Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Trois niveaux de gradins
- Passages voûtés
- Orchestre
- Galeries latérales près de la scène
L’histoire du lieu
À la place de la façade à plusieurs étages disparue au-dessus de l’orchestre, le ciel est aujourd’hui ouvert, mais trois niveaux de sièges de pierre montent toujours le long du versant abrupt de Jabal al-Joufa. Au deuxième siècle, les Romains construisirent ou considérablement agrandirent le théâtre pour des représentations et des assemblées urbaines ; ses gradins pouvaient accueillir jusqu’à six mille habitants de l’ancienne Philadelphie. Le versant donnait aux places de spectateurs la pente nécessaire, et les passages voûtés près de la scène et sous les sièges répartissaient la foule entre les niveaux, l’orchestre et la scène.
En mille huit cent soixante-dix-huit, plusieurs centaines de Circassiens chapsougues s’installèrent dans les galeries latérales de ce théâtre. L’Empire russe les avait expulsés du Caucase du Nord ; de nombreuses familles avaient d’abord été réinstallées dans les Balkans ottomans et, après la guerre russo-turque de 1877-1878, elles durent de nouveau chercher un foyer. Des fonctionnaires ottomans dirigèrent les Chapsougues vers Amman, presque abandonnée, leur attribuèrent des terres et comptaient sur les colons pour renforcer la route entre Damas et Médine.
À cette époque, le théâtre se dressait ici depuis environ dix-sept siècles. Il fut construit ou considérablement agrandi au deuxième siècle, sous l’empereur Antonin le Pieux : c’est ce qu’indique une inscription grecque de construction qui se trouvait autrefois sur la façade, près de la scène. Six mille spectateurs pouvaient assister à des représentations et à des cérémonies urbaines. Le versant de Jabal al-Joufa offrit aux constructeurs la pente abrupte nécessaire aux rangées de sièges, et les passages voûtés permettaient de répartir un important flux de personnes entre les niveaux, l’orchestre et la scène. Au dix-neuvième siècle, la façade de scène à plusieurs étages avait disparu, la partie basse était ensevelie sous la terre, mais les galeries restaient un abri utilisable.
Les Chapsougues arrivèrent ici comme paysans et éleveurs. Ils avaient besoin d’eau, de terres arables et d’un toit avant de pouvoir récolter leur première moisson. Le ruisseau de la vallée permettait de cultiver des légumes et des arbres fruitiers ; les voûtes de pierre procuraient des pièces temporaires. Le village faillit se dissoudre : en mille huit cent soixante-dix-neuf, il ne restait ici qu’environ cent cinquante personnes. Ceux qui ne partirent pas construisirent des maisons sur les pentes. Les murs furent d’abord assemblés en briques séchées, puis en pierre ; des blocs prélevés dans les ruines romaines entraient aussi dans la maçonnerie. Des charpentiers circassiens fabriquaient des toits de bois et des charrettes avec lesquelles les familles transportaient les récoltes.
Puis de nouveaux groupes de colons arrivèrent. Les habitants défrichaient les champs, vendaient des terres, ouvraient des ateliers et des boutiques. Au début du vingtième siècle, la gare du chemin de fer du Hedjaz attira ici des marchands venus des villes voisines. Lorsque Abdallah Ier choisit Amman comme capitale du nouvel émirat en mille neuf cent vingt et un, une ville issue d’un village agricole circassien existait déjà autour du théâtre romain d’Amman.
Les voûtes latérales près de la scène sont conservées. Elles abritent aujourd’hui le Musée jordanien des Traditions populaires et le Musée jordanien du Folklore, tandis que des concerts et des cérémonies ont de nouveau lieu sur l’espace à ciel ouvert. Les premières maisons de l’Amman moderne tenaient à l’intérieur d’une construction conçue pour six mille habitants de l’ancienne Philadelphie.
Sur place
Les horaires officiels du théâtre et de l’odéon d’Amman varient selon la saison : ouverture généralement à partir de 8:00, fermeture vers 16:00 en hiver, plus tard pendant la saison chaude, et 9:00–17:00 pendant le ramadan ; vérifiez les vendredis et les jours fériés.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Les marches sont hautes et parfois irrégulières ; il n’est pas nécessaire de monter jusqu’en haut pour comprendre l’échelle du lieu. Pendant la préparation d’événements, certains secteurs peuvent être inaccessibles.
