Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Façades de palais
- Façade du palais de la Generalitat
- Perspective de la rue vers le quartier de la cathédrale
- Plaque de la rue des Caballeros
L’histoire du lieu
Le nom Caballeros signifie chevaliers et nobles : au seizième siècle, les familles aristocratiques choisissaient cette zone légèrement surélevée pour y établir leurs demeures. Les façades de palais et celle du palais de la Generalitat maintiennent la rue dans le cercle de l’ancien pouvoir, tandis que sa proximité avec la cathédrale et le conseil municipal en faisait un passage cérémoniel commode pour les hôtes de haut rang. Lorsque le Turia débordait dans les bas-fonds près du marché et des quartiers artisanaux, cet itinéraire restait au-dessus de l’eau et reliait le Tossal au quartier de la cathédrale.
Le vingt et un mai mille cinq cent vingt, une procession solennelle s’arrêta au Tossal. Diego Hurtado de Mendoza, nommé gouverneur de Valence par le roi, se rendait à la cathédrale pour entrer en fonctions. Il devait y passer par la rue des Caballeros. Guillem Sorolla, tisserand de laine et chef des artisans de la ville, força la procession à prendre une autre direction.
Un an auparavant, durant une épidémie, de nombreux fonctionnaires et nobles avaient quitté Valence. Les corporations artisanales, autorisées à s’armer pour se défendre contre les attaques de pirates, s’étaient unies dans la Germania, une confrérie armée. Son Conseil des Treize, composé d’un représentant de chacune des plus grandes corporations, exigea que les artisans soient admis aux fonctions municipales. Sorolla gagnait sa vie en tissant et avait obtenu du roi une première reconnaissance de ce conseil. Il risquait désormais de perdre à la fois sa place dans l’administration municipale et sa liberté : Mendoza avait reçu la mission secrète de pousser les Treize à démissionner et d’annuler les concessions qu’ils avaient obtenues.
La rue par laquelle le gouverneur comptait se rendre à la cathédrale indiquait déjà de quel côté il se rangeait. Caballeros signifie chevaliers et nobles. Au seizième siècle, les familles aristocratiques y concentrèrent leurs demeures et donnèrent son nom à la rue. Elles choisissaient cette zone légèrement surélevée : lors des crues du Turia, l’eau inondait plus souvent les bas-fonds autour du marché et des quartiers artisanaux. D’ici, la cathédrale, le conseil municipal et le palais de la Generalitat étaient tout proches. C’est habituellement par la rue des Caballeros, ornée pour l’occasion, que l’on faisait passer les gouverneurs et les autres hôtes de haut rang.
Sorolla modifia la cérémonie. Les hommes de la Germania ne laissèrent pas Mendoza avancer tout droit et le conduisirent par la Bolsería et la place du Marché, là où les artisans vivaient et travaillaient. Les habitants avaient été préparés à l’accueillir. Le gouverneur dut voir les corporations armées avant d’atteindre la cathédrale. Le refus de le laisser passer par la rue des nobles était un avertissement : le Conseil des Treize n’avait pas l’intention de disparaître sur ordre.
Mendoza répondit en refusant de reconnaître à la fois le Conseil et les titulaires de charges municipales élus avec sa participation. Il menaça les artisans de sanctions. Des affrontements commencèrent ; les hommes de Sorolla s’emparèrent de la résidence du gouverneur, et Mendoza s’enfuit de Valence avec sa famille. Il réunit ensuite ses détachements aux troupes des grands nobles et revint. À la fin de mille cinq cent vingt et un, la ville capitula. Sorolla fut arrêté, exécuté et écartelé, et sa tête fut exposée à l’angle de l’ancienne Casa de la Ciutat.
Depuis le Tossal, la rue des Caballeros mène toujours au quartier de la cathédrale. Les palais des familles dont elle tire son nom et la façade du palais de la Generalitat y subsistent. Le lien même entre la porte, la rue des nobles et la cathédrale est resté inchangé : c’est précisément par là que l’on ne laissa pas le gouverneur passer ce jour-là.
Sur place
La plupart des détails sont bien visibles depuis la rue, mais les cours intérieures et les espaces de musée peuvent avoir un accès distinct. Considérez les entrées des logements et des services comme des espaces privés.
