Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Les cinq coupoles de la cathédrale
- La galerie ouest
- La plate-forme circulaire en pierre
- Le large escalier
L’histoire du lieu
Le onze mai mille six cent soixante et onze, le métropolite Iossif célébrait la liturgie dans la cathédrale de la Dormition lorsque des cosaques vinrent le chercher. Le sanctuaire à cinq coupoles n’existait pas encore devant eux. Au même endroit se dressait la précédente cathédrale en pierre, de plain-pied.
Un an plus tôt, les détachements de Stepan Razine avaient occupé Astrakhan. Razine était parti en remontant la Volga, tandis que la ville était administrée par les atamans qu’il avait laissés et par le cercle cosaque, une assemblée qui prenait les décisions communes. Iossif s’efforçait de convaincre les habitants de renoncer à la révolte et de demander pardon au tsar Alekseï Mikhaïlovitch. Il lisait publiquement les lettres du tsar promettant la clémence, écrivait sur le Don et le Terek pour persuader les cosaques de ne pas soutenir les partisans de Razine.
Iossif mettait aussi en péril ses propres biens. Le siège épiscopal d’Astrakhan était notamment entretenu par les revenus des pêcheries de la Volga. Avant même la prise de la ville, les hommes de Razine avaient pillé l’outchoug appartenant au métropolite, une grande exploitation de pêche : ils avaient emporté du caviar, du poisson, du pain, des bateaux, des filets et des gaffes. On l’accusait alors d’avoir, par ses lettres, fait renoncer les cosaques du Don et du Terek à aider les insurgés.
En entendant l’ordre de se présenter devant le cercle, Iossif fit sonner la grande cloche de la cathédrale. Il sortit à la rencontre des cosaques en habits pontificaux, accompagné du clergé, et les appela de nouveau à mettre fin à la révolte. Ses paroles étaient déjà perçues comme une menace directe. On dépouilla le métropolite de ses habits, on le conduisit à la cour de la poudre et on le tortura au-dessus du feu pour lui faire révéler les lettres et le trésor de l’Église.
Après la torture, Iossif fut conduit au Raskat. C’est ainsi qu’on appelait une haute plate-forme près d’une tour, où l’on installait des canons. Un ancien manuscrit rapporte que le métropolite fut assis au bord, face à la cathédrale de la Dormition. Il s’agrippa à un cosaque qui se tenait à côté de lui et faillit l’entraîner dans sa chute. Le cosaque fut retenu, Iossif fut couché sur le côté puis précipité.
Une heure plus tard, des prêtres rapportèrent le corps dans la cathédrale. Le lendemain, on y célébra un office funèbre, et le dixième jour, Iossif fut enterré dans l’église. Les atamans cosaques ne gardèrent Astrakhan que jusqu’à la fin de l’automne : la ville se rendit aux troupes du tsar. L’un des principaux chefs de la révolte, Fiodor Cheloudiak, fut exécuté l’année suivante. Iossif lui-même fut plus tard canonisé.
L’actuelle cathédrale fut construite près de quarante ans après sa mort. L’église supérieure fut consacrée en mémoire de la Dormition de la Mère de Dieu, sa mort, que la tradition ecclésiale appelle dormition, c’est-à-dire endormissement. L’église inférieure servait de sépulture aux évêques d’Astrakhan.
À la même époque, on ajouta à la galerie ouest une plate-forme circulaire en pierre, munie d’un large escalier : le Lobnoïe mesto. Ce nom venait du nom évangélique du Golgotha. Dans les villes russes, on appelait ainsi une tribune surélevée : on y proclamait les décrets et les importantes nouvelles d’État, et on y exécutait aussi les châtiments publics. À Astrakhan, une telle plate-forme fut reliée directement à la cathédrale.
Le rapport exact entre l’actuel Lobnoïe mesto et le Raskat demeure controversé. Selon une version, la plate-forme de pierre fut érigée sur les fondations de l’ancienne tour. Selon une autre, le Raskat se trouvait à trente à trente-cinq mètres à l’ouest de la cathédrale, là où se trouvent aujourd’hui une pelouse et le chemin menant au bâtiment du Consistoire. Les archéologues n’ont pas trouvé de fondations convaincantes de la tour.
Le Raskat et l’ancienne cathédrale n’existent plus. Dans l’église inférieure du bâtiment qui a pris sa place se trouve une châsse contenant les reliques d’Iossif. La plate-forme circulaire extérieure apparut plus tard et n’est pas considérée comme le lieu prouvé de sa chute.
Sur place
Accès libre à l’extérieur selon les horaires du site ; l’accès intérieur dépend des horaires de l’église en activité et des règles du musée.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Depuis l’extérieur, le lien entre l’église et la tribune d’État est bien visible. À l’intérieur, respectez les règles de la cathédrale en activité ; l’accès à l’église inférieure peut être limité.
