Étape 8 sur 8

Souk al-Silah et le sabil-kuttab de Ruqayya Dudu

سوق السلاح وسبيل رقية دودو

Un petit bâtiment de bienfaisance achèvera l’itinéraire par un souvenir personnel adressé à toute une rue de la ville.

15 min
La rue du Souk al-Silah au Caire
Varun Shiv Kapur · CC BY 2.0; cropped/resized for app
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0 sur 8 terminé

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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Les trois fenêtres cintrées du sabil
  • L’étagère courbe en marbre
  • Les grilles métalliques portant le nom de Ruqayya
  • L’arcade ouverte de la salle d’école

L’histoire du lieu

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La route de la Citadelle bourdonnait autrefois d’ateliers où l’on fabriquait des épées, des lances et des armures ; c’est ainsi que l’ancien nom de la rue céda la place à celui de Souk al-Silah. On y aménagea un sabil alimenté par l’eau du Nil : elle était conservée dans un réservoir souterrain, remontée dans la salle du bas et donnée aux passants par trois fenêtres cintrées. Au-dessus des grilles subsiste une étagère courbe en marbre pour les coupes, et l’arcade ouverte mène à la pièce où l’on faisait la lecture aux enfants et leur enseignait le Coran. Plus tard, les artisans d’ici réparaient des fusils et des pistolets, mais vers le milieu du vingtième siècle, ce métier avait lui aussi disparu.

Au début de mille sept cent cinquante-huit, Badawiya bint Shahin a enterré sa fille. La jeune Ruqayya Dudu fut l’une des victimes de l’épidémie de peste qui avait commencé au Caire un an plus tôt. Un tombeau fut construit pour elle au Cimetière du Sud. Sa tombe ne se trouve pas ici.

Badawiya était une riche veuve issue d’une famille de chefs militaires et gérait elle-même une grande fortune. Trois ans après la mort de Ruqayya, elle commanda dans cette rue un sabil-kuttab de Ruqayya Dudu — un point d’eau public surmonté d’une école. Dans le Caire ottoman, une telle commande émanant d’une femme restait encore rare : c’était le troisième sabil urbain connu construit par une femme.

Des travailleurs y apportaient l’eau du Nil et remplissaient le réservoir souterrain. Ils remontaient ensuite l’eau jusqu’à la salle du bas et la distribuaient aux passants par trois fenêtres. Des coupes reposaient sur une étagère courbe en marbre, devant les grilles. À l’étage, les enfants apprenaient à lire et mémorisaient le Coran. Badawiya payait un service dont les gens pouvaient bénéficier jour après jour : en échange, elle espérait des prières pour sa fille défunte.

Le lieu fut choisi sur la route de la Citadelle, que fréquentaient sans cesse des militaires, des marchands et les habitants des quartiers voisins. La rue s’appelait auparavant Suwayqat al-Izza, du nom d’un émir mamelouk qui vivait ici. Lorsque des ateliers de fabrication d’épées, de lances et d’armures ouvrirent tout le long, les Cairotes commencèrent à l’appeler Souk al-Silah — le marché des armes. Plus tard, des artisans y réparaient des fusils et des pistolets ; vers le milieu du vingtième siècle, ce métier avait lui aussi disparu.

La façade conserve le plan précis de l’œuvre voulue par Badawiya. Les trois ouvertures cintrées du bas étaient destinées à la distribution d’eau, et l’arcade ouverte au-dessus d’elles à la salle d’école. Au-dessus de la fenêtre centrale, la mère fit graver une demande à Dieu de faire miséricorde à Ruqayya Dudu, fille de Badawiya bint Shahin. Le nom de la jeune fille est également répété sur la grille métallique, avec l’année de construction — mille sept cent soixante et un.

Le corps de Ruqayya repose dans une autre partie du Caire. Ici subsistent les fenêtres pour l’eau, la salle d’école et son nom dans une rue que l’on appelle encore le marché des armes.

Sur place

Temps sur place15 min
Point suivantFin de l’itinéraire
EntréeRue historique des armuriers
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La rue est ouverte vingt-quatre heures sur vingt-quatre et gratuite ; le sabil-kuttab de Ruqayya Dudu, après restauration, peut être fermé ou accessible de manière irrégulière.

Vérifié : 27 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

C’est une rue habitée, et non un couloir de musée : ne bloquez pas le passage et ne photographiez pas les gens sans leur accord. L’intérieur peut être inaccessible, mais la destination du bâtiment se lit clairement sur la façade et dans les trois fenêtres.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Terminez la promenade devant les trois fenêtres du sabil : après les constructions des sultans, il restera ici le nom d’une jeune fille du Caire.

Étape 8 sur 8Fin de l’itinéraire

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Le pouvoir au Caire : de la Citadelle de Saladin au Souk al-Silah » — 8 étapes, environ 3,9 km, 3–4 heures.

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