Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La colonnade de la façade
- L’escalier de marbre
- La salle à double hauteur
- Les vitrines du musée avec des reliques familiales
L’histoire du lieu
La colonnade dissimule une grande maison de ville conçue pour la vie d’une famille, les réceptions et une nombreuse domesticité. Les marches de marbre menaient à une haute salle éclairée sur deux niveaux, tandis que les pièces abritaient une bibliothèque, des tableaux, des instruments de musique et une cave à vin. Plus tard, la société des marchands s’y réunissait, puis le bâtiment se mit à abriter la mémoire de la ville dans des vitrines de musée.
Derrière les colonnes du palais se trouve le Musée d’histoire locale : ses salles racontent l’histoire de Taganrog et de la région de la mer d’Azov, des anciens établissements jusqu’au vingtième siècle. Le nom sur l’enseigne est celui de Nikolaï Dmitrievitch Alferaki, propriétaire terrien, fonctionnaire et collectionneur qui fit construire cette maison pour sa famille.
Alferaki tirait des revenus de ses terres, de maisons de ville et de locaux commerciaux. En mille huit cent quarante-huit, il commanda à l’architecte de Saint-Pétersbourg Andreï Stackenschneider un palais dans l’actuelle rue Frounzé, alors appelée rue Catholique. Les seuls travaux de décoration durèrent encore plusieurs années. Lorsque la famille finit par s’y installer depuis Saint-Pétersbourg, plus de cent tableaux, sept pianos à queue et pianos droits, des meubles, une bibliothèque, des équipages et une cave à vin d’environ huit mille bouteilles arrivèrent avec elle sur des chariots tirés par des chevaux. Pour faire fonctionner cette maison, Alferaki fit venir un cuisinier, un pâtissier, un jardinier, un menuisier, un cocher et d’autres employés ; beaucoup voyageaient avec leurs femmes et leurs enfants.
Nikolaï Alferaki ne vécut ici qu’environ trois ans. En mille huit cent soixante, il mourut d’une maladie du foie, laissant sa femme, Lioubov Kouzminitchna, avec ses fils et cette immense maison. Trois ans plus tard, elle dut recevoir un hôte pour lequel les organisateurs municipaux avaient précisément choisi ce palais.
Nicolas Alexandrovitch, âgé de dix-neuf ans, arriva à Taganrog : c’était le tsarévitch, c’est-à-dire l’héritier du trône russe. Sa mère, l’impératrice Maria Alexandrovna, se sentit souffrante et resta sur le vapeur qui se tenait au mouillage dans la rade. On prépara les pièces du palais Alferaki pour le fils de l’impératrice.
Le tsarévitch arriva vers une heure de l’après-midi. Au petit déjeuner, le fils aîné de l’hôtesse, Dmitri Alferaki, était assis avec lui. Ensuite, l’héritier regarda les tableaux, conversa avec le jeune maître de maison et joua au billard avec quelqu’un de son entourage. Après le déjeuner organisé par la ville, il revint au palais pour boire du thé. Lioubov Kouzminitchna lui présenta alors ses fils cadets.
Derrière cette réception se trouvait le travail de personnes dont les noms disparaissent habituellement de l’histoire des palais. Le cuisinier de la famille, Radin, était chargé de la table de l’héritier. En partant, Nicolas Alexandrovitch ordonna qu’on remette à Radin une épingle en diamant et laissa de l’argent au reste de la domesticité. À la famille, il offrit son grand portrait photographique portant une dédicace de remerciement et la tasse dans laquelle il avait bu du thé.
Il ne devint jamais empereur. Au printemps mille huit cent soixante-cinq, le tsarévitch mourut à Nice d’une méningite tuberculeuse ; son frère cadet Alexandre devint l’héritier. Des décennies plus tard, Sergueï Alferaki, fils d’Alferaki, écrivit que son frère Akhille continuait à conserver le portrait dédicacé et la tasse.
Ce même Akhille, présenté adolescent au tsarévitch dans cette maison, devint plus tard maire de Taganrog, dirigeant élu de la ville. À ce moment-là, les héritiers avaient déjà vendu le palais au marchand Negroponte, et la société des marchands y avait installé le club « Assemblée commerciale ». Akhille Alferaki proposa d’ouvrir un musée municipal à Taganrog. Son successeur, Pavel Iordanov, associa Anton Tchekhov à cette initiative, et, le vingt-deux juin mille huit cent quatre-vingt-dix-huit, la douma municipale fonda le musée.
La collection se trouvait d’abord dans un autre bâtiment. Ce n’est qu’en mille neuf cent vingt-sept que la ville lui attribua l’ancienne maison Alferaki. Aujourd’hui, les vitrines du musée contiennent des reliques de cette famille, transmises par les descendants, et l’escalier de marbre mène à une salle à double hauteur où l’on recevait autrefois l’héritier du trône. Dans les pièces que Nikolaï Alferaki remplissait de sa propre collection, fonctionne le musée qu’Akhille, son fils, avait été le premier à proposer à la ville.
Sur place
mar–dim 10:00–18:00, billetterie jusqu’à 17:00 ; lun fermé. Jusqu’au 31.08.2026, les samedis 10:00–19:00, billetterie jusqu’à 18:00. 01.07.2026, journée sanitaire.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.La façade exprime à elle seule les ambitions du propriétaire ; l’entrée du musée ajoute des salles et des objets qui ont survécu aux anciens propriétaires.
