Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Cinq passages sous les portes
- Le quadrige attelé de quatre chevaux
- La Croix de fer et l’aigle prussien
- Les colonnes de pierre
L’histoire du lieu
La frontière de la ville passa longtemps ici : on entrait à Berlin par les cinq passages entre les colonnes de pierre, tandis que sur les côtés travaillaient les gardes et ceux qui contrôlaient les marchandises importées. Le nom rappelait la route vers Brandebourg-sur-la-Havel. Le modeste poste de passage fut transformé en entrée cérémonielle, et un char de cuivre attelé de quatre chevaux fut installé au sommet. La sculpture originale disparut pendant la Seconde Guerre mondiale ; c’est pourquoi une copie se trouve au-dessus des portes.
Le vingt-sept octobre mille huit cent six, Napoléon Bonaparte entra à Berlin par ces portes. Deux semaines auparavant, l’empereur français avait écrasé l’armée prussienne à Iéna et à Auerstaedt ; le roi avait quitté la capitale, et la ville s’était rendue. Napoléon arriva de l’ouest, car c’est d’ici que commençait le parcours cérémoniel sur Unter den Linden vers le palais royal.
Il restait plusieurs kilomètres jusqu’au palais, mais la frontière de Berlin passait ici. La porte de Brandebourg faisait partie du mur d’octroi de la ville. Dans les bâtiments latéraux se tenaient des gardes et des percepteurs de la taxe sur les marchandises importées, et les voyageurs étaient contrôlés. Le nom indiquait une direction : la route vers Brandebourg-sur-la-Havel partait d’ici. De vingt portes de ce mur, seules celles-ci subsistent.
Le roi Friedrich Wilhelm II chargea l’architecte Carl Gotthard Langhans de remplacer l’ancien modeste poste de passage par une entrée cérémonielle. En mille sept cent quatre-vingt-onze, elle fut inaugurée sous le nom de « porte de la Paix ». Deux ans plus tard, le sculpteur de la cour Johann Gottfried Schadow installa au sommet un quadrige de cuivre, un char attelé de quatre chevaux. La conductrice représentait la déesse de la paix entrant dans la ville.
Après l’arrivée de Napoléon, les vainqueurs eux-mêmes décidèrent d’en réécrire le sens. Des artistes berlinois demandèrent à l’empereur de laisser le quadrige à sa place ; il ordonna pourtant de l’envoyer à Paris comme prise de guerre. Dominique-Vivant Denon, directeur du musée napoléonien, qui accompagnait l’armée et sélectionnait des œuvres d’art pour la France, fut chargé du transport.
Le démontage du quadrige fut confié à Emanuel Ernst Jury, artisan spécialiste du cuivre à Potsdam. C’était lui qui, autrefois, avait martelé les chevaux dans des feuilles de cuivre d’après les modèles de Schadow et les avait assemblés au-dessus des portes. Jury reçut alors mille cinq cents thalers pour le travail inverse : démonter ses propres chevaux, les descendre au sol et les placer dans douze caisses. Le chargement fut transporté par barges via Hambourg. Il mit près de six mois à parvenir à Paris et y arriva endommagé.
Napoléon comptait placer le quadrige berlinois devant un temple à la gloire de sa Grande Armée. Il n’acheva pas ce temple et ne trouva pas non plus d’emplacement approprié pour le char. Après réparation, celui-ci fut laissé dans un entrepôt.
Huit ans plus tard, les armées alliées entrèrent dans Paris, Napoléon abdiqua et partit en exil sur l’île d’Elbe. Des envoyés prussiens retrouvèrent le quadrige et le ramenèrent à Berlin. En chemin, les gens accueillaient les caisses comme un trophée ; les Berlinois surnommèrent ce transport le « carrosse de retour ». Il manquait l’ancienne couronne de laurier, la lance et l’aigle : ils avaient disparu en France.
Le roi Friedrich Wilhelm III chargea l’architecte Karl Friedrich Schinkel de fabriquer de nouveaux insignes. Schinkel plaça une Croix de fer dans la couronne de chêne et posa au-dessus un aigle prussien. On commença à appeler la déesse de la paix Victoria, déesse de la victoire. Napoléon obtint ainsi un changement contraire à celui qu’il avait voulu : la figure qu’il avait emportée revint au même endroit avec les symboles de sa défaite.
Le quadrige original disparut à la fin de la Seconde Guerre mondiale ; il n’en subsiste qu’une tête de cheval en cuivre, aujourd’hui conservée au musée municipal. Une copie d’après-guerre est installée au-dessus des portes. Dans les mains de Victoria restent la couronne de chêne, la Croix de fer et l’aigle prussien, ajoutés après le retour de Paris. La place devant les portes, du côté d’Unter den Linden, s’appelle Pariser Platz depuis mille huit cent quatorze.
Sur place
Espace urbain ouvert ; le Tourist Info de l’aile sud a ses propres horaires ; si nécessaire, consultez visitBerlin.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Écoutez depuis le bord de la place, sans vous attarder dans les passages centraux. Faites le tour des portes pour les voir des deux côtés.
