Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Plaque de rue
- Façades le long de la rue
L’histoire du lieu
Le nom inscrit sur la plaque se rapporte aux personnes dont les ateliers occupaient cette rue. « Faure » est l’ancien nom gascon, transmis par le français, pour désigner un forgeron. Ici travaillaient les forgerons et les armuriers de Saint-Michel.
Ce voisinage de métiers s’était formé autour du port. L’Aquitaine ne possédait pas ses propres gisements de métal. Le fer arrivait par mer de Biscaye, le cuivre de Flandre. Dans les rues voisines, les charpentiers et les tonneliers fabriquaient des bateaux, des caisses et des tonneaux à vin ; les forgerons leur fournissaient les pièces métalliques. Ils vivaient aussi des commandes d’armes : ils forgeaient des épées, des pointes de lance, des boucliers et des cottes de mailles. Dès le onzième siècle, les produits bordelais étaient expédiés à travers les Pyrénées et, au quatorzième siècle, les chroniqueurs remarquaient spécialement les courtes épées bordelaises, rigides et tranchantes.
En mille trois cent cinquante-huit, cette réputation attira ici un commanditaire venu d’un autre royaume. Louis de Navarre, frère du roi et lieutenant de Navarre, voulait organiser chez lui la fabrication d’armures. Il fit venir de Bordeaux trois maîtres armuriers et cinq de leurs assistants. Ces hommes savaient assembler des cottes de mailles, fabriquer des bassinets — des casques à visière mobile — et forger les plaques métalliques dont on composait une protection pour le torse.
Pour les huit artisans, la commande signifiait abandonner leurs propres ateliers et leurs clients habituels pour travailler auprès d’une cour étrangère, au-delà des Pyrénées. Ils dépendaient du fer importé et du charbon de bois, coûteux : sans approvisionnement régulier en matériaux, un maître ne gagnait rien, quelle que fût la valeur reconnue à son savoir-faire. La cour de Navarre prit l’approvisionnement à sa charge. Le quinze mai mille trois cent soixante, les administrateurs ordonnèrent de remettre du bois, du fer et du charbon aux trois armuriers bordelais. À cette date, ils travaillaient déjà au château d’Olite. Louis obtint une production d’armures près de sa résidence, et les maîtres de la rue des Faures une cour qui payait leur travail et acheminait tout ce qui leur était nécessaire.
Aucune trace matérielle de ces forges ne subsiste dans la rue. La Maison de l’Armurier, à l’angle de l’actuel cours Victor-Hugo, fut celle qui subsista le plus longtemps : un bâtiment à colombages du début du seizième siècle, avec une boutique sous un auvent au rez-de-chaussée. Au dix-neuvième siècle, les urbanistes municipaux redressèrent les rues et démolirent la maison. Ses volets de fenêtre en bois furent transférés au musée d’Aquitaine. Ici, seul subsiste le nom collectif des maîtres ; une partie de la véritable maison de l’un d’eux se trouve désormais à l’autre bout de la ville.
Sur place
Rue publique accessible en permanence ; les commerces suivent leurs propres horaires.
Vérifié : 30 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Les deux adresses font toujours partie d’une rue résidentielle et commerçante ; observez-les donc depuis l’extérieur et ne dérangez pas les habitants. Les portes de la Maison de l’Armurier se trouvent au musée, et non à l’ancien angle.
