Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La tour pyramidale de pierre
- Quatre cadrans d’horloge
- Le quai de pêche
- Les bâtiments de la criée
L’histoire du lieu
La tour pyramidale de pierre, avec ses quatre cadrans, se dresse près du quai de pêche en activité. Lorsque l’entrée du port fut déplacée plus loin vers la mer, sa lanterne de navigation s’éteignit, et la tour fut préservée après le démontage des bâtiments de service voisins. L’horloge installée à la place de la lanterne était d’abord destinée à un autre bâtiment portuaire, mais resta ici ; les ouvriers du port et les passants réglaient leur heure sur elle. Aujourd’hui, les prises sont déchargées derrière la tour et vendues à la criée.
Lorsque l’on alluma cette tour en mille sept cent soixante-douze, elle se dressait tout au bout de la jetée occidentale. Au-delà commençait la haute mer. La Barceloneta était alors un quartier récent, construit à côté d’un port en expansion. Sur la jetée, les marins présentaient leurs passeports, passaient le contrôle sanitaire et embarquaient un pilote portuaire, tandis que la lanterne de la tour indiquait l’entrée aux navires. Aujourd’hui, de nouveaux quais l’entourent, et le premier phare de Barcelone se retrouve profondément à l’intérieur du port.
Vingt ans plus tard, l’astronome français Pierre Méchain transforma ce phare en repère de mesure. La France révolutionnaire voulait remplacer la multitude des mesures locales par une unité commune, liée à la taille de la Terre. Le mètre fut défini comme un dix-millionième de la distance du pôle à l’équateur. On confia à Méchain la moitié sud du travail : une chaîne de mesures entre la ville de Rodez et Barcelone ; son collègue Jean-Baptiste Delambre dirigeait la moitié nord.
Il était impossible de mesurer tout le trajet au ruban. Les astronomes choisissaient des points élevés et immobiles, en formaient des triangles et calculaient les distances à partir des angles mesurés. À Barcelone, ces points furent Montjuïc, la tour de la cathédrale, l’une des tours de la Citadelle et le phare du port. Sa position convenait particulièrement bien : la tour de pierre se dressait au bord même de l’eau et était visible depuis différentes parties de la ville. En travaillant avec un cercle répétiteur, un instrument permettant de mesurer les angles avec une très grande précision, Méchain relia les points de Barcelone à une chaîne de sommets qui s’étirait vers les Pyrénées et plus au nord.
L’étalon futur dépendait de sa précision, et la précision était le métier grâce auquel il se faisait un nom et faisait vivre sa famille. C’est pourquoi un écart de trois secondes d’arc fut pour lui un désastre. Après avoir déterminé la latitude, d’abord à Montjuïc puis depuis le toit de l’hôtel Fontana de Oro, il obtint des résultats qui ne correspondaient pas à la distance entre ces points. Méchain chercha l’erreur, cessa d’écrire à ses collègues et retarda les calculs. De plus, la guerre éclata entre la France et l’Espagne : la frontière fut fermée, et l’astronome resta à Barcelone sous surveillance.
Ce n’est qu’en mille sept cent quatre-vingt-dix-huit qu’il remit les calculs à Delambre. Une commission internationale les vérifia pendant six mois et, en juin mille sept cent quatre-vingt-dix-neuf, un étalon de platine du mètre fut déposé aux archives de la République française. Méchain ne se résigna pourtant pas à ce travail inachevé. Il retourna en Espagne pour prolonger la chaîne de mesures le long de la côte vers les îles Baléares et, en mille huit cent quatre, mourut à Castellón de la Plana du paludisme qu’il avait contracté pendant les observations. D’autres achevèrent le travail, et l’ancien phare resta l’un des sommets conservés du premier réseau géodésique de Barcelone.
La lanterne s’éteignit en mille neuf cent quatre : le port avait déplacé l’entrée loin vers la mer, et un nouveau phare sur le Montjuïc guida les navires. On voulait démolir l’ancienne tour pour libérer de l’espace pour le commerce. Plusieurs membres du conseil de construction du port insistèrent pour la préserver ; les bâtiments de service environnants furent démontés, mais la pyramide de pierre fut laissée en place.
En mille neuf cent douze, l’horloger Josep Besses installa à la place de la lanterne une horloge à quatre cadrans. Elle avait été préparée pour le nouveau bâtiment du commandement maritime et placée ici provisoirement, mais on ne la transféra plus. Les ouvriers du port et les passants réglaient leur heure sur ces cadrans, et l’ancien phare reçut son nom actuel : Torre del Rellotge, la tour de l’Horloge.
Aujourd’hui, un passage vers le quai de pêche en activité commence à son pied. Depuis février deux mille vingt-cinq, le public y est de nouveau admis : derrière la tour, les pêcheurs déchargent leurs prises, et une vente aux enchères a lieu dans la nouvelle criée. Le phare de pierre ne montre plus le chemin aux navires ; les quatre cadrans sont restés à l’emplacement de la lentille près de laquelle Méchain intégra Barcelone à la mesure de la Terre.
Sur place
Arrêt à l’extérieur près du Moll de Pescadors ; l’accès aux zones portuaires peut changer selon les règles de l’administration du port, et l’entrée libre à l’intérieur de la tour n’est pas garantie.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.La tour s’observe de l’extérieur, au milieu d’un environnement portuaire en activité. Restez sur les zones piétonnes et ne franchissez pas les barrières de service pour obtenir un point de vue plus rapproché.
