Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La fontaine
- Le bâtiment de l’ancien palais
- Les entrées du métro
L’histoire du lieu
Les Athéniens appellent souvent la place Syntagma simplement le centre. De grandes rues et des lignes de transports urbains y convergent, on se donne rendez-vous près de la fontaine, et l’on traverse la place pour rejoindre la rue commerçante Ermou. Mais son nom officiel signifie « Constitution » et vient d’une exigence autrefois adressée à un homme à la fenêtre au-dessus de la place.
Le premier roi de la Grèce indépendante, Othon, fut choisi en mille huit cent trente-deux par la Grande-Bretagne, la France et la Russie. Le prince bavarois de dix-sept ans arriva dans un pays où l’on n’était pas encore parvenu à s’entendre sur l’organisation de l’État. Les constitutions adoptées pendant la guerre d’indépendance n’étaient plus en vigueur. Lorsqu’Othon atteignit sa majorité, il continua à gouverner seul et rejetait les nouvelles demandes de constitution.
À l’été mille huit cent quarante-trois, le roi et la reine Amalia s’installèrent dans le nouveau palais. La place qui le précédait portait alors justement le nom de place du Palais. Le déménagement eut lieu le vingt-cinq juillet. Un peu plus de cinq semaines plus tard, des soldats armés se tenaient déjà sous les fenêtres.
À cette époque, l’État était plongé dans une grave crise de la dette : le gouvernement augmentait les impôts, réduisait les dépenses et, en mille huit cent quarante-trois, déclara son insolvabilité. Yánnis Makrygiánnis, vétéran de la guerre d’indépendance, réunissait des militaires et des hommes politiques qui réclamaient une constitution. Les conjurés prévoyaient d’agir plus tard, mais ils gardaient mal le secret. Le soir du deux septembre, des gendarmes encerclèrent la maison de Makrygiánnis.
Le colonel Dimítrios Kallérgis décida alors de ne pas attendre son arrestation. Il commandait la cavalerie d’Athènes et recevait une solde pour son service auprès du roi ; en cas d’échec, il perdait à la fois son grade et sa liberté. Kallérgis souleva la garnison et conduisit les soldats de Monastiráki vers le palais. Certains de ses détachements libérèrent des prisonniers politiques, d’autres occupèrent la Monnaie d’Athènes et la Banque de Grèce, d’autres encore arrêtèrent des ministres. Un détachement distinct rompit le cordon autour de la maison de Makrygiánnis et amena ses partisans ici, sur la place du Palais.
Othon envoya le ministre de la Guerre auprès des soldats, mais les insurgés l’arrêtèrent lui aussi. Le roi dut s’approcher de la fenêtre. En bas, à cheval, se tenait Kallérgis. Il exigea la convocation d’une assemblée nationale chargée de préparer une constitution, la démission des ministres et la tenue d’élections. Othon tenta d’inviter au palais les ambassadeurs des trois puissances qui l’avaient autrefois placé sur le trône grec. Kallérgis ne les laissa pas passer : c’était au roi lui-même de répondre.
Il n’y eut pas de bain de sang. Othon signa des décrets convoquant l’assemblée et nommant un gouvernement provisoire. Ce n’est qu’après l’annonce de ces décisions que les soldats et les habitants de la ville se dispersèrent. Lors des élections, les hommes grecs âgés de plus de vingt-cinq ans votèrent et, au printemps mille huit cent quarante-quatre, l’assemblée adopta la constitution du royaume. Elle maintenait Othon sur le trône : il continuait à nommer les ministres et à participer à l’adoption des lois, mais une chambre élue et un sénat apparurent à ses côtés.
Kallérgis reçut une médaille, devint commandant militaire d’Athènes et entra dans l’assemblée constitutionnelle. Deux ans plus tard, il quitta l’armée et partit de Grèce. Othon resta roi pendant encore dix-neuf ans, jusqu’à ce qu’un nouveau soulèvement le contraigne à quitter le pays.
L’ancien palais royal d’Athènes a été conservé ; le Parlement hellénique y siège désormais. Le nom de place du Palais a disparu. Sur les plaques de rue et aux entrées du métro est resté le mot que les soldats criaient sous ces fenêtres : « Syntagma », « Constitution ».
Sur place
Place urbaine ouverte ; des manifestations, des fermetures et des événements sont possibles.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.En cas de manifestation, restez à distance de la foule compacte et des cordons de sécurité ; pour le récit, un point sûr avec vue sur le Parlement hellénique suffit.
