Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Figure en bronze de Pierre Ier
- Longue-vue
- Canne
- Inscription sur le piédestal
L’histoire du lieu
Pour le bicentenaire de Taganrog, la douma municipale décida d’ériger une statue en bronze au fondateur de la ville. Le sculpteur Marc Antokolski fournit pour elle un modèle déjà achevé, tandis que les habitants réunissaient des dons pour le bronze, le piédestal et le transport. La première fonte fut ratée ; la figure fut donc réalisée de nouveau et transportée à Taganrog via Marseille et Théodosie. Le haut piédestal au bord du cap porte la statue pour laquelle les habitants de Taganrog avaient réuni de l’argent.
Dans la main gauche de la statue en bronze de Pierre Ier se trouve une longue-vue, dans la droite une canne. Le sculpteur l’a tournée face au port. L’inscription sur le piédestal associe le nom de l’empereur à l’année de fondation de Taganrog.
Pierre Ier se retrouva sur ce cap après un échec militaire. Lors de la première campagne d’Azov, les troupes russes ne parvinrent pas à maintenir depuis la mer le blocus de la forteresse turque. Le tsar ordonna de construire une flottille, prit Azov lors de la seconde campagne d’Azov, mais les navires avaient besoin de leur propre port : le Don peu profond ne convenait pas à une grande base.
En juillet mille six cent quatre-vingt-seize, Pierre Ier longea le rivage avec des militaires et des ingénieurs, à bord d’embarcations à rames. Ils comparèrent deux caps et choisirent le haut promontoire rocheux de Tagan-Rog. Deux ans plus tard, le tsar ordonna d’aménager ici un débarcadère pour les navires de guerre et, au-dessus, une forteresse. Autour des chantiers grandit la ville de la Trinité sur Tagan-Rog, le futur Taganrog. Le port en contrebas et la ville sur le cap apparurent à la suite de cette décision ; c’est pourquoi Pierre Ier est nommé fondateur sur le piédestal.
Près de deux siècles plus tard, le médecin sanitaire Pavel Iordanov reçut de la douma municipale la mission d’ériger un monument au fondateur pour le bicentenaire de Taganrog. La ville ne disposait pas de la somme nécessaire : l’argent fut réuni par des dons. Iordanov demanda à son ancien camarade de lycée, l’écrivain Anton Tchekhov, de trouver un sculpteur à Paris et de convenir d’un travail que la ville pourrait payer.
Anton Tchekhov choisit une statue déjà existante de Marc Antokolski. Le sculpteur l’avait créée en mille huit cent soixante-douze et accepta de fournir gratuitement le modèle, laissant à la ville les frais du bronze, du piédestal et du transport. Anton Tchekhov recueillait des dons auprès des habitants de Taganrog à Moscou, Saint-Pétersbourg et Paris, tandis que Marc Antokolski surveillait la fonte. Le premier exemplaire en bronze fut raté ; le maître ordonna de recommencer le travail. La seconde figure fut livrée à Taganrog via Marseille et Théodosie en mille neuf cent un. Elle resta ensuite encore deux ans dans un entrepôt ferroviaire, pendant qu’Iordanov obtenait l’achèvement du piédestal et de l’emplacement.
Anton Tchekhov proposait d’installer Pierre Ier au-dessus de la mer. Il remarqua que Marc Antokolski avait modelé les cheveux et les pans du caftan comme si un vent venant du côté du visage de la statue les repoussait. La mer devait donc se trouver devant Pierre Ier. La douma municipale choisit un emplacement près du jardin municipal, rue Petrovskaya. En mai mille neuf cent trois, Iordanov y inaugura le monument achevé. Marc Antokolski n’avait pas vécu jusqu’à ce jour, et Anton Tchekhov, gravement malade, ne put venir à Taganrog ; un an plus tard, il mourut lui aussi.
En mille neuf cent vingt-quatre, la figure en bronze fut retirée du piédestal. Elle fut conservée à la bibliothèque Tchekhov, dans la cour et dans les salles du musée d’histoire locale. En mille neuf cent trente-deux, on projetait d’envoyer le monument à la fonte, mais les habitants de Taganrog s’adressèrent à Stepan Vardanian, dirigeant du comité municipal du parti, et celui-ci obtint l’annulation de sa destruction. Après de nouveaux déplacements, Pierre Ier fut définitivement installé en mille neuf cent quarante-huit à l’extrémité du cap, là où Anton Tchekhov voulait le voir. La longue-vue dans la main gauche de la figure en bronze est toujours dirigée vers le port pour lequel Pierre Ier avait choisi Tagan-Rog.
Sur place
Square municipal ouvert sans billetterie ; les accès peuvent être temporairement limités par l’entretien du site ou des travaux.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Faites le tour du monument et trouvez le point où la figure en bronze se détache avec la haute berge et le port.
