Étape 8 sur 9

Mosquée de Muhammed — Synyggala

Məhəmməd məscidi — Sınıqqala

Un seul minaret relie l’administration urbaine, un siège maritime et la légende d’une tempête soudaine.

17 min
La mosquée de Muhammed en pierre et son minaret cylindrique.
Diego Delso · CC BY-SA 4.0; cropped/resized for app; ShareAlike applies
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À remarquer

  • Entrée nord
  • Plaque à gauche de l’entrée
  • Ancienne maçonnerie du minaret
  • Achèvement restauré du minaret

L’histoire du lieu

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À gauche de la porte nord, le nom du commanditaire de cette mosquée est gravé dans la pierre. Muhammad, fils d’Abou Bakr, occupait à la fin du onzième siècle la fonction de raïs et administrait les impôts de la ville, le marché et les affaires commerciales. En ordonnant d’aménager ici un lieu de prière collective, il laissa son nom sur la façade ; c’est d’après cette inscription que la mosquée est considérée comme le plus ancien édifice islamique de Bakou dont l’époque de construction et le commanditaire sont connus. Dans la partie basse du minaret, on distingue l’ancienne maçonnerie ; au-dessus se trouve le sommet restauré plus tard.

À l’été mille sept cent vingt-trois, le général Mikhaïl Matiouchkine conduisit à Bakou des troupes auxquelles Piotr Ier avait ordonné d’occuper le port sur la mer Caspienne. L’empereur craignait que les Ottomans ne s’emparent de la ville auparavant. Matiouchkine présenta une lettre de l’ambassadeur persan et déclara qu’il était venu protéger Bakou des rebelles.

Le sultan de Bakou Muhammad Husayn Bey — tel était le titre du gouverneur de la forteresse — voulait conserver la ville pour le chah séfévide Tahmasp II. Il refusa d’ouvrir les portes : l’ambassadeur avait écrit sa lettre alors qu’il se trouvait déjà en Russie, et aucun ordre du chah lui-même n’avait été donné. Matiouchkine répondit en débarquant quatre bataillons et en bombardant depuis la terre et la mer.

Sept navires se placèrent en demi-cercle devant le rempart côtier. Le premier jour, les artilleurs tirèrent quatre-vingt-quatorze bombes sur Bakou. Le feu continua encore plusieurs jours. Un des projectiles frappa la partie supérieure du minaret de la mosquée de Muhammed — la tour depuis laquelle le muezzin appelait les habitants à la prière — et la fendit.

Dans la nuit précédant l’assaut prévu, un vent violent repoussa les navires loin du rivage. Les défenseurs profitèrent de ce répit pour colmater les brèches du rempart de la forteresse. Dans la tradition urbaine, cet épisode devint un châtiment immédiat : à peine le projectile eut-il frappé le minaret que la tempête emporta les assaillants vers la mer. Le récit d’un participant à l’expédition offre un dénouement moins heureux. Le matin, Matiouchkine envoya un nouvel ultimatum. Il savait que le mortier des brèches comblées à la hâte n’avait pas encore séché et menaça de n’épargner personne après l’assaut. Moins d’une heure plus tard, des drapeaux blancs apparurent sur les tours du bord de mer.

Le vingt-six juillet, Bakou capitula. Les soldats de Matiouchkine occupèrent les portes et les postes de garde, tandis que l’ancienne garnison fut admise au service de la Russie. Le général lui-même reçut un nouveau grade pour la prise de la ville. Muhammad Husayn Bey fut plus tard accusé d’entretenir une correspondance secrète avec les adversaires de la nouvelle garnison, arrêté et envoyé à Astrakhan avec ses trois frères et ses biens.

Les habitants appelèrent le minaret endommagé Synyggala, « la tour brisée », et ce nom passa à l’ensemble de la mosquée. La partie supérieure ne fut pas reconstruite avant le milieu du dix-neuvième siècle. L’achèvement actuel du minaret est déjà une réparation, mais son nom rappelle l’impact de mille sept cent vingt-trois.

L’autre nom de l’édifice est conservé par une plaque à gauche de l’entrée nord. L’inscription indique qu’en mille soixante-dix-huit ou mille soixante-dix-neuf, al-ustad ar-raïs Muhammad, fils d’Abou Bakr, ordonna la construction de la mosquée. Muhammad est ici le commanditaire, et non le prophète. Le raïs était le chef de la ville : il administrait les impôts, les marchés et les transactions commerciales. Il aménagea un lieu de prière dans la ville qu’il gouvernait et fit graver son nom sur la façade. L’inscription a survécu ; c’est pourquoi la mosquée est considérée comme le plus ancien édifice islamique de Bakou dont la date et le nom du commanditaire sont connus avec certitude.

Sur place

Temps sur place17 min
Point suivantLa tour de la Vierge, la place du Bazar et l’ancienne ligne de la mer Caspienne
Entréeextérieur ; intérieur selon les lieux

Accessible en permanence de l’extérieur ; aucun horaire régulier de visite touristique de l’intérieur n’est publié.

Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Un accès touristique régulier à l’intérieur n’est pas garanti ; organisez donc l’arrêt autour de l’observation extérieure. Respectez la fonction cultuelle du bâtiment et ne bloquez pas le passage étroit.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Descendez vers la tour de la Vierge et les arcs ouverts près de sa base.

Étape 8 sur 9Ensuite : La tour de la Vierge, la place du Bazar et l’ancienne ligne de la mer Caspienne

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Icheri Sheher avant le boom pétrolier » — 9 étapes, environ 1,6 km, 3 h 45 min.

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