Étape 1 sur 9

Double portail de la forteresse et hammam souterrain de Mirza Khan

Qoşa qala qapısı və Yeraltı hamam

Cette étape montrera comment, à la frontière terrestre de la ville, se jouaient les destins des souverains, des arrivants et du rempart lui-même.

22 min
Les deux arches de pierre du Double portail de la forteresse de Bakou.
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Les deux arches de pierre voisines
  • La maçonnerie claire de l’une des arches
  • Les salles dégagées du hammam, en contrebas de la rue
  • Les soubassements de pierre des coupoles démontées

L’histoire du lieu

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Autrefois, juste derrière les principales portes terrestres de Bakou, une halte obligatoire attendait les caravanes : les marchandises étaient inspectées, et les marchands comme les voyageurs étaient envoyés se laver. Les sabots des animaux de bât étaient enduits d’une composition résineuse dans l’espoir de protéger la ville de la contagion, tandis que les salles en contrebas du hammam conservaient une chaleur constante. Aujourd’hui, ses pièces se trouvent sous le niveau de la rue, parmi les soubassements de pierre des coupoles démontées. Les deux arches voisines appartenaient autrefois à des enceintes fortifiées différentes, et la maçonnerie claire de l’une d’elles garde la trace de leur réunion tardive.

À environ cent pas de ces portes, le matin du huit février mille huit cent six, les clés de Bakou devaient être remises. Le commandant en chef russe au Caucase, Pavel Tsitsianov, exigeait que ses troupes soient admises dans la forteresse. Le khan de Bakou, Huseyngulu Khan, défendait la ville et n’acceptait de capituler qu’après avoir négocié son propre sort.

Les notables de la ville se présentèrent d’abord devant Tsitsianov avec du pain, du sel et les clés. Le général accepta l’offrande, mais rendit les clés : le khan lui-même devait les remettre. Le gros du détachement resta près d’un puits, à une demi-verste des remparts, tandis que Tsitsianov s’approchait avec quelques compagnons. Pour lui, c’était une cérémonie de soumission de la ville. Pour Huseyngulu Khan, la remise signifiait la fin du khanat indépendant.

Le khan apparut avec sa suite et tendit les clés. À cet instant, les hommes qui se tenaient près de lui tirèrent sur Tsitsianov et sur le lieutenant-colonel Elizbar Eristov, qui l’accompagnait. Tous deux périrent. Les sources désignent différemment les tireurs et divergent sur le degré d’implication du khan lui-même dans le complot. La conséquence, elle, ne fait aucun doute : le détachement russe se retira de Bakou et le corps de Tsitsianov fut enterré près des portes.

Le répit dura quelques mois. À l’automne, le général Sergueï Boulgakov amena de nouvelles troupes à Bakou. Huseyngulu Khan quitta la ville et partit pour l’Iran qadjare. Bakou se rendit sans combattre, le khanat fut aboli et l’administration fut confiée à un commandant. Boulgakov ordonna de transférer les restes de Tsitsianov dans une église arménienne à l’intérieur de la forteresse ; ils furent ensuite envoyés à Tiflis. La tombe près des portes n’existe plus.

C’est alors que le destin du hammam, aujourd’hui dégagé près du passage, changea lui aussi. Les administrateurs militaires occupèrent le terrain pour l’administration du commandant. Le hammam fut fermé, ses coupoles furent démontées, ses salles encombrées de déchets et remblayées jusqu’au niveau du sol. Elles restèrent sous cette couche jusqu’aux travaux archéologiques de deux mille seize.

Avant sa fermeture, le hammam desservait la frontière même de la ville. Les douaniers inspectaient les caravanes arrivantes, puis envoyaient les marchands et les voyageurs se laver. Les sabots des animaux de bât étaient traités avec une composition résineuse que l’on considérait comme un moyen de désinfection. Ce n’est qu’ensuite que les personnes et les marchandises étaient autorisées à aller plus loin. C’est pourquoi le hammam fut installé juste derrière l’entrée terrestre principale, et une partie de ses salles fut dès l’origine creusée en contrebas : il était ainsi plus facile d’y maintenir une température constante.

Le voyageur ottoman Evliya Çelebi passa ici en mille six cent quarante-sept et nota le nom local : le hammam de Mirza Khan. Son témoignage confirme qu’au milieu du dix-septième siècle, il accueillait déjà des arrivants. Il ne devint entièrement souterrain que plus tard, à cause des coupoles démontées, des déchets et de deux siècles d’oubli.

Les deux arches voisines avaient alors elles aussi un autre aspect. Le portail de Chémakha se trouvait dans le mur intérieur et menait vers la route de Chémakha. À 10–12 mètres devant lui passait une seconde enceinte fortifiée, construite au début du dix-septième siècle par le souverain de Bakou Zulfugar Khan, sous le Chah Abbas. Son portail était appelé portail de Zulfugar Khan ou portail du Chah-Abbas. On franchissait successivement ces deux entrées.

À la fin du dix-neuvième siècle, la douma municipale de Bakou ordonna de démolir le rempart extérieur, qui empêchait l’expansion de Bakou. En mille huit cent quatre-vingt-six, les conseillers municipaux décidèrent de conserver son portail et de le placer près du portail de Chémakha. Les deux anciennes lignes de défense formèrent alors les arches du Double portail de la forteresse. La pierre de l’une d’elles est nettement plus claire : elle garde la trace du travail des artisans municipaux qui assemblèrent la paire actuelle après la disparition de la seconde enceinte.

Sur place

Temps sur place22 min
Point suivantLes caravansérails de Moultani et de Boukhara
Entréeextérieur ; hammam avec billet

Le Double portail de la forteresse est accessible en permanence ; le hammam souterrain de Mirza Khan est ouvert tous les jours de 10:00 à 18:00.

Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Comparez d’abord les portes depuis l’extérieur et depuis l’intérieur du rempart. Le hammam se visite séparément ; s’il est inaccessible, sa position en contrebas reste tout de même lisible depuis la rue.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Laissez les portes derrière vous et rejoignez les deux cours marchandes de la rue voisine.

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Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Icheri Sheher avant le boom pétrolier » — 9 étapes, environ 1,6 km, 3 h 45 min.

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