Étape 1 sur 7

Pont de Nepomuk et Dijver

Dijver / Nepomucenusbrug

L’histoire de la statue expliquera pourquoi cette ancienne traversée commerciale a reçu le nom d’un saint tchèque.

20 min
Le canal du Dijver à Bruges, avec un pont et le reflet de façades gothiques.
Dguendel · CC BY 4.0; cropped/resized for app
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • La statue de pierre de Jan Nepomucký
  • Cinq étoiles autour de la tête
  • Le livre ouvert à ses pieds
  • Le socle bleu portant une inscription latine

L’histoire du lieu

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La traversée du Dijver prolongeait une rue commerçante depuis le centre de Bruges vers les faubourgs. Ici, l’eau arrive tout contre le parapet ; au quinzième siècle, des portefaix travaillant probablement près des bateaux transportaient les marchandises aux entrepôts de leurs propres mains. Plus tard, une chapelle fut installée à l’endroit de leur travail quotidien et resta debout près de trois siècles et demi.

Le Dijver est un court tronçon de la Reie, qui a probablement conservé son cours naturel. Au douzième siècle, l’eau y faisait partie de la première ligne de fortifications de la ville. Le nom lui-même est bien plus ancien que Bruges : les linguistes le rattachent à un mot ancien signifiant « eau sacrée ». Le pont n’a reçu son nom actuel qu’au dix-huitième siècle, d’après la figure de pierre placée sur son parapet.

Jusqu’en mille sept cent soixante-sept, c’était le grand pont d’Eekhout. Il prolongeait la Wollestraat commerçante et reliait le centre-ville aux faubourgs. Au quinzième siècle, des portefaix de la ville y proposaient probablement leurs services. Ils vivaient du transport des marchandises des bateaux aux entrepôts : tous leurs revenus dépendaient de leur dos et de leurs mains.

En mille quatre cent vingt et un, leur corporation obtint l’autorisation de construire une chapelle sur le pont. Les portefaix choisirent le lieu de leur travail quotidien, au bord de l’eau et de la route. La chapelle des portefaix resta debout près de trois siècles et demi. Elle fut ensuite remplacée par une statue d’un saint dont l’histoire était liée à la fois à un pont, à l’eau et au danger de se noyer.

Jan Nepomucký, originaire de la ville tchèque de Nepomuk, était le vicaire général de l’archevêque de Prague, un juriste qui défendait les décisions de l’Église dans son conflit avec le roi Václav IV. En mille trois cent quatre-vingt-treize, le roi ordonna son arrestation et sa torture. Après les tortures, le corps de Jan Nepomucký fut jeté du pont de Prague dans la Vltava.

Une légende apparut plus tard : Jan Nepomucký aurait été le confesseur de la reine Sophie et serait mort pour avoir refusé de révéler son secret à son mari. Cette version n’est pas confirmée par les documents : les historiens relient le supplice au conflit entre le roi et l’archevêque. Mais c’est précisément la légende du silence qui a déterminé la manière dont le saint fut représenté. Les cinq étoiles autour de sa tête désignent les cinq lettres du mot latin signifiant « j’ai gardé le silence ». Sa mort dans la Vltava fit de Jan Nepomucký le patron des ponts, des bateliers et des noyés.

Le sculpteur brugeois Pieter Pepers le représenta dans les vêtements canoniques, un crucifix pressé contre sa poitrine. Un livre ouvert repose à ses pieds, et cinq étoiles apparaissent derrière sa tête. La statue fut installée ici en mille sept cent soixante-sept, et c’est alors que le pont de Nepomuk fut pour la première fois appelé pont de Nepomuk.

Dans la nuit du six au sept octobre mille sept cent quatre-vingt-quinze, des inconnus jetèrent la figure dans le Dijver. On les appelle habituellement les Jacobins : pendant l’occupation révolutionnaire française, ils retiraient les images religieuses des lieux publics. Jan Nepomucký se retrouva ainsi jeté une deuxième fois d’un pont dans une rivière, cette fois sous la forme d’une statue brugeoise.

Pendant près de seize ans, la figure ne se trouva pas à sa place. Le premier mai mille huit cent onze, elle fut remise sur le parapet. Pour le monument restauré, le prêtre et chroniqueur brugeois Jan-Baptist Dinberge composa une inscription. À partir des lettres de la forme latine du nom du saint, il forma cette phrase : « Voici celui qui se tait pieusement, voici une bouche qui n’accuse pas. » La date du retour fut indiquée au-dessous.

La chapelle des portefaix n’est plus là. De leur décision demeure la tradition même d’installer un sanctuaire sur un pont. Sur le socle de pierre bleue, les mots de Jan-Baptist Dinberge et la date où la figure relevée de l’eau reprit sa place au-dessus du Dijver sont conservés. Le nom actuel du pont repose sur un homme jeté dans une rivière, et sur sa statue, jetée dans une autre.

Sur place

Temps sur place20 min
Point suivantmusée Groeninge
Entréeaccès libre

Espace ouvert librement accessible au bord du canal ; ne vérifiez que la météo et l’état du pavage.

Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Arrêtez-vous sans bloquer le passage étroit ni l’accès à l’eau. Vous pouvez écouter le récit depuis le quai : il n’est pas nécessaire d’entrer dans un bâtiment pour cette étape.

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Où aller ensuite ?

Longez le Dijver et entrez dans le jardin du musée par la grille entre les arbres.

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Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Les Primitifs flamands dans le quartier des musées de Bruges » — 7 étapes, environ 1,6 km, 3-4 heures.

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