Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Façade en pierre
- Tour centrale
- Façade sud
- Plaque commémorative
L’histoire du lieu
Le matin du huit mai mille neuf cent quatre-vingt-quatre, le caporal de vingt-cinq ans des Forces armées canadiennes Denis Lortie entra par une porte latérale du Parlement. Il portait un uniforme militaire, avait une mitraillette et comptait tuer le premier ministre du Québec René Lévesque ainsi que les députés de son parti.
Lortie monta le grand escalier jusqu’au Salon bleu, nom donné à la salle de l’Assemblée nationale du Québec en raison de la couleur de ses murs. C’est là que les députés élus discutent et adoptent les lois, approuvent les dépenses et demandent des comptes au gouvernement. Ce matin-là, ils n’avaient pas encore pris place. En revanche, des employés préparaient déjà une séance de commission où devaient être examinées les dépenses du Directeur général des élections du Québec.
Lortie tira sur les personnes qu’il rencontrait en chemin. Il en tua trois : Georges Boyer, un page parlementaire qui préparait les salles et distribuait des documents aux députés ; Roger Lefrançois, employé du Directeur général des élections du Québec ; et Camille Lepage, messager parlementaire. Treize autres personnes furent blessées. Lorsque l’assaillant fit irruption dans le Salon bleu vide, ses victimes présumées ne s’y trouvaient toujours pas.
René Jalbert, sergent d’armes du Parlement, entra juste après lui. Cette ancienne fonction associe la cérémonie à une obligation très concrète : le sergent d’armes apporte la masse parlementaire dans la salle et veille à la sécurité des députés pendant les séances. Jalbert était un major à la retraite qui avait traversé la Seconde Guerre mondiale et la guerre de Corée, mais son lieu de travail était alors précisément cette salle.
Des impacts de balles marquaient déjà le mur. Jalbert s’approcha de Lortie et le convainquit de laisser partir les employés qui se trouvaient à proximité. Il lui proposa ensuite de descendre dans son bureau, au sous-sol. Jalbert resta délibérément seul auprès d’un homme armé d’une mitraillette, d’un pistolet et d’un couteau. Les négociations durèrent environ quatre heures. Finalement, Lortie déposa ses armes et se rendit à la police. Il fut plus tard condamné à la réclusion à perpétuité. Jalbert reçut la Croix de la vaillance, la plus haute distinction civile du Canada pour le courage.
Les séances furent interrompues, mais le travail que les victimes préparaient ce matin-là ne fut pas annulé. Deux semaines plus tard, le directeur général des élections du Québec retourna au Salon bleu pour discuter de ces mêmes dépenses. En commençant son intervention, il nomma Roger Lefrançois et dit que son employé avait été tué à l’endroit même où il se tenait alors.
Une plaque commémorative est fixée sur la façade sud du bâtiment, du côté de la Grande Allée. Elle porte les noms de Georges Boyer, Roger Lefrançois et Camille Lepage ; à côté est nommé René Jalbert, qui fit sortir l’assaillant de la salle et obtint sa reddition.
Sur place
L’observation extérieure est accessible tous les jours. Les visites intérieures et les visites guidées sont gratuites, mais dépendent de l’horaire de l’Assemblée nationale du Québec, du contrôle de sécurité et de l’inscription ; à la date de vérification, les salles de séance sont fermées aux visites guidées jusqu’à l’automne 2026.
Vérifié : 30 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Commencez par observer le bâtiment de l’extérieur, de bas en haut. Les peintures, la plaque commémorative et les salles se trouvent à l’intérieur ; ils ne peuvent être vus que lors d’une visite organisée séparément.
