Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Façade principale
- Affiches de théâtre
- Entrée de la cour
- Fenêtres du dernier étage
L’histoire du lieu
Derrière la façade principale, des spectacles dramatiques se jouent depuis plus d’un siècle. Le Théâtre Roustavéli porte le nom de Chota Roustavéli, poète médiéval dont un seul poème nous est parvenu : Le Chevalier à la peau de panthère. Au dernier étage se trouvaient autrefois des pièces d’habitation, et, à l’intérieur, on a réuni un musée avec des affiches, des manuscrits et des notes de répétition.
Dans la cour de ce théâtre, on a un jour allumé un bûcher de démonstration. Le conservateur du musée du théâtre, Estaté Bériashvili, reçut l’ordre de détruire tout ce qui était lié au metteur en scène Sandro Akhmeteli. Bériashvili jeta au feu de vieux journaux et magazines. Il cacha les documents d’Akhmeteli au sous-sol.
Des spectacles dramatiques sont joués dans ce bâtiment depuis mille neuf cent un. Le vingt-cinq novembre mille neuf cent vingt et un, le Théâtre dramatique géorgien fut baptisé Théâtre Roustavéli. Chota Roustavéli est un poète géorgien du Moyen Âge, auteur du Chevalier à la peau de panthère. De son œuvre, seul ce poème est conservé, mais cela suffit pour que la principale scène dramatique géorgienne porte le nom de son auteur.
En mille neuf cent vingt-deux, Sandro Akhmeteli arriva ici : c’était un metteur en scène qui exigeait des acteurs un jeu collectif précis et construisait ses spectacles sur le rythme, le mouvement et les scènes de foule. En mille neuf cent vingt-six, il devint l’unique directeur du théâtre. Ici, Akhmeteli mit en scène Anzor, Lamara et Les Brigands de Schiller. Lors d’une présentation théâtrale de toute l’Union, à Moscou, sa troupe reçut des invitations à partir en tournée à l’étranger.
Le théâtre était pour le metteur en scène à la fois un travail et une maison. Akhmeteli vivait au dernier étage du bâtiment avec sa femme, l’actrice Tamara Tsouloukidzé-Akhmeteli. Avec son soutien, un musée ouvrit à l’intérieur en mille neuf cent trente-deux ; on y rassemblait des affiches, des manuscrits et des notes de répétition.
La police politique surveillait déjà la troupe depuis plusieurs années. Son chef géorgien était Lavrenti Beria. Sur son ordre, la tournée étrangère du théâtre fut annulée. Beria utilisa ensuite la querelle d’Akhmeteli avec deux acteurs principaux : il exigea qu’ils retrouvent leur ancienne position dans la troupe, mais le metteur en scène refusa. Lors d’une réunion, les acteurs critiquèrent Akhmeteli, sans toutefois proposer son renvoi. La décision fut tout de même prise.
Le treize septembre mille neuf cent trente-cinq, Akhmeteli fut démis de ses fonctions. Sur l’affiche du quatorze septembre, son nom figurait encore à côté du nom du théâtre ; sur l’affiche du seize septembre, il n’y était déjà plus. Le metteur en scène dut quitter à la fois son bureau et son appartement du dernier étage. Il partit à Moscou et commença à travailler dans un autre théâtre.
Un an plus tard, Akhmeteli fut arrêté et amené à Tbilissi. Après des mois de tortures physiques et psychologiques, il signa des aveux d’espionnage et de préparation de l’assassinat de dirigeants du parti. Les accusations étaient fabriquées. À l’été mille neuf cent trente-sept, Akhmeteli et quatre employés du Théâtre Roustavéli furent fusillés. Tamara Tsouloukidzé-Akhmeteli fut condamnée à dix ans de prison. En mille neuf cent cinquante-six, l’affaire fut classée en l’absence de crime.
Après l’arrestation du metteur en scène, les employés du musée reçurent l’ordre de détruire ses archives. C’est pourquoi Estaté Bériashvili alluma le bûcher dans la cour. Il sortait peu à peu du théâtre les documents cachés et les conservait chez lui. Vingt ans plus tard, les archives revinrent ici.
La collection du musée du théâtre comprend les notes de répétition, les esquisses, les lettres et les livres d’Akhmeteli. On y conserve aussi une photographie de la troupe dont les visages du metteur en scène et des artistes fusillés ont été découpés, ainsi qu’une poupée fabriquée par Tamara Tsouloukidzé pendant son emprisonnement.
Sur place
façade accessible depuis la rue ; intérieur — selon la programmation en cours et sur présentation d’un billet
Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.La façade est accessible sans billet. Ne regardez les intérieurs et la scène que dans le cadre d’un spectacle ou d’une visite officielle.
