Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Deux atlantes de bronze
- Globe terrestre doré
- Figure de la Fortune avec une voile
- Cube de béton à l’intérieur
L’histoire du lieu
Punta della Dogana signifie « cap de la Douane ». En mille quatre cent quatorze, les conseillers vénitiens y transférèrent la douane maritime : l’emplacement précédent, près de l’Arsenal de Venise, ne pouvait plus contenir les cargaisons qui arrivaient. Le cap se trouvait entre le bassin Saint-Marc, le Canal Grande et le canal de la Giudecca. Les douaniers pouvaient arrêter un navire avant que sa marchandise ne se répartisse dans les entrepôts et les boutiques de la ville.
En mille cinq cent trente-deux, Yunus Bey, premier interprète à la cour du sultan ottoman et son envoyé à Venise, tenta de contourner ce système. C’était déjà sa quatrième venue. Des marchands se joignirent à la suite de Yunus et lui confièrent leurs marchandises : en faisant passer la cargaison pour les biens de l’envoyé, ils pouvaient éviter le droit de douane. En échange du service, ils promirent une rémunération à Yunus.
Le calcul reposait sur sa position. Yunus transmettait les instructions du sultan et, après son retour, racontait à la cour comment il avait été traité à Venise. Les sénateurs s’efforçaient de ne pas l’offenser. Les douaniers exigèrent néanmoins de voir les marchandises, découvrirent à qui elles appartenaient et prélevèrent le droit de douane sur Yunus. Après cela, il se plaignit de l’inspection et de l’accueil, et les sénateurs le considérèrent comme un homme qui cherchait toute occasion de gagner de l’argent. Ils devaient préserver leurs relations avec l’envoyé, mais la cargaison des marchands ne fut pas exonérée.
Yunus passa par un complexe douanier plus ancien. Le bâtiment actuel ne fut achevé qu’en mille six cent quatre-vingt-deux. Au-dessus de sa tour, deux atlantes de bronze soutiennent un globe terrestre doré, sur lequel se tient la Fortune pivotante avec une voile. À l’époque de Yunus, ces figures n’étaient pas encore là. De cette histoire subsistent le lieu exact du contrôle et le nom même : le navire entrait dans la partie commerciale de Venise en passant devant la Dogana da Mar.
Les douaniers quittèrent ces locaux à la fin des années quatre-vingt du vingtième siècle. Les entrepôts restèrent vides plus de deux décennies, jusqu’à ce que la ville lance un concours pour aménager un centre d’art contemporain. Le collectionneur François Pinault proposa un projet de Tadao Ando ; la Fondation Solomon R. Guggenheim présenta un projet de Zaha Hadid. En mille neuf cent sept, la ville choisit Pinault. Il finança la restauration du bâtiment et obtint un espace d’exposition pour sa collection.
Ando retira les cloisons tardives, mit au jour les murs de brique et les charpentes en bois, renforça les fondations contre l’humidité et les hautes eaux. Au centre du bâtiment triangulaire, il installa un cube de béton lisse haut de deux étages. Après quatorze mois de travaux, en juin deux mille neuf, l’ancienne douane maritime ouvrit comme musée. Désormais, des expositions temporaires se succèdent derrière ses murs, et le cube de béton occupe le milieu des entrepôts où les douaniers examinaient autrefois les cargaisons arrivées.
Sur place
Accessible de l’extérieur comme espace urbain ; les expositions ne sont ouvertes que durant les périodes actuellement en vigueur de Pinault Collection.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Le cap et l’aspect extérieur de la douane peuvent être observés librement, tandis que les expositions nécessitent une visite distincte. Près de l’eau, la pierre peut être mouillée ; ne vous approchez pas du bord pour prendre une photo.
