Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Plaque horizontale portant le nom thaïlandais
- Inscription chinoise verticale
- Autel des trois Bouddhas
- Pavillon du premier abbé
L’histoire du lieu
Sous un même toit s’étire une enfilade de salles : à l’entrée se tiennent les quatre gardiens célestes, plus loin se trouve la salle principale avec trois Bouddhas, et derrière elle est aménagée la salle des maîtres. Cet ordre vient des temples du sud de la Chine et est conçu pour une résidence où les moines vivent en permanence, accomplissent des rites et transmettent l’enseignement. Au-dessus de l’entrée, deux inscriptions se lisent côte à côte : l’horizontale en thaï conserve le nom accordé au temple, la verticale chinoise garde l’ancien nom de Leng Nei Yi, qui réunissait le dragon, le lotus et le temple. Derrière la salle principale se trouve un pavillon consacré au premier abbé et à la première communauté monastique chinoise de ce quartier.
À l’autel de Tai Sui, les visiteurs déposent des feuillets portant leur nom et leur année de naissance. Ils confient ainsi leur destin pour l’année à venir à la divinité qui, selon le calendrier chinois, gouverne cette période. À la fin du cycle annuel, les moines accomplissent un rite de remerciement et brûlent les feuillets. C’est précisément pour cette « correction d’une année malheureuse » que nombre d’habitants de Bangkok viennent aujourd’hui à Wat Mangkon Kamalawat.
L’apparition ici de rites chinois est liée au moine Sok Heng. Il arriva du Guangdong et s’installa dans une salle abandonnée de Guanyin, non loin d’ici. Il n’avait ni monastère à lui ni moyens de subsistance. Les habitants chinois de Bangkok nourrissaient le moine par des aumônes, puis réunirent de l’argent, réparèrent la salle et y aménagèrent une petite résidence monastique. D’autres moines chinois commencèrent à rejoindre Sok Heng, et les anciens locaux se révélèrent trop petits.
En mille huit cent soixante et onze, le roi Chulalongkorn (Rama V) attribua au nouveau monastère un terrain près de Charoen Krung Road : quatre rais et dix-huit wa carrés, soit un peu plus d’un acre et demi. La direction de l’entreprise fut confiée à Phraya Choduek Ratchasethi. C’était le titre du chef du département portuaire de gauche : il était responsable du commerce avec la Chine, des jonques royales et des relations de la cour avec les marchands chinois. C’est pourquoi la tâche de réunir les bâtisseurs et les dons fut confiée à un homme qui connaissait précisément cette communauté et vivait de ses affaires commerciales.
Les fidèles chinois financèrent les travaux pendant huit ans. Ils édifièrent le monastère sur le modèle des temples du sud de la Chine : d’abord la salle des quatre gardiens célestes, puis la salle principale avec trois Bouddhas, et derrière elle la salle des maîtres. Cette succession montrait ce que les bâtisseurs voulaient obtenir. Le quartier commerçant avait besoin d’un lieu où les moines vivent en permanence, accomplissent des rites et transmettent leur lignée d’enseignement, et non d’un sanctuaire isolé que les laïcs ouvrent les jours de fête.
Lorsque la construction fut achevée en mille huit cent soixante-dix-neuf, Sok Heng fut invité à devenir le premier abbé. Le roi lui accorda le titre monastique thaïlandais de Phra Achan Chin Wang Samathiwat et le nomma premier chef de la communauté bouddhiste chinoise du Siam. Les moines venus d’ailleurs eurent un dirigeant reconnu, les fidèles une résidence permanente, et les abbés suivants une charge pouvant être transmise à un successeur. De là vient le voisinage actuel des trois Bouddhas, de Guanyin, de Tai Sui, des divinités de la guérison et de la prospérité : les personnes qui réunirent l’argent pour le temple y apportèrent toute leur vie religieuse.
Le premier nom de la résidence était en teochew : Leng Nei Yi. « Leng » signifie dragon, « nei » lotus et « yi » temple. Le nom officiel thaïlandais apparut plus tard. Le seize février mille neuf cent douze, le roi Vajiravudh (Rama VI) accorda au temple le nom de Wat Mangkon Kamalawat, la même paire, dragon et lotus, transposée en langue thaïlandaise.
Deux plaques différentes sont donc suspendues au-dessus de l’entrée. Sur l’horizontale, en thaï, figure le nom accordé par le roi. L’inscription chinoise verticale conserve l’ancien nom et la calligraphie de Sok Heng. Et derrière la salle principale se trouve le pavillon du premier abbé : un lieu distinct pour le moine que les commerçants chinois entretenaient autrefois près du sanctuaire abandonné, avant d’en faire le chef de leur propre communauté.
Sur place
Accès des visiteurs en journée ; les sources secondaires récentes indiquent généralement environ 08:00–16:00/17:00, mais vérifiez sur place les panneaux et les changements liés aux fêtes.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.La tenue doit convenir à un temple en activité. Ne traversez pas le chemin des processions, ne touchez pas aux offrandes et tenez compte du fait que la fumée d’encens peut être dense à l’intérieur.
