Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Cadran rond
- Socle blanc
- Câble électrique au-dessus des horloges
L’histoire du lieu
Le cadran rond sur son socle blanc se trouve au bord de la route menant au palais du sultan, près du marché, du fort et de la résidence du principal chef néerlandais. Les habitants néerlandais de la ville ont installé les horloges pour l’administration coloniale, mais une heure commune fut aussitôt nécessaire aux militaires comme aux commerçants. Auparavant, les rendez-vous étaient ici rapportés au soleil et aux heures de prière ; le cadran de rue permit de les fixer avec davantage de précision. C’est ainsi que le nom de Tugu Ngejaman s’est peu à peu attaché à tout le carrefour.
Lorsque l’horloge fonctionnait avec un ressort, un abdi dalem — un serviteur du Kraton de Yogyakarta chargé d’entretenir le mécanisme — venait régulièrement la voir. Il remontait le ressort à la main : si l’échéance était dépassée, le cadran rond au-dessus du socle blanc devenait une enseigne immobile. Aujourd’hui, les aiguilles sont actionnées par l’électricité, et le câble arrive aux horloges par le haut.
Le premier nom officiel était néerlandais : Tugu Ngejaman, c’est-à-dire « l’horloge de la ville ». En mille neuf cent seize, la communauté néerlandaise de Yogyakarta les offrit à l’administration coloniale pour le centenaire du retour de Java sous administration néerlandaise.
Le motif était né loin de Yogyakarta. Lorsque la France napoléonienne soumit les Pays-Bas, les troupes britanniques occupèrent Java. Après la défaite de Napoléon, les diplomates convinrent de rendre l’île aux Néerlandais et, en mille huit cent seize, la période britannique de cinq ans prit fin. Cent ans plus tard, les Néerlandais célébrèrent ici cet événement par un objet qui servait en même temps à la ville.
L’emplacement fut choisi sur la route principale menant au Kraton de Yogyakarta, devant la résidence du plus haut fonctionnaire colonial. À proximité se trouvaient le marché de Beringharjo, le fort Vredeburg et une église protestante. Un seul cadran donnait une heure commune aux fonctionnaires, aux militaires et aux commerçants. Les montres-bracelets restaient un luxe coûteux.
Auparavant, les habitants ne vivaient pas du tout sans mesure du temps. Ils divisaient la journée selon l’aube, midi, le soir et les heures de prière. Mais le cadran de rue introduisait une autre précision : un commerçant du marché pouvait désormais fixer un rendez-vous selon le chiffre indiqué par l’horloge, et non selon la position du soleil. Le fonctionnement du mécanisme offert par les Néerlandais à leur administration exigeait la main d’un serviteur de la cour javanaise.
Le nom de Tugu Ngejaman est né de l’usage quotidien : c’est ainsi que l’on s’est mis à appeler l’endroit près des horloges. Margomulyo est le nom de la rue qui passe ici, traduit par « chemin vers la gloire » ; les horloges en ont reçu leur nom officiel actuel. Le ressort intérieur n’existe plus, l’inscription commémorative du jubilé néerlandais n’est plus visible sur le socle, mais tout le carrefour porte toujours le nom de Tugu Ngejaman.
Sur place
Espace urbain ouvert ; visite possible à toute heure, de préférence à la lumière du jour.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Observez les horloges depuis le trottoir et ne vous attardez pas sur la chaussée. Le cadran est intéressant comme repère urbain, mais il ne doit pas nécessairement vous servir de chronomètre exact.
