Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Terrasse méridionale
- Portique de pierre
- Chemins sinueux
- Plan d’eau
L’histoire du lieu
Les chemins sinuent ici entre les arbres et débouchent sur le plan d’eau, parce que l’ancien jardin régulier fut plus tard transformé en parc paysager. Sur le bord sud se dressent une terrasse et un portique de pierre, qui ont survécu à cet ancien tracé avec ses allées droites et ses parterres stricts. Du côté nord, le jardin est bordé par des quartiers qui se sont développés sur des terrains autrefois réservés à la construction. Désormais, parmi les arbres, se promènent des familles, des coureurs et des spectateurs du théâtre de marionnettes.
L’actuel Jardin public a commencé comme un lieu de conversations d’affaires. En mille sept cent quarante-six, le fonctionnaire royal Louis-Urbain-Aubert de Tourny proposa d’aménager ici un jardin qui relierait le vieux Bordeaux, les Chartrons et le faubourg Saint-Seurin. À cette époque, des prés humides, des jardins potagers et des vignobles médiocres s’étendaient entre eux. Tourny appelait le nouveau jardin une bourse du soir : les négociants pouvaient s’y retrouver après leurs affaires de la journée et conclure un marché en se promenant.
L’actuel Jardin public s’appelait alors le Jardin Royal. Le terrain avait toutefois déjà des propriétaires. Madame Mitchell, veuve du propriétaire d’une manufacture de verre, résista avec une particulière obstination. Après la mort de son mari, elle poursuivit l’entreprise familiale, qui fabriquait des bouteilles pour le commerce du vin en plein essor à Bordeaux. Pour elle, les vignobles et les terrains près des Chartrons étaient un capital, non un terrain vague destiné à l’aménagement.
En avril mille sept cent quarante-sept, Tourny occupa une partie des propriétés de Madame Mitchell sans évaluation préalable. La maison, le jardin et les vignes furent démolis. Madame Mitchell déposa une plainte auprès du principal administrateur royal des finances et refusa d’accepter en échange des parcelles peu commodes découpées dans son ancien terrain. Tourny expliquait le refus de Madame Mitchell par un caprice. Les négociations durèrent cinq ans.
En mille sept cent cinquante-deux, les parties convinrent d’un échange. La ville obtint le terrain pour le jardin, et Madame Mitchell reçut des parcelles plus planes près de la nouvelle route, propres à la construction de maisons. Même Tourny reconnaissait qu’après le percement des rues, leur prix pouvait doubler ou tripler. Plus tard, le fils de la veuve, François-Patrice Mitchell, divisa en terrains à bâtir les terres familiales près du jardin ; elles furent toutes vendues en deux ans.
Le jardin ouvrit au milieu des années mille sept cent cinquante. Les allées droites et les parterres réguliers d’origine ne sont pas parvenus jusqu’à nous. Dans les années mille huit cent cinquante, le maire Antoine Gautier chargea de transformer le terrain laissé à l’abandon en parc paysager : d’où les actuels chemins sinueux, le plan d’eau et les groupes d’arbres disposés librement.
Du jardin de Tourny subsistent la terrasse méridionale et le portique. La rue du Jardin Public et les quartiers le long de la lisière nord sont issus de la transaction foncière conclue avec Madame Mitchell. Entre cette rue et ces quartiers, on croise encore aujourd’hui des promeneurs, des coureurs, des enfants et des spectateurs du théâtre de marionnettes, à l’endroit que Tourny avait réservé à l’avance aux conversations après la fin de la journée de commerce.
Sur place
Habituellement ouvert tous les jours à partir de 07:00 ; fermeture saisonnière : environ 18:00 en hiver, 20:00 au printemps/en automne et 21:00 en été.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Pour la fin, choisissez un endroit calme près de l’eau ou dans une allée ; après la pluie, tenez compte de l’état des chemins et des pelouses.
