Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Escalier d’apparat
- Large portique côté mer
- Petit portique côté avenue
- Anneau de colonnes corinthiennes
L’histoire du lieu
Le mot « d’hiver » a conservé l’ancienne distinction entre les deux scènes théâtrales de Sotchi : ici fonctionnait une salle couverte, tandis que le Théâtre d’été restait en plein air. Autour de la scène, de la salle et des loges d’artistes s’étend un anneau de colonnes corinthiennes, qui donne au bâtiment un aspect solennel de tous côtés. Depuis l’avenue Kourortny, on remarque un petit portique de service, tandis que le large escalier et l’entrée principale s’ouvrent vers la mer. Il a fallu trouver cet agencement entre la route urbaine et la descente vers le rivage.
Le Théâtre d’hiver n’a jamais eu sa propre troupe d’acteurs. Cela était prévu dès le projet : Sotchi avait besoin d’une scène où des compagnies de la capitale et de province se succéderaient. Les vacanciers des sanatoriums changeaient chaque semaine, et l’affiche devait changer avec eux.
En mille neuf cent trente-quatre, six projets furent préparés pour le futur théâtre. Konstantin Tchernopiatov avait trente-quatre ans. Jusqu’alors, il gagnait sa vie en concevant et en restaurant des bâtiments isolés, et il briguait désormais la commande principale de la jeune station balnéaire. Son projet reçut le premier prix. Sous la direction de Tchernopiatov, on créa un atelier de conception distinct, et l’architecte lui-même fut nommé premier adjoint de l’ingénieur en chef des travaux. Les expérimentés Vladimir Chtchouko et Vladimir Gelfreikh devinrent les consultants chargés d’aider à transformer l’esquisse de concours en plans d’exécution.
Le terrain imposait un choix. Du côté de la ville passait l’actuelle avenue Kourortny, tandis que de l’autre côté s’ouvrait la descente vers la mer. Si l’on orientait l’entrée principale vers l’avenue, les spectateurs se retrouveraient, pendant l’entracte, le dos tourné au littoral. Si l’on tournait l’entrée vers la mer, la façade de service serait visible depuis la route principale. Tchernopiatov choisit la mer. Il orienta vers le rivage l’escalier d’apparat et le large portique, et prolongea la colonnade le long de tous les murs. L’entrée de service, du côté de l’avenue, reçut elle aussi un portique, seulement plus petit. De là vient l’anneau de colonnes corinthiennes : l’architecte masquait par elles la différence entre les côtés avant et arrière du bâtiment.
Le quinze mai mille neuf cent trente-huit, les artistes du Théâtre d’État de Moscou Konstantin Stanislavski jouèrent ici l’opéra de Rimski-Korsakov La Fiancée du tsar. La troupe moscovite vint avec son propre spectacle puis repartit ; aucune troupe permanente ne fut laissée à Sotchi. Le bâtiment comportait une scène, des magasins de décors, des loges d’artistes et le bureau du metteur en scène, mais les concepteurs n’avaient pas prévu l’ensemble complet des locaux nécessaires au travail quotidien de la troupe propre au théâtre. On y accueillait des productions déjà montées.
Le mot « d’hiver » désignait une salle couverte en dur. Dans la même station balnéaire de Sotchi, on construisit le Théâtre d’été en plein air : les noms distinguaient les deux scènes de tournée par leur aménagement.
Plus tard, une légende apparut autour de la colonnade. Iossif Staline, le dirigeant du pays, aurait exprimé son mécontentement devant le nombre de colonnes, et Tchernopiatov se serait alors suicidé. C’est bien une légende. L’architecte vécut jusqu’en mille neuf cent soixante-dix-huit. Pour son soixante-dixième anniversaire, ses collègues lui offrirent une maquette en bois du théâtre de Sotchi ; des décennies plus tard, l’arrière-petit-fils de Tchernopiatov remit cette maquette et un moulage de la main de l’architecte au musée municipal.
Depuis l’avenue Kourortny, c’est toujours le petit portique de service qui apparaît en premier. L’escalier d’apparat reste du côté de la mer, et l’affiche du Théâtre d’hiver porte de nouveau le nom d’une troupe venue à Sotchi avec son propre spectacle.
Sur place
Les façades sont accessibles depuis l’extérieur ; la salle ouvre selon le programme des événements et avec des billets.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Faites le tour du bâtiment par son périmètre accessible au public afin de constater l’absence de façade arrière. La visite de la salle n’est possible que dans le cadre de l’accès en vigueur ou d’un événement distinct.
