Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Meurtrières de la tour
- Escaliers de pierre dans l’épaisseur des murs
- Voûtes de la poudrière du kremlin d’Astrakhan
- Cour de l’Artillerie fermée
L’histoire du lieu
Officiellement, la tour s’appelle la tour de l’Artillerie, mais son ancien nom astrakhanien est différent : la tour de la Torture. Au début du dix-septième siècle, sous le voïvode de la ville Ivan Khvorostinine, qui administrait Astrakhan et obtenait des aveux des accusés, on commença ici à mener des enquêtes judiciaires avec torture. Le premier niveau fut transformé en cachot de pierre, et une partie des meurtrières fut murée. C’est de là que vient le nom donné à la tour par les habitants.
Mais elle avait été construite pour les canons. Quinze meurtrières sont aménagées sur quatre niveaux, et des escaliers de pierre passent dans l’épaisseur des murs. La tour est sans passage : elle ne possède aucune porte traversante. À côté se trouvait une cour de l’Artillerie clôturée, ou Zeleïny dvor. À cette époque, zelié désignait la poudre. Dans la poudrière, sous d’épais voûtes de pierre, on gardait des barils de poudre, et dans la cour, les armes et les autres provisions.
À l’été mille six cent soixante-dix, cet aménagement fut utilisé conformément à sa destination première. L’ataman du Don Stepan Razine mena une armée contre Astrakhan et avait l’intention de prendre la ville. Une partie des streltsy d’Astrakhan passa de son côté, et les cosaques pénétrèrent dans le kremlin. Presque toute la garnison se dispersa, mais un petit détachement s’enferma dans la tour de la Torture : des hommes de service du prince kabarde Kaspoulat Moutsalovitch et deux canonniers russes. Le prince lui-même n’était pas là. Ses hommes se trouvaient à Astrakhan pour le service et tentaient alors de tenir la dernière section du mur qu’ils défendaient.
La foule assiégea la tour jusqu’à midi. Les défenseurs n’avaient plus de plomb, et ils se mirent alors à charger leurs fusils avec des pièces d’argent. Les monnaies remplacèrent les balles tant qu’il resta de la poudre. Quand elle fut elle aussi épuisée, les hommes ouvrirent la tour et tentèrent de se frayer un passage hors de la ville avec des armes blanches. Ils furent rattrapés et tous tués. Après cela, les cosaques occupèrent la tour.
Il ne reste ici aucune des pièces d’argent tirées depuis ses meurtrières. Les niveaux de pierre, les escaliers à l’intérieur des murs et la poudrière du kremlin d’Astrakhan voisine ont été conservés. La poudrière abrite aujourd’hui une exposition muséale sur le mécanisme du tir, dans cette cour même où les défenseurs de la tour n’eurent d’abord plus de balles, puis plus de poudre.
Sur place
Le territoire et les vues extérieures sont accessibles sur place ; les objets muséaux du kremlin sont accessibles selon les horaires du musée.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.L’exposition sur les châtiments corporels peut être difficile pour les enfants et les visiteurs sensibles. Considérez la visite de l’intérieur comme une partie muséale distincte, et non comme une condition obligatoire de l’itinéraire.
