Étape 4 sur 6

complexe du sultan Qala'un

La disposition de la madrasa et du mausolée montrera ce qu’il advint du différend entre le sultan et le directeur des travaux.

10 min
complexe du sultan Qala'un
Mohammed Moussa · CC BY-SA 4.0; cropped/resized for app; ShareAlike applies
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À remarquer

  • Couloir d’entrée
  • Mausolée à droite
  • Madrasa à gauche
  • Salle orientale voûtée avec bassin de marbre

L’histoire du lieu

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Le sultan al-Mansur Qala'un voulait installer ici son futur tombeau exactement en face de celui d’as-Salih Ayyub, son ancien maître, qu’il avait autrefois servi comme mamelouk. Les Mamelouks étaient des guerriers achetés alors qu’ils étaient jeunes : on leur enseignait le combat à cheval, on les affranchissait et on les intégrait à l’armée du sultan. Qala'un passa du rang de guerrier à celui d’émir, puis monta sur le trône d’Égypte en mille deux cent soixante-dix-neuf. C’était précisément auprès du tombeau d’as-Salih, de l’autre côté de la rue, que les chefs militaires mamelouks prêtaient alors serment au nouveau sultan.

Qala'un comptait avant tout construire un hôpital. Une tradition médiévale, consignée par l’historien al-Maqrizi, lie ce projet à une maladie de Qala'un lui-même. Alors qu’il était encore émir, il tomba gravement malade au cours d’une expédition en Syrie. Des médecins lui envoyèrent un remède du bimaristan de Nur ad-Din à Damas — c’est ainsi qu’on appelait un hôpital — et Qala'un guérit. Il jura alors que, s’il devenait sultan, il ouvrirait au Caire un établissement semblable.

On libéra pour lui une ancienne partie du palais fatimide occidental, qui était alors devenue une propriété résidentielle. Ses habitants furent expulsés, et Qala'un confia la direction des travaux à l’émir Sanjar al-Shuja'i, un chef militaire qui s’y connaissait en construction. Sanjar réunit des maîtres artisans du Caire et de Fostat, et leur interdit d’accepter d’autres commandes. D’après al-Maqrizi, on contraignait même au travail les passants qui se trouvaient là ; des prisonniers capturés dans les guerres contre les Mongols effectuaient eux aussi les travaux pénibles. La pierre et les colonnes étaient prélevées sur d’autres constructions. L’ensemble du complexe fut édifié en treize mois. Après cela, certains juristes déclarèrent illicite la prière dans le nouveau bâtiment.

Sanjar modifia aussi la commande elle-même. Qala'un avait prévu un hôpital et un mausolée, mais le directeur des travaux ajouta entre les deux une madrasa, une école de droit islamique. De ce fait, c’est un bâtiment d’enseignement qui se retrouva en face du tombeau d’as-Salih, tandis que le tombeau de Qala'un fut déplacé sur le côté. Lorsque le sultan vint inspecter l’hôpital achevé et apprit cette modification, il se mit en colère et refusa d’entrer dans la madrasa.

Qala'un n’ordonna pas sa démolition. Les quatre traditions juridiques sunnites étaient enseignées dans l’école ; au début du quatorzième siècle, cinquante personnes y étudiaient, recevant une pension et des places en internat. Au fond du complexe fonctionnait un hôpital doté de services de médecine, de chirurgie et de traitement des yeux. On y recevait les musulmans, qu’ils fussent militaires ou citadins, sans limiter leur durée de séjour. À sa guérison, le patient recevait des vêtements et de l’argent ; s’il mourait, les funérailles étaient payées à sa famille.

Après la mort de Qala'un, en mille deux cent quatre-vingt-dix, il fut enterré dans le mausolée d’ici. Le fils de Qala'un, le nouveau sultan Khalil, reçut déjà le serment d’allégeance auprès de la tombe de son père. Les processions cérémonielles suivantes se terminèrent elles aussi ici, et non plus auprès d’as-Salih, de l’autre côté de la rue.

Le couloir d’entrée conserve encore le résultat du différend entre le commanditaire et le directeur des travaux : à droite se trouve le mausolée de Qala'un, à gauche la madrasa ajoutée par Sanjar, et au fond gisent les vestiges de l’hôpital médiéval. Une partie de sa salle orientale voûtée, avec un bassin de marbre, a survécu ; l’établissement médical du complexe traite aujourd’hui les maladies des yeux et des dents. En face du tombeau d’as-Salih se dresse encore aujourd’hui non pas le mausolée de Qala'un, mais l’école dont le sultan refusa de franchir le seuil.

Sur place

Temps sur place10 min
Point suivantÀ la lisière de Khân al-Khalili
Entréede l’extérieur

La façade sur rue est accessible à l’observation extérieure ; les espaces intérieurs peuvent ouvrir selon les horaires en vigueur sur le site et l’avancement des restaurations. Vérifié le 2026-06-25.

Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Ne bloquez pas les entrées : une partie du complexe est liée à un établissement médical en activité. Le récit est prévu pour une observation depuis la rue ; l’accès garanti à l’intérieur doit être convenu séparément.

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Où aller ensuite ?

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Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Le Caire médiéval par la rue al-Mu'izz » — 6 étapes, environ 2,2 km, 1 h 40 min.

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