Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La roue de moulin en bois
- Le lit de la Čertovka
- Le bâtiment du moulin du Grand Prieur
L’histoire du lieu
Kampa est née d’une bande de rive que l’eau a séparée de Malá Strana. Dès le douzième siècle, l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, puis ordre de Malte, aménagea le long de la Vltava un canal de moulin ; après la construction du barrage de la Vieille Ville, l’eau y entrait en amont du barrage, actionnait les mécanismes de trois moulins et retournait dans la rivière en aval. Le lit de la Čertovka près du moulin du Grand Prieur conserve la limite de l’île créée pour travailler avec l’eau. Jusqu’au dix-huitième siècle, ce morceau de terre était simplement appelé l’Île, et l’origine du mot « Kampa » reste discutée.
En mille cinq cent quatre-vingt-quinze, Anna Lorencová, veuve endettée, décida de vendre le moulin de Štěpánov qui se trouvait ici à son créancier : la communauté urbaine de Malá Strana. Malá Strana était alors une ville distincte, au pied du château de Prague. Pour Anna, le moulin était un bien qui lui permettait de s’acquitter de sa dette. Pour la communauté, c’était une exploitation en activité sur l’eau. Le prieur local de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, puis ordre de Malte, tenta d’empêcher la transaction. Il voulait conserver le moulin dans la juridiction particulière de l’ordre.
La valeur de ce bien venait du canal. Dès le douzième siècle, l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, puis ordre de Malte, avait aménagé le long de la rive un canal de moulin ; on ne sait pas avec certitude s’il fut entièrement creusé par l’homme ou s’il suivait en partie un chenal naturel. Plus tard, les Pragois barrèrent la Vltava avec le barrage de la Vieille Ville. En amont de celui-ci, l’eau montait de presque un mètre, entrait dans le canal, faisait tourner les roues de trois moulins et retournait dans la rivière en aval du barrage. Ainsi, une bande de rive se trouva séparée de Malá Strana et devint une île. Jusqu’au dix-huitième siècle, on l’appelait simplement l’Île ; l’origine du nom actuel de Kampa reste discutée.
Anna Lorencová adressa sa plainte directement à l’empereur Rudolf II. Exactement un an plus tard, la vente fut autorisée. La communauté urbaine reçut le moulin, mais la parcelle conserva ses obligations envers la juridiction de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, puis ordre de Malte. Le propriétaire et le juge d’une même exploitation étaient donc différents.
Après la bataille de la Montagne-Blanche, où l’empereur réprima le soulèvement des états tchèques, le moulin fut transmis à l’ordre par une grâce impériale particulière. Les habitants de Malá Strana ne cédèrent pas. En mille six cent vingt-neuf, des citadins armés occupèrent le bâtiment par la force, défendant l’achat de leur communauté. Cette prise ne mit rien fin au litige : il se poursuivit encore quatre-vingt-deux ans. Ce n’est qu’en mille sept cent onze que l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, puis ordre de Malte, reçut définitivement le moulin.
La base Renaissance de l’actuel moulin du Grand Prieur fut construite entre mille cinq cent quatre-vingt-dix-sept et mille six cents, juste après l’achat par la communauté urbaine. La grande roue de bois contre le mur est bien plus récente : elle fut installée en mille neuf cent quatre-vingt-douze à la place de ses prédécesseurs disparus. Elle ne moud plus de farine, mais elle se tient exactement là où le courant transformait l’eau en revenu et où Anna Lorencová dut, pour cette raison, se plaindre à l’empereur.
Le nom de Čertovka apparut vers mille huit cent quatre-vingt-douze. Avant cela, le canal s’appelait la Strouga, c’est-à-dire le chenal, puis le canal de Rožmberk, du nom du propriétaire des terres voisines. Une tradition urbaine relie le nouveau nom à Aloisie Němcová, habitante d’une maison de la place de Malte. Elle aurait réprimandé les jeunes gens du quartier et tenté de les disperser. En réponse, ils dessinèrent six diables sur la maison et déclarèrent qu’Aloisie elle-même était le septième. La maison fut surnommée maison Aux Sept-Diables, et la femme la Čertovka ; comme elle allait laver son linge au canal, le surnom passa à l’eau. Ce n’est qu’une tradition : seul l’apparition plus tardive du nom est établie avec certitude. La maison a subsisté sous la forme du palais Straka, et il ne reste rien du dessin, s’il a existé.
Sur place
Espace insulaire ouvert ; l’accès à certaines cours et à certains événements peut être limité.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Les meilleurs points de vue s’ouvrent depuis les passerelles accessibles au public, mais les passages y sont étroits : ne bloquez pas la circulation. Ne descendez pas vers l’eau au-delà des barrières.
