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Place des Quinconces

Place des Quinconces

Ici, vous comprendrez pourquoi la principale esplanade de Bordeaux reprend les dimensions d’une citadelle disparue.

15 min
Le Monument aux Girondins et la vaste Place des Quinconces à Bordeaux.
P. Hughes · CC BY-SA 4.0; cropped/resized for app; ShareAlike applies
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Rangées d’arbres en quinconce
  • Esplanade ouverte
  • Colonne du Monument aux Girondins
  • Groupes sculptés des fontaines

L’histoire du lieu

Taille du texte

Des rangées d’arbres en quinconce entourent l’esplanade ouverte qui a occupé d’anciennes terres militaires au bord de la Garonne. Une citadelle bastionnée se dressait ici, et l’on maintenait devant ses remparts une large bande sans maisons afin que rien ne gêne l’artillerie. Lorsque le terrain fut cédé à la ville, une partie fut vendue pour la construction, tandis que le centre fut conservé comme place et jardin de promenade ; des murs, rien ne subsiste en surface, bien que des fondations aient été trouvées sous terre lors de travaux. Les arbres furent plantés selon le dessin des cinq points d’un dé, dont la place tira son nom, et l’ancien champ militaire accueille maintenant des foires, un cirque, des concerts et une correspondance de tramway.

À l’été mille six cent quarante-neuf, depuis l’emplacement de l’actuelle Place des Quinconces, les artilleurs du Château Trompette tiraient sur Bordeaux et son port. L’ordre venait du duc d’Épernon, gouverneur royal de Guyenne : les habitants résistaient à de nouvelles levées et à son administration, et le gouverneur cherchait à les contraindre à l’obéissance.

La forteresse avait été établie ici deux siècles plus tôt pour une raison semblable. Bordeaux avait appartenu pendant près de trois cents ans à la couronne anglaise, et les marchands locaux vivaient avant tout de la vente de vin en Angleterre. Lorsque les troupes françaises occupèrent la ville pour la première fois, les Bordelais laissèrent bientôt revenir les Anglais. Après la victoire française définitive de mille quatre cent cinquante-trois, le roi Charles VII ordonna de construire le Château Trompette au bord de la Garonne. Ses canons protégeaient le fleuve tout en tenant sous leur feu la ville récemment conquise.

Au milieu du dix-septième siècle, la forteresse entravait déjà les choses au sens le plus littéral. Les militaires avaient repoussé les activités portuaires vers l’aval, jusqu’au quartier des Chartrons ; le long de l’eau, il ne restait qu’une route étroite le reliant au vieux Bordeaux. Pour ceux qui vivaient du commerce fluvial, le conflit avec le gouverneur royal ne concernait pas seulement les impôts : la forteresse se dressait entre la ville et ses quais.

Après le bombardement, les Bordelais assiégèrent le château. La garnison résista trois mois et se rendit le dix-huit octobre. Les vainqueurs rasèrent d’abord le mur tourné vers la ville. Dans l’accord de paix, ils firent inscrire une condition : si la couronne reconstruisait le Château Trompette, ce ne serait que dans ses limites anciennes.

Cette condition ne les sauva pas. Après la répression des révoltes, Louis XIV ordonna d’élever ici une citadelle bastionnée bien plus vaste. Pour elle, aux frais de Bordeaux, on démolit environ trois cents maisons, deux monastères et les vestiges de constructions romaines ; devant les remparts, on laissa une large bande non bâtie pour le tir de l’artillerie. Les habitants obtinrent la destruction de la forteresse qu’ils haïssaient et reçurent en échange une forteresse occupant encore davantage de terrain urbain.

L’administration militaire n’abandonna le Château Trompette qu’au début du dix-neuvième siècle. L’État céda à Bordeaux les fortifications et le terrain, la municipalité vendit une partie du sol pour la construction, et conserva le centre pour une place et un jardin de promenade. Les dimensions de la Place des Quinconces reprennent la superficie de la citadelle avec son champ dégagé. Des murs, rien ne subsiste en surface ; des fragments de fondations ont été trouvés sous terre lors de travaux urbains.

En mille huit cent dix-huit, on planta des arbres en quinconce sur les bords de la nouvelle esplanade : quatre aux angles d’un carré imaginaire et un au centre, comme les cinq points d’un dé. En français, cette disposition s’appelle un « quinconce ». La place porta d’abord le nom de Louis XVI, puis celui de Louis-Philippe, et reçut en mille huit cent quarante-huit son nom actuel, d’après le dessin des arbres. Sur l’ancien champ d’artillerie se tiennent désormais des foires, un cirque, des concerts et une importante correspondance de tramway.

Le terrain libéré permit aussi aux autorités municipales d’installer ici l’immense Monument aux Girondins. C’est ainsi qu’on appelait un groupe de députés républicains dont nombre de dirigeants représentaient la Gironde. Ils préparèrent un projet de constitution et cherchèrent à protéger la Convention nationale de la pression armée des sections parisiennes. Le deux juin mille sept cent quatre-vingt-treize, des gardes nationaux et des sans-culottes encerclèrent les députés réunis et les forcèrent à ordonner l’arrestation des chefs girondins. Vingt et un d’entre eux furent condamnés et envoyés à la guillotine le trente et un octobre.

Bordeaux décida de les commémorer presque un siècle plus tard. Le monument fut élevé entre mille huit cent quatre-vingt-treize et mille neuf cent deux : une colonne s’éleva au-dessus des fontaines, et une Liberté de bronze, brisant ses chaînes, fut placée à son sommet. Les groupes sculptés devaient comprendre huit figures des députés eux-mêmes, mais elles ne furent jamais fondues. Au pied du monument se trouvent la République, la Concorde, l’Histoire et l’Éloquence ; les emplacements destinés aux Girondins sont restés vides.

Sur place

Temps sur place15 min
Point suivantGrand Théâtre
Entréeaccès libre

Espace urbain ouvert ; accès libre à tout moment.

Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Il vaut mieux découvrir la place à distance : appréciez d’abord son vide dans son ensemble, puis approchez-vous de la base du monument. L’essentiel est visible de l’extérieur, mais l’espace ouvert protège à peine des intempéries.

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Où aller ensuite ?

Laissez la place derrière vous et dirigez-vous vers la colonnade du théâtre.

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Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Bordeaux de pierre entre la Garonne et la cathédrale » — 8 étapes, environ 3,2 km, 2,5–3 heures.

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