Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Façade néoclassique de la gare
- Église de la Pantanassa sous le niveau de la place
- Mosquée Tzistarakis
- Tranchée ferroviaire à ciel ouvert
L’histoire du lieu
Le nom de la place est issu de la petite église de la Pantanassa, qui se tient légèrement plus bas que la chaussée. Elle fut autrefois l’église principale d’un monastère de femmes connu sous le nom de Grand Monastère ; peu à peu, il ne resta du monastère qu’une seule église. Le nom diminutif s’attacha d’abord au quartier, puis à la place et à la station. Tout près, la façade néoclassique de l’ancienne gare est conservée, et les trains de la première ligne circulent toujours dans la tranchée à ciel ouvert sous la place.
Sur la place, on se retrouve, on change de ligne puis l’on se disperse aussitôt dans différentes directions : vers l’Acropole d’Athènes, le marché, la rue Ermou ou Psyrí. C’est la gare ferroviaire qui a imposé cette organisation. Avant son arrivée, le commerce occupait déjà les îlots près de la mosquée Tzistarakis et de la bibliothèque d’Hadrien, mais il fallait encore y conduire le flux des passants.
Depuis mille huit cent soixante-neuf, le train venant du Pirée n’amenait les voyageurs que jusqu’à Thissío. Au-delà commençait le centre d’Athènes, mais la locomotive à vapeur gravissait mal la pente. L’entrepreneur Stefanos Psychas prit la tête d’une société créée spécialement pour cela : il voulait prolonger la ligne à travers Monastiráki jusqu’à la place Omónia. Si l’ancienne Société des chemins de fer Athènes–Le Pirée n’acceptait pas la ligne achevée, la société de Psychas se retrouverait avec une coûteuse tranchée, un tunnel et deux gares inutiles.
Les ingénieurs commencèrent les travaux en mille huit cent quatre-vingt-neuf. Près de l’Agora antique d’Athènes, ils creusèrent une profonde tranchée, puis firent passer un tunnel sous la ville. Pour la station Monastiráki, ils rachetèrent des terrains privés ; comprenant que les constructeurs ne pouvaient plus reculer, les propriétaires exigeaient de fortes indemnités. Le coût initial de l’ensemble de l’entreprise atteignit trois millions de drachmes.
En mille huit cent quatre-vingt-treize, la voie était prête et la société de Psychas exigea l’ouverture du trafic. Les inspecteurs de l’ancienne société ferroviaire refusèrent : l’écart entre les voies dans le tunnel était insuffisant pour leurs voitures, et les stations Monastiráki et Omónia ne respectaient pas, selon eux, le contrat. Les constructeurs saisirent la justice. La cour d’appel d’Athènes ordonna d’accepter la ligne et fixa une amende pour chaque jour de retard. La société ferroviaire obtint l’annulation de cette décision, et le litige fut envoyé devant un autre tribunal. Afin de ne pas laisser les fonds investis sous terre, les parties conclurent un nouvel accord : les constructeurs corrigeraient les défauts, l’exploitant ferait circuler les trains.
Le dix-sept mai mille huit cent quatre-vingt-quinze, le premier train passa par Monastiráki. Une locomotive tirait les voitures, une autre les poussait par derrière. Les Athéniens qui se tenaient au-dessus de la tranchée saluaient les voyageurs par des plaisanteries sur un voyage vers l’au-delà : le chemin de fer souterrain était une expérience entièrement nouvelle pour la ville. Le train atteignit Omónia sans encombre, et le vieux bazar reçut un flux permanent de voyageurs venus du port et du centre. En mille neuf cent quatre, la ligne fut électrifiée et, en deux mille trois, on y aménagea une correspondance avec la troisième ligne du métro.
La première station fut appelée « Monastirion ». Le nom venait de l’église de la Pantanassa, qui se tient au milieu de la place, plus bas que le niveau actuel de la chaussée. Au dix-septième siècle, c’était l’église principale d’un monastère de femmes appelé le Grand Monastère. Le monastère se réduisit peu à peu à une seule église, et les Athéniens se mirent à dire « Monastiráki » — « petit monastère ». Ce nom diminutif passa au quartier, à la place et à la station.
La gare néoclassique de mille huit cent quatre-vingt-quinze est conservée. Sous ses panneaux actuels, les trains de la première ligne circulent encore dans le corridor que les deux compagnies ferroviaires avaient accepté d’adopter après des années de litige.
Sur place
La place est ouverte en permanence ; les boutiques suivent leurs propres horaires, et le véritable marché aux puces s’anime tout particulièrement le dimanche. Mosquée Tzistarakis/MNEP : tous les jours sauf le mardi, 09:30–16:30, dernière entrée à 16:10.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.La place est animée et bruyante : choisissez un endroit au bord du flux, surveillez vos affaires et observez les édifices religieux sans gêner les visiteurs.
