Étape 4 sur 6

Casa Milà (La Pedrera)

L’histoire de la commande expliquera pourquoi une partie du décor conçu par l’architecte a disparu, tandis que la dédicace qui n’a jamais abouti est restée sur la façade.

10 min
Casa Milà (La Pedrera)
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • La façade de pierre ondulante
  • Les garde-corps de balcon en fer forgé
  • L’inscription sur le bord supérieur
  • La rose de pierre

L’histoire du lieu

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Les colonnes à l’intérieur de l’immeuble supportent le poids des planchers ; les espaces d’habitation pouvaient donc être divisés et transformés sans cloisons porteuses. Deux cours de lumière font parvenir l’air et la lumière du jour jusqu’aux pièces en profondeur. Les étages inférieurs furent réservés au commerce ; au-dessus se trouvaient les appartements des propriétaires et des locataires, ainsi que des ascenseurs et un garage. À l’extérieur, la vague de pierre à l’angle et les garde-corps de balcon en fer forgé ne révèlent guère cette organisation calculée.

Le nom officiel de cet immeuble est Casa Milà (La Pedrera), d’après le nom de Pere Milà, entrepreneur et homme politique barcelonais. Pourtant, ce n’est pas lui qui acheta le terrain. Le terrain et l’argent investi dans la construction appartenaient à son épouse, Roser Segimon : elle avait hérité de sa fortune de son premier mari, Josep Guardiola. Pere était issu d’une famille connue, travaillait dans la presse et en politique, mais c’est Roser qui administrait le principal capital du couple. L’immeuble resta également sa propriété jusqu’à sa vente, même si c’est le nom de son mari qui entra dans son appellation.

Les époux comptaient s’installer dans l’immense étage principal et louer les autres appartements. Il s’agissait d’un immeuble de rapport, avec des commerces au rez-de-chaussée, des logements pour les propriétaires et les locataires, des ascenseurs et un garage. Pere choisit Antoni Gaudí après avoir vu la Casa Batlló transformée et voulut un bâtiment encore plus grand. Gaudí reporta le poids des planchers sur des colonnes, libérant les appartements de murs porteurs : les cloisons pouvaient être modifiées selon les occupants. Deux grandes cours apportaient lumière et air aux pièces.

Mais l’architecte s’occupa aussi de chaque porte, plafond, sol et détail décoratif. Au-dessus de la partie d’angle de la façade, il conçut un groupe en bronze de quatre mètres : la Vierge à l’Enfant et deux archanges. La dédicace était liée au prénom de Roser. Le sculpteur Carles Mani eut le temps de réaliser un modèle en plâtre grandeur nature, mais les propriétaires refusèrent d’installer la statue. La raison n’est pas établie avec certitude. Selon une version, les époux n’apprécièrent pas la solution de Gaudí. Selon une autre, après la Setmana Tràgica de mille neuf cent neuf, lorsque des églises et des monastères brûlaient à Barcelone, ils jugèrent dangereux d’avoir un immense signe religieux sur leur propre immeuble.

Le refus de la statue fit partie d’une rupture plus profonde. Roser n’aimait pas l’aménagement de son appartement, et les époux ne versèrent pas à Gaudí le solde de ses honoraires — cent cinq mille pesetas. L’architecte cessa de diriger les travaux et ne signa le certificat d’achèvement de l’immeuble qu’en mille neuf cent douze. Il réclama ensuite son argent en justice. Le tribunal reconnut ses demandes, les propriétaires durent hypothéquer l’immeuble pour le payer, et Gaudí donna la somme reçue à des œuvres de charité.

Roser continua à vivre à l’étage principal. Après la mort de l’architecte, elle commanda la transformation des pièces selon son propre goût. Les ouvriers détruisirent plus de cinq cent trente mètres carrés de plafonds ouvragés, retirèrent le parquet et les persiennes, remplacèrent vingt portes et fenêtres. Dans la moitié de l’étage du côté du carrer de Provença, les plafonds de Gaudí furent préservés : ces pièces étaient louées et la propriétaire n’y vivait pas. Aujourd’hui, l’étage principal sert de salle d’exposition, tandis que les autres parties de l’immeuble abritent toujours des appartements, des bureaux et des commerces.

Le surnom La Pedrera signifie « la carrière » : c’est ainsi que les passants baptisèrent la masse ondulante et brute de la façade. Sur son bord supérieur subsiste une phrase commencée pour la statue qui ne fut jamais réalisée : « Réjouis-toi, Marie pleine de grâce, le Seigneur est avec toi. » Au milieu de l’inscription est sculptée une rose — symbole de la Vierge et prénom de Roser. La figure de bronze elle-même ne s’est jamais trouvée au-dessus.

Sur place

Temps sur place10 min
Point suivantPalau Baró de Quadras
Entréeavec billet ; extérieur libre

La Pedrera/Casa Milà fonctionne avec des créneaux de jour et des créneaux nocturnes distincts ; vérifiez les horaires saisonniers et la dernière entrée sur la page officielle des billets.

Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Contournez l’angle pour comprendre pourquoi l’immeuble n’a pas une façade principale unique. Le toit et l’aménagement intérieur ne se voient pleinement que lors d’une visite distincte ; depuis la rue, n’attendez pas davantage qu’une découverte extérieure.

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Où aller ensuite ?

Rejoignez l’Avinguda Diagonal et marchez vers la façade portant un blason sous un casque de pierre.

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Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Les maisons modernistes de l’Eixample » — 6 étapes, environ 1,5 km, 3 h 30 min.

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