Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Coupoles de la cathédrale de la Dormition
- Murs de pierre de la cathédrale
- Portes d’entrée
L’histoire du lieu
L’actuelle cathédrale de la Dormition se dressait déjà ici lorsqu’en octobre mille six cent huit les détachements du Faux Dimitri II firent irruption à Rostov. Ce prétendant se disait le tsarévitch Dimitri rescapé et avait établi sa propre cour à Touchino, près de Moscou. Ses partisans vainquirent la milice de Rostov. Certains habitants s’enfuirent à Iaroslavl, d’autres se réfugièrent dans la cathédrale.
Il n’existait pas encore de murailles ni de tours du Kremlin autour de la place : elles furent élevées plus de soixante ans plus tard. La principale église de la métropole de Rostov devint le dernier bastion de pierre. Le siège du métropolite s’y trouvait, les principaux offices de la ville y étaient célébrés, et l’on y conservait des reliques ainsi que le trésor de l’église. La cathédrale est dédiée à la Dormition : c’est ainsi que l’Église appelle la mort de la Mère de Dieu et son passage à la vie éternelle. C’est aujourd’hui de nouveau une église orthodoxe en activité.
Le métropolite de Rostov Filaret Romanov, chef du diocèse local, resta avec les réfugiés et appelait les habitants à rester fidèles à leur serment envers le tsar légitime. Auparavant, il s’appelait Fiodor Romanov. Le tsar Boris Godounov ordonna que cet influent boyard fût tonsuré moine de force, afin qu’il perde la possibilité de prétendre au trône. Dès lors, le rang ecclésiastique devint pour Filaret son unique rôle public autorisé, et Rostov, le lieu de son ministère.
Un récit de chronique, composé déjà sous les Romanov, montre Filaret réconfortant les habitants et ordonnant aux prêtres de confesser et de communier les gens avant une mort possible. Ses discours solennels ne doivent pas être pris pour une transcription. L’assaut lui-même ne fait aucun doute : les assaillants enfoncèrent les portes de la cathédrale, tuèrent de nombreux laïcs et prêtres, pillèrent l’autel et emportèrent le reliquaire en or, précieux coffret placé au-dessus des reliques du saint évêque Leonti. Ils arrachèrent à Filaret ses vêtements épiscopaux, le revêtirent d’habits grossiers et l’emmenèrent prisonnier à Touchino.
Le Faux Dimitri II avait besoin d’un haut dignitaire ecclésiastique portant le nom des Romanov. Il proclama le prisonnier « patriarche désigné », chef de l’Église nommé à la cour de Touchino en opposition au patriarche reconnu à Moscou. Les historiens discutent du degré de consentement avec lequel Filaret remplit ce rôle.
Depuis Touchino, il passa dans une nouvelle captivité et ne revint qu’en mille six cent dix-neuf. Pendant son absence, son fils Mikhaïl Romanov fut élu tsar. Filaret devint alors le patriarche de Moscou reconnu et le corégent de son fils.
Quatre ans plus tard, le père et le fils offrirent à la cathédrale de Rostov dévastée une croix d’argent doré destinée à l’autel. Les noms du tsar Mikhaïl et du patriarche Filaret sont gravés sur la croix, qui est indiquée comme destinée à l’église-cathédrale de la Dormition. Cette croix est conservée dans la collection du musée-réserve du Kremlin de Rostov. La cathédrale d’où Filaret fut emmené prisonnier est précisément le bâtiment devant lequel il fit plus tard placer son don.
Sur place
Cathédrale en activité ; aucun horaire touristique unique n’est publié dans les sources directes vérifiées. Le récit se déroule à l’extérieur.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Commencez par contourner la cathédrale de l’extérieur afin de voir sa position par rapport aux murailles et à la cour. À l’intérieur, tenez compte des offices et ne vous approchez pas des objets sacrés pendant la prière des paroissiens.
