Étape 1 sur 6

Bab al-Futuh

Ici, vous comprendrez comment une prise de pouvoir s’est donné une frontière de pierre.

10 min
Bab al-Futuh
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Tours rondes en pierre
  • Inscription de construction
  • Passage entre les tours
  • Ouvertures au-dessus du passage

L’histoire du lieu

Taille du texte

Deux tours rondes enserrent l’entrée septentrionale du vieux Caire ; entre elles subsiste un passage étroit qu’une petite garnison pouvait tenir depuis les salles supérieures. Les niveaux inférieurs furent délibérément rendus aveugles, tandis que plus haut furent aménagées des meurtrières le long de la muraille et des ouvertures par lesquelles on déversait du liquide bouillant sur les assiégeants. Ces portes de pierre furent élevées au nord de l’ancienne limite urbaine ; la mosquée Al-Hakim, dite al-Anwar, se retrouva donc à l’intérieur de la ville agrandie, alors qu’elle se trouvait auparavant à l’extérieur. Sur la dalle, un nom subsiste, mais les habitants en ont conservé un autre, plus ancien : il fut transféré ici depuis le passage disparu en briques, par lequel passaient autrefois les troupes fatimides.

En mille soixante-quatorze, le calife fatimide al-Mustansir appela secrètement au Caire Badr al-Jamali, son gouverneur à Acre, sur la côte. Le calife avait besoin d’un homme capable de soumettre les corps de l’armée, qui se combattaient déjà au cœur même de la capitale. Les faibles crues du Nil avaient entraîné de mauvaises récoltes, les soldats n’étaient plus payés et ils pillèrent les réserves du palais. Le butin se vendait à n’importe quel prix. al-Mustansir conservait le titre de chef de la dynastie chiite des Fatimides, mais il ne pouvait déjà plus disposer de sa propre armée.

Badr accepta de venir à une condition : ses soldats arméniens entreraient avec lui, et il ne placerait pas les unités cairotes sous son commandement. Pour lui, c’était une question de survie. Arménien d’origine, autrefois vendu comme esclave militaire, Badr était monté du rang de soldat à celui de gouverneur grâce à sa troupe personnelle ; il ne disposait pas d’une position héréditaire qui l’aurait protégé dans une capitale étrangère.

Il fit venir ses hommes d’Acre par mer, au plus fort des tempêtes hivernales, entra au Caire et convainquit les commandants locaux qu’il était venu sans intentions hostiles. Il les invita ensuite à un banquet et ordonna qu’ils soient tués. Après ce massacre, al-Mustansir nomma Badr vizir, commandant en chef et grand juge. Le calife conserva le trône et la dynastie, mais il remit le gouvernement du pays à l’homme qu’il avait lui-même appelé à l’aide. Badr demeura le dirigeant de fait jusqu’à sa mort, et son fils reçut la charge après lui.

Treize ans plus tard, Badr ordonna de redessiner la frontière septentrionale du Caire. L’ancienne enceinte, élevée en briques crues lors de la fondation de la ville, se désagrégeait déjà. La nouvelle ligne fut déplacée plus au nord et passa à l’extérieur de la mosquée Al-Hakim, dite al-Anwar : auparavant, la mosquée se trouvait au-delà de la muraille de la ville. Voilà pourquoi Bab al-Futuh se trouve ici, au nord de son prédécesseur disparu.

Le passage entre les deux tours rondes fut aménagé de manière qu’une petite garnison puisse barrer l’entrée. Les parties basses des tours furent construites pleines ; les locaux destinés aux défenseurs furent placés plus haut. De là, on pouvait tirer le long de la muraille et, par les ouvertures au-dessus du passage, verser du liquide bouillant sur les assaillants. Badr défendit l’ordre rétabli avec la tradition constructive qu’il connaissait de Syrie : pierre de taille, voûtes et tours saillant devant la ligne de la muraille.

L’inscription de construction donna aux nouvelles portes le nom de Bab al-Iqbal — Porte de la Prospérité. Les Cairotes continuaient de les appeler du nom de l’ancien passage : Bab al-Futuh, Porte des Conquêtes. Par les anciennes portes du nord, les détachements fatimides partaient en campagne, et le mot « conquêtes » se rapportait précisément à eux, non à un seul chef militaire. Le nom officiel demeura dans l’inscription ; le nom usuel fut établi par les habitants.

Les tours rondes en pierre datent de mille quatre-vingt-sept. Les guerriers qui donnèrent leur nom aux portes passaient par une autre arche, en briques, un peu plus au sud. Cette arche a disparu, et les Cairotes en ont transféré le nom ici.

Sur place

Temps sur place10 min
Point suivantmosquée Al-Hakim, dite al-Anwar
Entréede l’extérieur

Observation depuis la rue à tout moment ; l’accès aux niveaux supérieurs et aux intérieurs peut dépendre du fonctionnement actuel du site. Vérifié le 2026-06-25.

Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Observez les portes depuis l’extérieur et dans le passage, sans vous arrêter sur la trajectoire des personnes et de la circulation. L’accès aux niveaux supérieurs n’est pas nécessaire pour le récit.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Passez sous l’arche et dirigez-vous vers le portail de pierre de la mosquée à gauche.

Étape 1 sur 6Ensuite : mosquée Al-Hakim, dite al-Anwar

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Le Caire médiéval par la rue al-Mu'izz » — 6 étapes, environ 2,2 km, 1 h 40 min.

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