Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Clôture de briques
- Terrain de parade
- Commandant's House
- Bâtiments de la caserne
L’histoire du lieu
Sur la carte, c’est 8th Street SE. Son tronçon commerçant a reçu le nom de « Barracks Row » parce qu’il fait face au poste le plus ancien encore en activité du Corps des Marines des États-Unis. Derrière la clôture de briques, les Marines vivent, assurent le service de garde et se préparent aux cérémonies. On y trouve un orchestre, une compagnie de garde d’honneur, un peloton de manœuvres silencieuses et une unité qui porte les cercueils lors des funérailles militaires. Au centre du complexe se trouve toujours le terrain de parade.
Cette proximité entre la caserne, le Capitole des États-Unis et le Washington Navy Yard avait été prévue à l’avance. Au printemps de mille huit cent un, le président Thomas Jefferson et le lieutenant-colonel William Ward Burrows, deuxième commandant du jeune corps, parcouraient à cheval un Washington encore presque vide. Burrows avait besoin d’un lieu permanent pour l’état-major et les soldats. Ils choisirent ce terrain près du Washington Navy Yard : d’ici, on pouvait rejoindre rapidement le Capitole des États-Unis en marchant au pas.
Le bien-fondé de ce calcul fut mis à l’épreuve treize ans plus tard. Le vingt-quatre août mille huit cent quatorze, l’armée britannique marchait sur Washington. Le capitaine Samuel Miller, officier de carrière du Corps des Marines, fit sortir de cette caserne environ cent hommes et les mena vers Bladensburg, où passait la route menant à la capitale. Sa mission était simple et presque désespérée : retarder l’ennemi pendant que le commandement américain tentait de rassembler une défense.
La plus grande partie de la milice se replia dès le début de la bataille. Restèrent en position les marins du commodore Joshua Barney, commandant naval qui couvrait la route avec des canons, et les hommes de Miller. Lorsque les conducteurs emmenèrent à l’arrière les chariots de munitions de réserve, il ne resta aux artilleurs que des charges pour deux ou trois tirs. Les Marines repoussèrent plusieurs attaques, puis l’infanterie britannique les contourna par la droite. Un soldat tira sur Miller presque à bout portant et lui brisa le bras gauche. Barney, blessé, ordonna de saboter les pièces d’artillerie et de se replier, sans quoi le reste du détachement aurait été encerclé.
Les Marines ne tinrent pas la route. Beaucoup furent tués ou blessés, et Miller fut transporté à l’hôpital naval. Il survécut et reçut une promotion honorifique pour sa bravoure. Les Britanniques entrèrent dans Washington et incendièrent le Capitole des États-Unis, la Maison-Blanche et d’autres bâtiments gouvernementaux.
Le feu ne détruisit pas le complexe de la caserne. Selon une tradition du Corps des Marines, le général Robert Ross, qui commandait les forces terrestres britanniques, ordonna de l’épargner par respect pour la résistance des hommes de Miller. Aucun document portant un tel ordre n’a été retrouvé ; la raison demeure donc une tradition. Une autre chose est certaine : après la prise de la ville, la caserne et la Commandant's House étaient intactes.
Les anciens bâtiments furent toutefois plus tard démolis et remplacés par les bâtiments actuels entre mille neuf cent et mille neuf cent sept. Du complexe d’origine, seule subsiste la Commandant's House, au bord nord de l’îlot, achevée en mille huit cent six. Le chef du Corps des Marines des États-Unis y vit encore aujourd’hui. C’est bien la maison autour de laquelle est née la tradition de l’ordre du général Ross.
Sur place
La rue est accessible en permanence ; les parades du soir du Corps des Marines ont lieu presque chaque vendredi de mai à août, commencent à 20:45, sont gratuites et nécessitent une réservation ; les portes ferment avant le début.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.C’est une installation militaire en activité : observez-la depuis le trottoir public et ne comptez pas sur une entrée libre. Les parades publiques et les cérémonies musicales exigent une vérification distincte des conditions de visite.
