes qui avaient obtenu leur liberté après l’esclavage.
En mille sept cent soixante, Jan de Waal, ancien quartier-maître de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales et gardien de la principale église réformée du Cap, acheta un terrain au pied de Signal Hill. La ville s’arrêtait alors plus bas ; ici, il ne restait que des potagers et quelques constructions dispersées. De Waal investit en pensant aux personnes qui avaient besoin de logements bon marché près des ateliers, des boutiques et du port de la ville.
De mille sept cent soixante-trois à mille sept cent soixante-huit, il construisit de petites maisons de plain-pied destinées à la location. De Waal était lui-même un riche propriétaire foncier : sur le même terrain se dressait une grande maison familiale conçue pour ses dix-sept enfants, et sa famille produisait du vin. Les rangées de maisons locatives serrées procuraient un autre revenu. De Waal appela cet ensemble Waalendorp, le village de Waal. En mille sept cent soixante-huit, il mourut ; ses héritiers divisèrent la propriété en six parties, et d’autres propriétaires poursuivirent ensuite l’entreprise qu’il avait commencée.
À mesure que Le Cap grandissait, des artisans, des commerçants et des personnes libérées de l’esclavage, d’origines diverses, s’installèrent ici. Après l’abolition définitive de l’esclavage en mille huit cent trente-huit, la demande de maisons bon marché près de la ville augmenta encore. Les nouveaux propriétaires et les promoteurs reprirent le même modèle familier : une parcelle étroite, une maison profonde, un mur partagé avec le voisin et une entrée donnant directement sur la rue. C’est ainsi que de longues rangées en gradins apparurent sur le versant.
Le nom de la rue connut une petite transformation linguistique. La Waal Street d’origine menait à Waalendorp. Sous les Britanniques, son orthographe devint Wale Street. Sur le panneau actuel, le nom de famille de Waal n’apparaît plus en entier, mais la rue traverse toujours le terrain qu’il transforma en quartier de logements locatifs.
Une autre partie de cet aménagement subsiste devant les portes : les stoeps. Le mot local désigne un étroit perron surélevé entre la maison et la chaussée. Sur le versant escarpé, sa hauteur varie avec la pente de la rue. Les murets latéraux se terminent par des sièges de pierre. Ces maisons n’ont pas de jardin devant : les habitants passent directement de la pièce au stoep, puis du stoep à la rue.
Ces sièges permettaient de parler avec les voisins, d’accueillir des amis et de surveiller les enfants sans s’éloigner beaucoup de la porte. En juin deux mille vingt-cinq, des habitants du Bo-Kaap se réunirent sur le stoep du musée du Bo-Kaap, sur Wale Street, et y racontèrent des souvenirs familiaux pour un projet d’histoire orale. Les organisateurs choisirent précisément le stoep : dans ces maisons, le récit entre voisins commençait toujours sur le banc de pierre, entre la pièce et la chaussée.
Sur place
Rue publique ; il est préférable de la visiter de jour et de respecter les maisons privées.
Vérifié : 1 juillet 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Observez les détails depuis le trottoir. Ne vous asseyez pas sur les marches, ne faites pas de prises de vue aux entrées et laissez aux habitants un passage libre.
