Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Salles voûtées
- Passages entre les salles
- Bassin hexagonal vide
- Aile résidentielle de l’ancien restaurant
L’histoire du lieu
Aux bains persans de Hamamni, des habitants de la ville qui n’appartenaient pas à la famille du sultan pouvaient venir contre paiement ; auparavant, les grands hammams étaient aménagés près des palais. On s’y changeait d’abord, on se faisait raser et on rencontrait des connaissances, avant de passer par les salles tièdes jusqu’à la chaleur et à l’eau froide. Les ouvriers d’en bas surveillaient le four, tandis que l’air chauffé et l’eau se répartissaient par des canaux cachés sous le sol. Le bassin subsistant, à six côtés, et les passages sous les voûtes révèlent encore l’organisation des anciens bains.
Quelques années avant l’apparition de ces bains, Edward Steere a consigné la manière dont les habitants de la ville de Zanzibar se procuraient de l’eau douce. Les puits urbains donnaient une eau saumâtre. Des femmes embauchées s’éloignaient de deux à trois kilomètres de leurs maisons, remplissaient des cruches rondes en argile aux sources hors de la ville et les rapportaient sur la tête. Dans la maison de la mission, on employait huit de ces porteuses d’eau pour le seul transport de l’eau.
Le sultan Barghach ben Saïd, monté sur le trône en mille huit cent soixante-dix, ordonna d’acheminer en ville l’eau de sources situées à l’extérieur. Un aqueduc, un réservoir et des robinets publics apparurent. Les bains persans de Hamamni relevaient du même changement : c’était le premier complexe de bains de l’île de Zanzibar où pouvaient venir des personnes qui n’appartenaient pas à la famille du sultan. Auparavant, les grands hammams étaient construits près des palais.
Barghach fit venir l’architecte iranien Haji Ghulam Hussein. C’est pourquoi les bains sont appelés persans. Ghulam Hussein les conçut de façon que le visiteur traverse toute une succession d’activités. Dans les salles d’entrée, on se changeait, on se faisait raser par le barbier et on rencontrait des connaissances. Plus loin, un couloir menait à une salle tiède, puis aux salles chaudes et à l’eau froide. Le complexe comportait des toilettes, des fontaines, un bassin hexagonal et un restaurant.
En bas, les ouvriers entretenaient le feu dans le four, tandis que l’eau et l’air chaud circulaient par des canaux cachés. Sans leur travail, les salles voûtées seraient restées des salles de pierre. Le visiteur payait l’entrée ; les habitants aisés de la ville étaient donc les principaux à pouvoir utiliser régulièrement Hamamni. Des heures différentes étaient réservées aux hommes et aux femmes : au cours de la journée, les mêmes vestiaires, le bassin et les salles accueillaient deux groupes distincts de visiteurs.
Les bains fonctionnèrent environ jusqu’aux années mille neuf cent vingt. La raison de leur fermeture n’est pas établie avec certitude. L’eau cessa d’être acheminée, le four fut éteint et des habitants occupèrent une partie du complexe. L’ancien restaurant et certains locaux voisins devinrent des maisons privées.
« Hamamni » signifie en swahili « lieu des bains ». Ce nom désignait d’abord ce complexe, puis il passa à la rue et à tout le quartier. Il n’y a plus d’eau dans les salles conservées ; il reste les voûtes, les passages entre la partie froide et la partie chaude, ainsi que le bassin hexagonal vide. Derrière le mur de l’aile de l’ancien restaurant vivent aujourd’hui des familles.
Sur place
Ouverts tous les jours approximativement de 08:00 à 18:00. Les horaires exacts varient ; autrefois, des créneaux distincts étaient réservés aux femmes et aux hommes, aujourd’hui c’est un site touristique.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.L’accès à l’intérieur peut varier ; si le bâtiment est fermé, il suffit de l’observer depuis la rue. N’essayez pas de passer par les parties résidentielles ou de service.
