Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Bandes de granit gris clair
- Pavés rouge-ambre
- Galets de rivière gris et blancs
- Pavement ordinaire au point de convergence des bandes
L’histoire du lieu
La piazza Santo Stefano n’existe presque pas officiellement. C’est l’élargissement en entonnoir de la via Santo Stefano, qui descend vers l’ensemble religieux du même nom. C’est de cet ensemble que la rue a reçu son nom ; saint Étienne, dont elle porte le nom, est considéré comme le premier martyr chrétien. Les Bolonais appelaient cet élargissement tantôt la petite piazza Santo Stefano, tantôt la place des Sept Églises, et le nom d’usage s’est révélé plus solide que les registres municipaux. Aujourd’hui, on y organise des concerts et des événements culturels, et chaque deuxième samedi et dimanche du mois, sauf en juillet et en août, des marchands d’antiquités occupent la chaussée.
Cette vaste surface inclinée a pris son aspect actuel grâce au fabricant de meubles Dino Gavina. À la fin des années quatre-vingt, il conseillait la commission municipale chargée de l’aménagement des rues, mais ne pouvait pas diriger les travaux. Gavina gagnait sa vie avec des objets : après la guerre, il avait commencé par les décors de théâtre, le rembourrage des voitures de chemin de fer et les bâches pour jeeps, puis avait fondé plusieurs entreprises réputées de mobilier et d’éclairage. Il apporta la même expérience à la commission municipale : savoir trouver un architecte et faire en sorte qu’une idée arrive jusqu’à la production.
À cette époque, la piazza Santo Stefano avait un autre aspect. En mille neuf cent trente-quatre, on aménagea devant l’église une cour distincte, en contrebas : le sagrato, c’est-à-dire un espace ouvert situé juste devant l’entrée. On rehaussa la chaussée alentour afin que les automobiles puissent contourner l’ensemble. Des marches et des bordures séparèrent les piétons, les voitures et l’entrée de l’église ; la pente naturelle se trouva découpée en plusieurs niveaux.
En mille neuf cent quatre-vingt-neuf, on remplaçait les réseaux techniques sous la place. Gavina y fit venir l’architecte milanais Luigi Caccia Dominioni, venu pour un autre projet urbain. En voyant la chaussée éventrée, l’architecte décida qu’on allait enfin remettre la place en état. Les travaux ne concernaient que les canalisations, mais sa remarque donna à Gavina l’occasion d’agir. Il écrivit au maire Renzo Imbeni et proposa de confier toute la place à Caccia Dominioni. La réponse arriva aussitôt ; le projet fut approuvé à la hâte par la municipalité et le service de protection des monuments.
L’architecte supprima les limites du sagrato et réutilisa le dénivelé d’environ un mètre vingt entre Piazza della Mercanzia et l’entrée de l’église. À la place de plusieurs espaces coupés les uns des autres, on obtint une surface concave unique, sans marches devant la façade. Elle fut inaugurée le six juin mille neuf cent quatre-vingt-onze.
Les bandes de granit gris clair sous vos pieds sont les directions de passage tracées par Caccia Dominioni. Entre elles se trouvent des pavés rouge-ambre du Trentin, et le long des portiques, des galets de rivière gris et blancs des Alpes apuanes. Les exécutants modifièrent une partie du projet : ils ajoutèrent des marches là où la pente se révéla particulièrement raide et renoncèrent à la lentille de marbre vert prévue par l’architecte. Au point où convergent les bandes grises se trouve un pavement ordinaire : c’est l’emplacement du dernier détail qui ne fut jamais installé.
Sur place
Espace urbain ouvert ; la place et les portiques sont accessibles à toute heure comme arrêt de rue. Les intérieurs voisins fonctionnent selon leurs propres horaires.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Parcourez la place par le bord et par le centre : le changement de hauteur se ressent mieux en mouvement que depuis un seul point.
