Étape 5 sur 7

place Meynard

Place Meynard

Sous le pavage ordinaire se cache l’histoire longue et peu commode de la manière dont les habitants ont traité les sépultures découvertes.

15 min
La basilique Saint-Michel et la place Meynard sous la Flèche Saint-Michel séparée
Jean-Christophe BENOIST · CC BY 4.0; cropped/resized for app
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0 sur 7 terminé

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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • La plaque bleue portant le nom de la place
  • Le pavage plat
  • La base du clocher
  • Les étals du marché

L’histoire du lieu

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Un jour de marché, des rangées d’étals de produits alimentaires et d’objets d’occasion s’élèvent autour de la Flèche Saint-Michel séparée, puis elles laissent derrière elles une place large et régulièrement pavée. Autrefois, le cimetière de l’église s’y entassait. Lorsqu’il fut fermé, les restes furent transférés dans la crypte sous le clocher, le terrain fut nivelé et le commerce occupa l’espace libéré. Vu d’en haut, plus rien ne rappelle l’ancienne destination de ce terrain.

Meynard, sur la plaque bleue, est le nom de famille de Jean-Baptiste Meynard, curé de longue date de la basilique Saint-Michel. En mille huit cent soixante et onze, il conçut le projet d’ouvrir une école pour les enfants de la paroisse et obtint le transfert à Bordeaux du frère Joseph-Marie Marsan, instituteur expérimenté que l’on ne voulait pas laisser partir de son précédent poste. L’école fut installée tout près, rue de la Crèche ; Marsan la dirigea pendant vingt-deux ans. Après la mort de Meynard, en mille huit cent quatre-vingt-cinq, la ville attribua à la place le nom de famille du prêtre. Les paroissiens de Saint-Michel exprimèrent ainsi leur reconnaissance envers un homme qui s’occupait non seulement du culte, mais aussi de l’éducation des enfants du quartier.

La place elle-même existait avant son nom actuel. En mille sept cent quatre-vingt-onze, l’administration départementale de la France révolutionnaire ordonna la fermeture du cimetière paroissial autour de l’église. À cette époque, les sépultures près des églises étaient retirées des villes pour des raisons sanitaires. Ici, il fallait aussi libérer du terrain dans un quartier densément bâti.

Les ouvriers ouvrirent les tombes, transportèrent les ossements dans la crypte sous la Flèche Saint-Michel séparée et recouvrirent l’emplacement de terre. Lors du déblaiement, ils découvrirent environ soixante-dix corps que le sol avait conservés presque entiers. Ils ne les réinhumèrent pas. Les corps furent placés debout le long des murs de la crypte et les visiteurs furent admis à les voir.

Personne ne connaissait leurs véritables noms, alors les guides inventèrent des biographies pour les défunts. L’un était présenté comme un général mort dans un duel, un autre comme un portefaix écrasé par une charge excessive, un troisième comme quelqu’un enterré vivant. C’étaient des légendes créées pour le public. Une autre chose est connue avec certitude : les personnes enterrées dans le cimetière paroissial restèrent debout sous le clocher pendant près de deux siècles, comme une curiosité de la ville.

L’exposition apporta aux corps une seconde mort, bien plus lente. L’air, les micro-organismes et les contacts des visiteurs détruisaient progressivement les tissus. En mille neuf cent soixante-dix-neuf, le conseil municipal, à l’initiative du maire Jacques Chaban-Delmas, ferma la crypte au public. En mille neuf cent quatre-vingt-dix, les fragments restants furent enterrés au cimetière de la Chartreuse.

Après le déblaiement de l’ancien cimetière, le terrain fut nivelé. Un marché existait déjà à proximité au dix-huitième siècle, lorsque l’on appelait ce côté de Saint-Michel la place du Nouveau-Marché ; l’espace libéré permit aux rangées d’étals d’occuper la place autour de l’église. Aujourd’hui, les jours de marché, on y installe de nouveau des étals de produits alimentaires et d’objets d’occasion, puis on les enlève, laissant un pavage plat.

Aucune trace des tombes n’est visible à la surface. Lorsque des archéologues ouvrirent deux sondages exploratoires sur la place en deux mille onze, tous deux atteignirent l’ancien cimetière. Sous le pavage se trouvait une couche de nivellement où des os humains étaient mêlés à des galets, du charbon, des tuiles et des os d’animaux. Après l’étude, les sondages furent rebouchés. La place Meynard resta de nouveau à l’emplacement du cimetière.

Sur place

Temps sur place15 min
Point suivantrue des Faures
Entréede l’extérieur

La place est ouverte vingt-quatre heures sur vingt-quatre ; les marchés et les étals de brocante varient selon les jours, et il faut vérifier les principaux créneaux sur la page de la ville avant la visite.

Vérifié : 30 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Les découvertes archéologiques se trouvent sous la place actuelle et ne sont généralement pas visibles. Ne cherchez pas de tombes signalées : il importe davantage ici de comparer la surface calme aux couches bouleversées en dessous.

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Où aller ensuite ?

Quittez la place par la courte rue des Faures et longez ses façades.

Étape 5 sur 7Ensuite : rue des Faures

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Saint-Michel : portes, métiers et marché » — 7 étapes, environ 2 km, 2–2,5 heures.

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