Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- L’arche de l’entrée principale
- La signature de Lucas Poblete
- Le maître-autel
- Les pièces conservées de l’ancienne cathédrale
L’histoire du lieu
Le long corps de la cathédrale occupe le bord nord de la place. Il fut allongé lorsque les constructeurs incorporèrent une partie de l’église voisine de San Juan, détruite par un tremblement de terre. Sur le côté subsistent des murs construits dès le dix-septième siècle, et le nom du maître local Lucas Poblete est gravé sur l’arche au-dessus des portes. À l’intérieur se trouve un autel de marbre et de bronze, que les proches de l’évêque payèrent plus tard.
Cette église est appelée cathédrale parce qu’elle abrite le siège de l’archevêque d’Arequipa. Il y préside les principales célébrations de l’archidiocèse d’Arequipa ; lors d’une messe particulière, il consacre les huiles qui sont ensuite distribuées dans les paroisses. La cathédrale est dédiée à l’Assomption de Marie : les Espagnols fondèrent Arequipa le quinze août, jour de cette fête, et marquèrent alors d’une croix l’emplacement de l’église principale.
Le premier décembre mille huit cent quarante-quatre, la grande cloche de la cathédrale sonna l’alarme. Le maître-autel avait pris feu. Les flammes gagnèrent les rideaux et les retables en bois, ces structures d’autel sculptées. Les habitants accoururent sur la place. Hommes et femmes apportèrent de l’eau dans des cruches et des tonneaux, puis détournèrent vers les nefs l’eau d’un canal d’irrigation voisin. L’incendie fut arrêté, mais, à l’intérieur, quatorze retables, le chœur, deux orgues, des portraits d’évêques et une collection de reliques avaient déjà brûlé. Les sources n’ont conservé aucune explication fiable sur l’origine de l’incendie de l’autel.
Deux semaines plus tard, l’évêque José Sebastián de Goyeneche ordonna de commencer à déblayer les gravats. Il devait rendre le plus vite possible au diocèse son église principale. Goyeneche pouvait payer lui-même : il était issu de l’une des plus riches familles d’Arequipa, dont la fortune avait grandi grâce au commerce et à la propriété foncière. Pour les premiers travaux, l’évêque alloua vingt mille pesos et continua de couvrir les dépenses sur ses fonds personnels. Son frère Juan Mariano, négociant et propriétaire foncier, prit la direction du chantier et, selon le témoignage d’un journal local, cessa presque de s’occuper de ses propres affaires.
L’évêque proposa de financer seul toute la nouvelle construction. Le gouvernement refusa, invoquant le patronage national, la prétention de la jeune république à participer à l’administration des affaires de l’Église. Les fonctionnaires créèrent un comité de construction et donnèrent de l’argent pour les autels, mais les frères Goyeneche assumèrent tout de même l’essentiel des dépenses.
Ils espéraient conserver le corps de pierre qui avait survécu. En septembre mille huit cent quarante-six, une partie de l’ancien bâtiment et deux colonnes s’effondrèrent. Il fallut alors démolir presque tout, à l’exception des murs latéraux et d’une partie déjà construite. Le travail technique fut confié au maître d’Arequipa Lucas Poblete. Il allongea l’église en occupant l’emplacement de l’église voisine de San Juan, détruite par un tremblement de terre antérieur. C’est ainsi que la cathédrale s’étendit sur tout le côté nord de la place.
En mai mille huit cent quarante-huit, Poblete acheva les nouvelles voûtes. La décoration se poursuivit encore pendant de nombreuses années. Goyeneche commandait en Europe des objets liturgiques pour remplacer ceux qui avaient disparu ; ses proches financèrent plus tard le maître-autel de marbre et de bronze. L’évêque lui-même partit en mille huit cent cinquante-neuf diriger l’archidiocèse de Lima, et les travaux intérieurs d’Arequipa furent achevés deux ans après son départ.
La signature de Lucas Poblete est encore visible sur l’arche de l’entrée principale. Derrière cette arche se trouve l’autel financé par la famille Goyeneche, et, dans les pièces latérales, subsistent des parties de la cathédrale du dix-septième siècle que l’incendie et le démontage qui suivit n’ont pas détruites.
Sur place
Musée : lundi–samedi 10:00–16:15 ; fermé le dimanche. L’accès à l’église dépend des offices.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.L’histoire principale se lit depuis la place. L’intérieur et le musée se visitent séparément ; pendant un office, ne faites pas le tour de l’église et ne gênez pas les paroissiens.
