Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Les ailes d’escalier courbes
- Les larges paliers entre les volées
- Les lys héraldiques
- Les aigles sur les bornes de pierre
L’histoire du lieu
Sur les cartes italiennes, c’est l’escalier de la Trinité-des-Monts — l’escalier qui mène à l’église de la Trinité-des-Monts. Le nom usuel d’« espagnol » est venu d’en bas. En mille six cent vingt-deux, l’ambassadeur du roi d’Espagne s’installa dans le palais Monaldeschi, situé sur la place, et vingt-cinq ans plus tard, l’Espagne racheta le bâtiment. L’ambassade d’Espagne près le Saint-Siège l’occupe encore aujourd’hui. C’est d’après l’ambassade que la place, puis l’escalier, furent nommés.
L’église située en haut était sous le patronage des rois de France. Le versant devant elle appartenait aux moines français de l’ordre des Minimes, mais il n’existait pas de descente commode vers la place. Le diplomate français Étienne Gueffier vivait à proximité depuis mille six cent vingt-six et connaissait cette montée par son quotidien. À sa mort, en mille six cent soixante, il légua vingt mille écus pour construire un escalier d’apparat.
Le chantier ne vit pas le jour. Le neveu de Gueffier contesta le testament et obtint en justice la moitié du capital. Le cardinal Giulio Mazarini, premier ministre du roi de France Louis XIV, tenta de disposer de la part restante et demanda des projets aux meilleurs architectes romains. Au centre de l’un d’eux se dressait Louis XIV à cheval. Le pape Alexandre VII refusa d’autoriser à Rome un tel monument à un souverain étranger. Mazarini mourut un an après Gueffier, les négociations s’arrêtèrent et le versant resta encore sans escalier pendant environ soixante ans.
En mille sept cent dix-sept, le pape Clément XI ordonna de calculer quels intérêts s’étaient accumulés sur la moitié restante de l’héritage et annonça un nouveau concours. Francesco De Sanctis, architecte des Minimes, présenta son projet. Jusqu’alors, il vivait de petites commandes des monastères : il évaluait des travaux de menuiserie, réparait et construisait les immeubles de rapport qui leur appartenaient. L’escalier pouvait devenir sa première grande œuvre.
De Sanctis reçut un terrain peu commode. La façade de l’église en haut, la fontaine de la Barcaccia en bas et le débouché de la Via Condotti n’étaient pas alignés. L’architecte renonça à une seule volée droite. Il divisa la montée en petits escaliers, ailes courbes et larges paliers, en déplaçant la direction à mesure que l’on montait. Les gens purent s’arrêter entre les volées, et le palier sur le versant escarpé devint un lieu de rencontre plutôt qu’un couloir menant à la porte de l’église.
Le pape Innocent XIII approuva la maquette de De Sanctis à l’automne mille sept cent vingt-trois ; l’accord vint aussi du roi de France Louis XV. La construction commença en novembre et fut achevée à la fin de mille sept cent vingt-six.
Deux ans plus tard, des pluies torrentielles et des défauts de construction firent s’effondrer les murs de soutènement du versant du Pincio. Plusieurs parties du nouvel escalier subirent de graves dommages. Les moines assignèrent De Sanctis et les responsables des travaux en justice, exigeant qu’ils paient la restauration. La faute principale fut imputée aux maçons, mais la réputation de l’architecte en pâtit. Après cette grande commande, sa carrière se limita à de modestes travaux dans les mêmes églises qu’il servait auparavant.
Sur les bornes de pierre à la base se dressent encore côte à côte les lys héraldiques de France et les aigles de la famille du pape Innocent XIII. Le Louis XIV à cheval ne figurait déjà plus dans le projet définitif. L’ambassade occupe toujours le palais en bas, et c’est d’après son adresse que l’escalier est appelé espagnol.
Sur place
La place et l’escalier sont ouverts en permanence ; il est interdit de s’asseoir et de manger sur les marches, des amendes et des restrictions temporaires sont possibles pendant les événements.
Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.On peut emprunter l’escalier, mais il est interdit de s’asseoir ou de manger sur les marches ; prévoyez le musée Keats-Shelley comme une visite distincte.
