Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Façades blanchies à la chaux
- Toits plats
- Grilles en fer
- Écrans de bois
L’histoire du lieu
La rue Habib Thameur longe le versant de Sidi Bou Saïd, de la gare à la partie haute du village, où se trouve la mosquée. Elle rassemble ceux qui montent, tandis que les maisons d’habitation se prolongent dans les ruelles latérales. Les murs blancs, les toits plats, les grilles en fer et les écrans de bois forment ici une rangée de façades presque ininterrompue. Le nom figurant sur la plaque vient d’un médecin lié au mouvement tunisien pour l’indépendance.
De la gare à la partie haute de Sidi Bou Saïd, presque tous empruntent une même montée. C’est donc ici que les commerçants ont exposé céramiques, tissus, cages métalliques et autres marchandises destinées aux visiteurs. Les ruelles latérales mènent aux maisons d’habitation, tandis que cette rue accueille le principal flux de passants et conduit à la mosquée. Au début de l’année mille neuf cent quarante-trois, on l’appelait encore la rue de la Mosquée.
L’aspect de cette rangée commerciale fut déterminé par une décision prise avant l’apparition des boutiques de souvenirs. Au début du vingtième siècle, l’artiste et chercheur de La Musique arabe Rodolphe d’Erlanger s’installa sur la colline. Il s’efforçait d’empêcher les nouveaux propriétaires de transformer la partie ancienne du village selon leur goût. Son ami et intermédiaire était Omar Bakhouche : il coordonnait le projet avec le bey, monarque tunisien de l’époque, et l’administration du protectorat français de Tunisie.
Le six août mille neuf cent quinze, Naceur Bey approuva le décret qu’ils avaient préparé. Il était interdit aux propriétaires de modifier le tracé des rues, la forme des toits plats et la configuration des façades. Les murs devaient être blanchis à la chaux ; il fallait conserver le style des portes, des fenêtres, des balcons, des grilles en fer et des écrans de bois. Même les réparations devaient être approuvées. Pour les habitants, cela constituait une restriction directe : on ne pouvait pas transformer sa propre maison sans autorisation. Pour d’Erlanger, c’était l’accomplissement du projet pour lequel il avait fait appel à Bakhouche et aux fonctionnaires.
Le décret maintint en place le tracé de la rue et ses façades, mais l’ancien nom ne se maintint pas. Plus tard, la montée reçut le nom de Habib Thameur, médecin et dirigeant du mouvement alors interdit Néo-Destour, qui œuvrait à libérer la Tunisie du protectorat français de Tunisie.
Thameur étudia la médecine à Toulouse et exerçait une profession qui lui permettait de gagner sa vie. Après l’arrestation des dirigeants du Néo-Destour en mille neuf cent trente-huit, il prit la tête du bureau clandestin du parti. Trois ans plus tard, il fut arrêté alors qu’il tentait de franchir la frontière libyenne, et un tribunal militaire le condamna à vingt ans d’emprisonnement. La guerre interrompit cette peine : Thameur fut libéré, reprit la direction du parti, puis représenta le mouvement tunisien à l’étranger.
À la fin de l’année mille neuf cent quarante-neuf, il fut envoyé à Karachi à un congrès économique international. Au retour, l’avion s’écrasa au Pakistan ; Thameur mourut avec les autres délégués. Il ne vécut pas jusqu’à l’indépendance de la Tunisie. Sur une photographie de mille neuf cent quarante-trois, cette montée est légendée « rue de la Mosquée ». La plaque actuelle au-dessus porte le nom du médecin qui reçut une peine de vingt ans pour son activité clandestine.
Sur place
La rue est ouverte en tant qu’espace public. Les boutiques, galeries et cafés suivent des horaires privés ; il n’existe pas d’horaire unique et stable.
Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Allez lentement : le revêtement est lisse par endroits, et l’activité commerciale ainsi que le flux venant en sens inverse rétrécissent le passage. N’observez les seuils et les cours privés que depuis la rue.
