Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- croix de Trouvor
- Dalle avec trois carrés emboîtés
- Cimetière près de l’entrée
- Promontoire du site fortifié
L’histoire du lieu
Ce promontoire était le cœur du premier Izborsk, où vivaient artisans et marchands. Derrière les fortifications se trouvaient des maisons, une citadelle princière et une place pour les assemblées communes. Lorsque la forteresse fut transférée sur le mont Jheravia, la vieille ville se vida et un cimetière apparut près de l’entrée. Parmi les tombes s’élève une croix de calcaire de plus de deux mètres, installée après le transfert et qui marquait probablement la route vers la ville abandonnée.
En août mille huit cent quarante, le professeur de l’université de Dorpat Friedrich Kruse arriva à ce cimetière avec la mission de déterminer s’il était possible d’y trouver la tombe de Trouvor. Le résultat devait être présenté au ministre des Finances Egor Kankrin : il fallait donc transformer la légende locale soit en fait archéologique, soit en rapport honnête sur un échec.
Trouvor est un prince varègue d’un ancien récit de chronique. Selon ce récit, les tribus locales se querellèrent et invitèrent trois frères à les gouverner et à les juger. Izborsk revint à Trouvor. Il arriva ici en huit cent soixante-deux, régna deux ans et mourut. Sa biographie s’arrête là dans la chronique. Le récit lui-même fut mis par écrit des siècles plus tard ; l’archéologie confirme donc l’ancienneté d’Izborsk, mais non la présence ici d’un prince précis.
La ville sous vos pieds a bel et bien existé. L’établissement apparut sur ce promontoire à la charnière des septième et huitième siècles. Des artisans et des marchands y vivaient ; il y avait des maisons, des fortifications, une citadelle princière et une place pour les assemblées communes. En mille trois cent trente, les habitants d’Izborsk transférèrent la forteresse sur le mont Jheravia. La vieille ville se vida, et un cimetière demeura près de l’entrée.
La grande croix de calcaire fut installée ici après le transfert, au quatorzième ou au quinzième siècle. On y a gravé la formule habituelle des croix de pierre médiévales : « Le Roi de gloire, Jésus-Christ, est victorieux. » Le nom de Trouvor ne figure pas sur la pierre. Il est très probable que les habitants d’Izborsk aient marqué par cette croix la route vers la ville abandonnée et rappelé où se trouvait autrefois Izborsk. Sa hauteur de plus de deux mètres et son voisinage avec d’anciennes tombes en firent peu à peu une pierre tombale appropriée pour le héros de la chronique.
Au début du dix-neuvième siècle, l’archevêque de Pskov et historien Evgueni Bolkhovitinov étudia les environs en essayant de déterminer la résidence de Trouvor. C’est probablement après ses travaux que le nom de « site fortifié de Trouvor » s’est attaché à la vieille ville.
Kruse ne fut pas convaincu par la grande croix : ses bords lui paraissaient trop bien conservés pour un monument du neuvième siècle. Tout près, en revanche, se trouvait une longue dalle portant trois carrés inscrits l’un dans l’autre. Le professeur décida qu’une tombe princière pouvait se trouver dessous. On ne souleva pas de nouveau la dalle : quelques jours avant son arrivée, cela avait déjà été fait sur ordre du gouverneur général. Sous la pierre, on trouva un squelette masculin décomposé, sans armes, bijoux ni monnaies. Il était impossible de déterminer l’âge de l’inhumation. Le cimetière continua d’être utilisé, les anciennes dalles étaient déplacées et de nouvelles sépultures se retrouvaient à côté des anciennes. Dans son rapport, Kruse reconnut qu’il serait peu probable de parvenir à établir le véritable emplacement de la tombe de Trouvor.
La croix marque toujours l’entrée de la ville abandonnée par les habitants médiévaux d’Izborsk. À côté se trouve la dalle aux carrés emboîtés, dans lesquels Kruse cherchait le signe d’une sépulture princière. Aujourd’hui, ce motif est expliqué avec plus de prudence : la pierre a peut-être autrefois servi de plateau pour le jeu du moulin.
Sur place
Visite extérieure libre pendant les heures de clarté ; aucune heure spéciale de musée n’est indiquée sur la page du site. Vérifié le 2026-06-24.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Il s’agit d’un espace funéraire toujours en service : ne marchez pas sur les dalles et gardez le silence. Au bord du site fortifié, regardez attentivement où vous mettez les pieds.
