Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Les deux tours du niveau supérieur
- Les niches de façade destinées aux lampes à huile
- Le certificat de naissance portant l’adresse du bâtiment
- La photographie d’enfance sur le toit
L’histoire du lieu
Nagore Dargah a connu un changement de fonction et sert désormais de centre consacré à l’histoire des musulmans indiens. Les deux tours du niveau supérieur et les niches de la façade subsistent du sanctuaire commémoratif, où l’on hissait des drapeaux et allumait des lampes à huile lors de la commémoration annuelle. La communauté des originaires de la côte de Coromandel l’a érigé sur ce qui était alors le bord de Telok Ayer ; à la demande des autorités, elle dut choisir des matériaux incombustibles au lieu d’une toiture en palmes et de murs en bois. Le sanctuaire possédait aussi une minuscule pièce pour le gardien : sa famille vivait directement à l’intérieur du bâtiment.
Les musulmans tamouls chulias gagnaient leur vie grâce au commerce et au change entre les ports de l’océan Indien. Avant de partir pour Singapour, beaucoup se rendaient au sanctuaire de Shahul Hamid, dans la ville de Nagore, au sud de l’Inde. Shahul Hamid était un prédicateur soufi du seizième siècle ; les marins croyaient qu’il les aidait à traverser la mer sans encombre. Pour un marchand, un tel voyage mettait en danger à la fois les marchandises dont il vivait et sa propre vie.
Arrivés à Singapour, les originaires de la côte de Coromandel décidèrent d’y remercier le saint. Deux frères, Mohammed et Haja Mohideen, entreprirent de construire un équivalent singapourien du sanctuaire de Nagore. En mille huit cent vingt-sept, Kaderpillai reçut un terrain près de ce qui était alors le rivage de Telok Ayer, mais l’administration britannique posa une condition : pas de toiture en palmes ni de murs en bois, trop dangereux en cas d’incendie. Les frères durent construire le bâtiment avec des matériaux incombustibles. Les travaux se déroulèrent de mille huit cent vingt-huit à mille huit cent trente.
Une dargah est un sanctuaire établi près de la tombe d’un saint musulman vénéré. La tombe de Shahul Hamid est restée en Inde ; le bâtiment de Singapour n’a jamais abrité ni son corps ni des reliques. Le mot « Nagore » dans le nom désigne la ville où il est enterré. Les Chulias construisirent une copie commémorative pour les personnes qui vivaient au-delà de la mer et ne pouvaient pas retourner à chaque fois à la véritable tombe.
On y organisait des prières de remerciement et une commémoration annuelle de quatorze jours en l’honneur de Shahul Hamid. Des drapeaux de fête étaient hissés au niveau supérieur, et des lampes à huile étaient placées dans les niches de la façade. Un gardien veillait sur le bâtiment, et sa famille vivait dans une petite pièce à l’intérieur.
C’est dans cette pièce que Shaik Kadir, fils du gardien, naquit en mille neuf cent quarante-six. Lorsque le garçon eut sept ans, son père mourut dans la salle principale ; après sa mort, sa mère emmena les enfants loin de Nagore Dargah. Devenu adulte, Kadir y revint et vit les murs noircis. Il était convaincu que le bâtiment délabré serait démoli.
Lorsque la communauté et le Conseil religieux islamique de Singapour (MUIS) décidèrent d’ouvrir ici un centre consacré à l’histoire des musulmans indiens, Kadir apporta deux objets : une photographie de lui enfant sur le toit et son certificat de naissance, portant l’adresse de la maison cent quarante, Telok Ayer Street. Depuis deux mille onze, l’ancien sanctuaire fonctionne comme centre du patrimoine. La tombe du saint se trouve à Nagore, tandis que la Nagore Dargah de Singapour conserve le document concernant l’enfant qui est réellement né à l’intérieur.
Sur place
Lun–Ven 10:00–17:30, Sam 09:00–13:00, Dim fermé. Si le centre est fermé, la façade reste accessible depuis la rue.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Ne prenez pas le bâtiment pour une mosquée ordinaire ; lorsque l’entrée est fermée, ses principales caractéristiques restent bien visibles depuis la rue.
