Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Façade mamelouke
- Mausolée nord
- Tombeaux de marbre de Khoshiar et d’Ismaïl Pacha
- Tombeau d’Ali Abu Shubbak
L’histoire du lieu
L’imam Ahmad al-Rifa'i n’est pas enterré ici. Le fondateur de l’une des plus anciennes confréries soufies mourut au douzième siècle, et sa tombe se trouve en Irak. Le nom cairote vient d’une petite zawiya — une maison de prière et de réunions des soufis — qui se trouvait à cet endroit. Elle abritait le tombeau du cheikh Ali Abu Shubbak, que l’on appelait Ali al-Rifa'i. Des pèlerins venaient sur sa tombe, et le nom de la zawiya passa plus tard à la mosquée actuelle.
En mille huit cent soixante-neuf, Khoshiar Hanem, mère d’Ismaïl Pacha — le souverain d’Égypte portant le titre de khédive —, ordonna d’entourer les anciennes tombes soufies d’un immense bâtiment neuf. Il était impossible de les déplacer. À côté, il fallait aménager un mausolée pour la commanditaire elle-même et ses descendants. Khoshiar choisit un emplacement en face de la mosquée-madrasa du sultan Hassan, et l’architecte Hussein Fahmi Pacha devait donner à la nouvelle mosquée la même ampleur mamelouke. Ismaïl Pacha finançait les travaux sur sa fortune personnelle.
Le projet commença à se désagréger avec la pierre. Les bâtisseurs avaient choisi une pierre facile à polir, mais, après séchage, sa surface s’écaillait et certains blocs se fissuraient sous le poids de la maçonnerie. Les dépenses augmentaient. Un architecte européen invité proposa de refaire les plans et de démolir la partie déjà construite. Khoshiar refusa, et le différend avec son fils interrompit les travaux.
Le ministre des Travaux publics Ali Pacha Moubarak trouva une autre solution : couvrir la salle de prière d’une grande coupole en fer. Une entreprise européenne accepta d’exécuter la commande pour trente mille livres égyptiennes. Ismaïl Pacha approuva la proposition, Khoshiar la rejeta de nouveau et exigea que l’on poursuive selon le projet de Fahmi.
Lorsque les murs eurent atteint environ deux mètres, on communiqua à Ismaïl Pacha le coût total du bâtiment projeté. Il tenta de confier le chantier à une administration publique, mais, à ce moment-là, les dettes avaient déjà conduit les finances égyptiennes à la faillite. En mille huit cent soixante-dix-neuf, le sultan ottoman, sous la pression de la Grande-Bretagne et de la France, destitua Ismaïl Pacha et l’exila d’Égypte. L’année suivante, les travaux cessèrent.
Khoshiar mourut en mille huit cent quatre-vingt-cinq. Elle fut enterrée dans le mausolée nord, au milieu des murs inachevés. Dix ans plus tard, Ismaïl Pacha mourut à Istanbul. Conformément à son testament, son corps fut transporté au Caire et déposé près de sa mère. Tous deux se retrouvèrent dans le mausolée familial qu’ils avaient commandé alors que la mosquée restait encore inachevée.
Ce n’est qu’en mille neuf cent six que l’arrière-petit-fils de Khoshiar, le khédive Abbas Hilmi II, chargea Max Herz d’achever le bâtiment. Les plans de Fahmi pour la partie supérieure, les coupoles et l’intérieur n’ont pas été conservés. Herz les conçut lui-même, en préservant la base déjà construite et les modèles mamelouks. La mosquée ouvrit en mille neuf cent douze — quarante-trois ans après la commande de Khoshiar.
Dans la chambre funéraire nord-est, son tombeau de marbre se trouve à côté de celui d’Ismaïl Pacha. Dans une pièce séparée, le tombeau d’Ali Abu Shubbak, dont ce lieu a reçu le nom d’Al-Rifa'i, a été conservé ; la tombe d’Ahmad al-Rifa'i lui-même est restée en Irak.
Sur place
Tous les jours 09:00–17:00 ; entrée avec un billet combiné avec la mosquée-madrasa du sultan Hassan. Pendant les prières et les cérémonies locales, l’accès peut changer.
Vérifié : 27 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Tous les espaces funéraires ne sont pas forcément accessibles en même temps ; respectez les barrières et l’interdiction de photographier si elle est indiquée. Même sans entrer, vous pouvez comparer la façade et la hauteur de la mosquée avec la mosquée-madrasa du sultan Hassan.
