Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Salle d’entrée sous coupole
- Vasque circulaire du réservoir
- Escalier de pierre
- Colonne au centre du réservoir
L’histoire du lieu
Derrière le hall d’entrée commençait le quartier du palais, où se tenaient les réceptions ; au-delà se trouvaient une cour, les maisons des fonctionnaires et des proches, une mosquée, des locaux commerciaux et un bain. La coupole au-dessus de l’entrée fut ajoutée lors d’une restauration moderne. Plus à l’est se trouve la vasque circulaire à ciel ouvert du réservoir, où l’eau de pluie était collectée par des canaux, en passant par un bassin de décantation, pour l’établissement situé en hauteur. Dans la vasque vide, on voit encore le revêtement imperméable, les marches pour nettoyer le fond et l’ancien fût de colonne qui servait à mesurer la réserve d’eau.
En sept cent quarante-quatre, Sulayman ibn Hicham s’échappa de la forteresse au sommet d’Amman : c’était un prince omeyyade et un commandant expérimenté que le nouveau calife considérait comme un dangereux rival. Sulayman ne partit pas les mains vides : une chronique médiévale rapporte qu’il emporta les fonds de l’État conservés à Amman. On y trouvait la résidence du gouverneur de la province, le trésor et une prison pour des hommes capables de lever leur propre armée.
Le complexe fut construit vers l’an sept cent trente, sous le père de Sulayman, le calife Hicham ibn Abd al-Malik. Hicham tenta d’écarter l’héritier désigné et de transmettre le trône à l’un de ses fils. Lorsque, en sept cent quarante-trois, l’ancien héritier désigné, al-Walid II, devint tout de même calife, il voulut assurer le trône à ses deux fils mineurs et commença à éliminer les proches qui faisaient obstacle à ce projet.
Sulayman était particulièrement gênant. Il commandait des expéditions et entretenait, grâce aux revenus de ses domaines, un détachement personnel de plusieurs milliers de soldats, principalement des musulmans non arabes. Al-Walid ordonna que son cousin soit fouetté et emprisonné à Amman. Le châtiment de ce commandant populaire ajouta des adversaires au calife. Au printemps de l’an sept cent quarante-quatre, les conspirateurs s’emparèrent de Damas ; al-Walid s’enfuit, fut rattrapé et tué. Sulayman sortit de prison, prit le trésor d’Amman et commanda bientôt les troupes du nouveau calife : il vainquit les partisans d’al-Walid qui marchaient de Homs sur Damas.
Ces proches appartenaient à la famille des Omeyyades, d’où le nom actuel du complexe. Leurs califes gouvernaient l’État depuis Damas, tandis qu’ici le gouverneur administrait la région autour d’Amman. La salle sous coupole servait d’entrée cérémonielle et de lieu de réception. Derrière elle se trouvaient une cour, les maisons des fonctionnaires et des proches, une mosquée, des locaux commerciaux et un bain.
Un tel établissement au sommet avait besoin de sa propre réserve d’eau. À l’est du palais, les constructeurs bâtirent un réservoir circulaire à ciel ouvert, profond d’environ six mètres et d’un diamètre de plus de dix-sept mètres et demi. Il contenait environ mille trois cents mètres cubes. L’eau de pluie y descendait par des canaux, en passant par un bassin de décantation ; les murs et le fond furent recouverts d’un enduit imperméable. Au centre, on plaça un ancien fût de colonne antique, qui servait à surveiller le niveau de l’eau. L’escalier de pierre était destiné aux personnes qui, avant la saison des pluies, devaient descendre au fond et retirer à la pelle les sédiments apportés par l’eau.
Le tremblement de terre de sept cent quarante-neuf fit s’effondrer une grande partie du palais. Les gouverneurs ultérieurs ne restaurèrent que certains bâtiments. Les archéologues n’ont pas déterminé la pièce exacte où Sulayman fut détenu, et la coupole au-dessus du hall d’entrée fut ajoutée lors d’une restauration moderne. Dans le réservoir vide, on voit encore l’ancien revêtement imperméable, les marches destinées aux nettoyeurs et la colonne qui servait autrefois à mesurer la réserve d’eau. Sulayman emporta le trésor hors de la forteresse ; la colonne de pierre qui servait à mesurer le niveau de l’eau est restée.
Sur place
Le tableau officiel varie selon la saison : en général à partir de 8:00, jusqu’à 16:00 en hiver, jusqu’à 17:30–18:30 pendant la saison chaude, pendant le Ramadan 9:00–17:00 ; les vendredis et jours fériés peuvent être plus courts.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Distinguez la reconstruction en bois de la maçonnerie ancienne. Près de la citerne, regardez où vous mettez les pieds et ne franchissez pas les barrières : son ampleur se lit bien d’en haut.
